AUBARD Marcel, Edmond, Louis

Par Gérard Larue

Né le 23 septembre 1901 à Boulogne-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), ), mort le 23 octobre 1979 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) ; responsable syndical CGT, membre du Parti communiste, ajusteur-mécanicien, interné politique.

Fils de Jean Aubar, maçon, et de Marie Viale, sans profession, Marcel Aubard se maria le 5 juin 1926 à Stains (Seine) avec Simone Georgette Rethel, le couple eut un enfant. En août 1932, il habitait 7 rue Carnot à Stains (Seine ; Seine-Saint-Denis), puis s’installa 10 rue Pierre Aubert (Robert Vignes).
En novembre 1938, responsable syndical CGT aux Constructions Mécaniques de Stains, il y mena la grève. Le 22 novembre il fut agressé à son domicile par le jeune fils de G. ouvrier militant syndicaliste chrétien, qui voulait que la grève s’arrête. Interrogé au commissariat de Saint-Denis, il expliqua que « son père rentrant de travailler, avait dit que bientôt il y aurait une grève ; Sa mère se mit à pleurer, disant qu’une fois encore on allait être dans la misère. » Le jeune G… se disant que le responsable était sûrement le délégué syndical CGT s’était rendu seul chez Marcel Aubard et lui avait porté un coup de poing à la figure. Marcel Aubard porta plainte.
En 1939, au moment du décret de dissolution du Parti Communiste, furent effectuées des perquisitions à la Maison du Peuple de Stains. Le mobilier qui s’y trouvait fut saisi. Quelques jours après, on signala qu’Aubard avait pris du mobilier et l’avait amené chez lui. Il indiqua « que ces meubles appartenaient à la Section locale du Syndicat CGT et qu’étant responsable il avait garé le mobilier chez lui dans le grenier » où il conduisit les policiers.
Dès juin 1940, Marcel Aubard contacta Kléber Albouy. Avec Pierre Pierron, Manuel Bridon, Raoul Gosset, André Guilloux, Marcel Pointet, Robert Tissier, Panello, Marcel Geneix, Robert Vignes, Marceau Rethel, Lucien Erbs, Lucien Pollet... ils distribuaient la propagande clandestine du Parti communiste.
Le 20 janvier 1941, Marcel Aubard fut arrêté et interné administrativement à la Maison Centrale de Clairvaux (Aube) puis transféré au centre de séjour surveillé de Voves (Eure et Loire).
Atteint de tuberculose pulmonaire depuis 1929, Il demanda sa libération, précisant : « … le 14 juin 1940 je suis resté à mon foyer et je me suis mis au service de la délégation spéciale pour rendre service à la population de Stains dans le complet dénuement, pendant que bien d’autres fuyaient leurs devoirs. Je pense Mr le Préfet avoir accompli mon devoir de Citoyen Français. Vous pouvez demander des renseignements auprès de la délégation spéciale de Stains. »
Le 30 mars 1941, depuis sa cellule de Clairvaux, il n’hésita pas à écrire au Ministre de l’Intérieur, auquel il exposa sa situation de santé (tuberculose pulmonaire), celle de sa famille et demanda « son élargissement ».
Le 14 mai 1941 il fut conduit au centre de séjour surveillé de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure ; Loire- Atlantique) « avec les principaux meneurs considérés comme dangereux ». Il obtint cependant une « permission exceptionnelle de trois jours, valable du 31 mai 1941 au 2 juin 1941 inclus, accordée selon le règlement en vigueur par le capitaine Leclercq, « chef du camp de concentration de Choisel à Châteaubriant » pour se rendre à Stains au chevet de son père très malade.

Le 17 décembre 1941, le Cabinet du Préfet précisait : « de l’enquête effectuée récemment, il résulte que la libération d’Aubard est toujours inopportune. Néanmoins, en raison de son état de santé (tuberculose pulmonaire et pleurésie bacillaire et hémoptysie) la Préfecture de Police ne s’oppose pas à son transfert dans un sanatorium, mais en dehors du Département de la Seine. »
Trois avis défavorables à sa libération furent successivement émis par la Préfecture de Police. Le 3 novembre 1942, il fut pourtant libéré du camp de Choisel à Châteaubriant et conduit en traitement au sanatorium de Maubreuil à Carquefou dans le même département pour raison de santé.
En 1949, lors de l’épuration de S. gardien de la paix du commissariat de Saint-Denis, Aubard produisit devant le Juge d’Instruction, une lettre explicative et cinq photographies de documents tendant à prouver que ce dernier se faisait remettre pendant l’Occupation des listes de membres stanois du Parti communiste, lesquels par la suite auraient été arrêtés par des inspecteurs des Renseignements Généraux. Il précisait que ces listes auraient été remises à S. par messieurs C. et C. deux employés à la Défense passive.
Le 1er avril 1952, il fut appréhendé par la police dans le département de la Seine alors qu’il se rendait à Melun (Seine et Marne) pour y participer à une manifestation interdite. A cette époque il était employé de bureau à la Mairie de Stains et trésorier des Œuvres laïques des vacances populaires enfantines de la ville.
En 1953, il était membre du Comité de la Section de Stains du Parti Communiste Français, secrétaire de la section locale de l’association des Déportés et Internés.

Il se remaria le 3 septembre 1949 à Stains avec Madeleine Leguerinais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191545, notice AUBARD Marcel, Edmond, Louis par Gérard Larue, version mise en ligne le 24 avril 2017, dernière modification le 24 avril 2017.

Par Gérard Larue

SOURCES : Arch PPo. 1 W 596 ; KB 98, GA 06, CB 91-48 (commissariat de Saint Denis). — État civil en ligne cote E_NUM_BOU_N1901, vue 95.

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