RAJMAN Chana [née PELTIN]

Par Daniel Grason.

Née en 1893 à Varsovie (Pologne), morte en février 1944 à Auschwitz (Pologne) ; tricoteuse ; militante de la Main d’œuvre immigrée (MOI).

Chana Rajman, née Peltin.
Chana Rajman, née Peltin.

Fille de Berek et de Esther, née Jusjeter, Chana Rajman épousa Moszek, le couple exerçait la profession de tricoteurs. Chana était la mère de Miezyslaw [Marcel] et Symcha [Simon] FTP-MOI et militant de la MOI. La famille avait vécu au 1 rue des Immeubles-Industriels à Paris (XIe arr.). Son mari Moszek avait été déporté le 22 juin 1942 dans le transport n° 3 à destination d’Auschwitz où il avait été probablement gazé. Entrée par obligation dans l’illégalité, Chana Rajman habitait sous le nom de Rougemont 68 boulevard Soult à Paris (XIIe arr.).
Le 26 octobre 1943 des inspecteurs de la BS2 interpellaient Joseph Dawidowicz dit Albert, commissaire politique des FTP-MOI parisien depuis mai 1943. Dans l’un de ses domiciles clandestins, ils saisissaient notamment des listes d’effectifs et un état numérique dactylographié des détachements FTP-MOI. Dawidowicz entraîna dans sa chute l’arrestation de combattants FTP-MOI et de militants de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI). Ces derniers dont Chana Rajman diffusaient des tracts et journaux de l’organisation.
Chana Rajman habitait depuis huit mois boulevard Soult, interpellée le 17 novembre 1943, elle détenait une fausse carte d’identité qui portait sa photographie au nom de Annette Robert, des tracts et des documents du Parti communiste clandestin. Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales, interrogée sur l’activité clandestine de Marcel et Simon, elle affirma ignorer que ses fils s’occupaient de politique. Quant à la présence de tracts de l’organisation clandestine rue des Immeubles-Industriels, elle répondit « Ne sachant ni lire ni écrire, je ne pouvais connaître la teneur des documents et des tracts que vous avez saisis chez moi ». Quant à la fausse carte d’identité elle affirma l’avoir payé mille cinq cent francs. Les policiers connaissaient la réalité, son fils Marcel avait procuré la carte d’identité à sa mère. La vente de ses bijoux et d’objets personnels lui permettait de subsister. Elle assuma le fait d’être en infraction aux règlements concernant les étrangers et aux ordonnances concernant les juifs.
Chana Rajman a été internée sous le matricule 11832 au camp de Drancy, elle déposa trois cents dix francs à l’administration du camp (reçu n° 6 du carnet de fouilles n° 64). Le 3 février 1944 elle était dans le convoi n° 67 à destination d’Auschwitz (Pologne), dans les wagons de marchandises il y avait 1214 déportés, 985 ont été gazés à l’arrivée, 166 hommes et 49 femmes furent sélectionnés. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, seuls 26 déportés dont 12 femmes de ce convoi avaient survécus aux épreuves. Le nom de Chana Rajman a été gravé sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191602, notice RAJMAN Chana [née PELTIN] par Daniel Grason., version mise en ligne le 23 avril 2017, dernière modification le 6 octobre 2019.

Par Daniel Grason.

Chana Rajman, née Peltin.
Chana Rajman, née Peltin.

SOURCES : Arch. PPo. GB 137 BS2. – Site internet CDJC.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 186 cliché du 18 novembre 1943.

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