WIART André

Par Christian Lescureux

Né le 1er janvier 1918 à Corbie (Somme), mort le 1er janvier 1998 ; ouvrier métallurgiste, dirigeant de la fédération communiste du Pas-de-Calais, secrétaire de l’Union départementale CGT du Pas-de-Calais.

André Wiart était fils de Paul Wiart cheminot ( forgeron) et de Blanche Leroux, couturière, Arrageois réfugiés à cause de la guerre. La famille comptait deux filles et un garçon.
De retour à Arras, André Wiart fréquenta l’école maternelle puis primaire et obtint son CEP avec mention. Il voulait être menuisier mais aussi pianiste, comme l’étaient ses tantes. Il apprit le violon et joua dans l’Harmonie du Commerce d’Arras avec Paul Camphin.
Il travailla successivement dans plusieurs entreprises métallurgiques d’Arras et participa à la grève avec occupation de son usine en juin 1936. Il joua dans l’orchestre qui fait danser les grévistes.
Il suit les cours professionnels du soir et obtint un CAP d’ajusteur en juin 1937 ainsi qu’un premier prix de dessin industriel. Il prit sa première carte syndicale en juin 1938 L’éveil à la vie politique s’est fit pour André Wiart tout naturellement de très bonne heure car dès l’âge de onze ans il accompagnait son père, militant CGTU chez les cheminots, aux réunions électorales et aux manifestations antifascistes de 1933 et 1937-1938. Il savait que son grand-père ; chef de train, avait été révoqué pour avoir participé à la grande grève de 1920 puis réintégré comme simple poinçonneur.
André Wiart appartint à la Société de gymnastique d’Arras, passa avec succès l’examen de moniteur adjoint en mai 1937 et participa à des compétitions nationales et internationales, en même temps qu’à des courses cyclistes.
Le 4 septembre 1938 André Wiart fut appelé pour le service militaire dans l’aviation à Reims puis à Istres et en Gironde. La guerre déclarée, il fut affecté à la défense anti-aérienne dans l’Oise et en Normandie
Il se retrouva à l’armistice à Istres. où sa fiancée, Marie-Louise Le Bec, ouvrière de bonneterie à Arras le rejoignit malgré l’interdiction de franchir la ligne de démarcation. Et ils se marièrent le 10 décembre 1940. Une petite fille naquit le 22 janvier 1941.
André Wiart, démobilisé le 15 janvier 1941 travailla jusqu’en juillet 1941 chez un artisan à Istres, puis emmena sa famille à Limoges où il fut embauché à l’arsenal. Avec des camarades de l’usine il participa au sabotage des vilbrequins fabriqués pour l’armée allemande
En février 1943, il revint dans le Pas-de-Calais, à Beaurains, et trouva du travail dans une usine métallurgique à Achicourt, où il participa à la grève insurrectionnelle du 25 août 1944.
La ville d’Arras fut libérée le 1er septembre 1944. Lors de la première réunion de l’Union locale le 4 septembre André Wiart fut proposé pour intégrer le bureau du syndicat des métaux. Il fut élu délégué dans son entreprise.
En 1945, il fut premier secrétaire du syndicat des métaux d’Arras et le resta jusqu’en avril 1951.
Adhérent du PCF dès la libération, il milita à Beaurains où il fut candidat aux municipales d’avril 1945 ( 6e de la liste communiste qui obtient 5 élus).
Il changea fréquemment d’entreprise, se retrouva le plus souvent à la tête du syndicat, plusieurs fois licencié pour avoir dirigé des grèves.
En décembre 1949 André Wiart était ajusteur dans une importante usine de produits chimiques ( plusieurs centaines de salariés). Il y fut élu délégué suppléant et participa à la création d’une cellule d’entreprise avec le secrétaire du syndicat CGT de l’entreprise, Kléber Barrail (qui fut secrétaire général de l’UD-CGT de 1955 à 1971 et qu’il remplaça à ce poste).
En 1950, il fut élu au conseil national du syndicat CGT de la métallurgie et en avril 1951 à la commission administrative de l’Union départementale CGT.
Licencié sous prétexte de faute professionnelle en février 1951 et marqué à l’encre rouge, il resta quatre mois au chômage (il avait alors sept enfants). Ses camarades lui vinrent en aide et il fabriqua de petits objets pour faire vivre sa famille.
En mai 1951 André Wiart devint correspondant du quotidien communiste de la région Nord, Liberté. Il fut plusieurs fois interpellé et malmené par les forces de police lors de manifestations contre la guerre d’Indochine. En 1951, il fut élu au comité de la fédération communiste du Pas-de-Calais, il y resta trente ans.
Le 1er août 1952, il devint permanent syndical chargé de militer dans le milieu des ouvriers agricoles qui comptait alors encore 3 000 salariés
En avril 1953, il fut l’un des cinq élus communistes au conseil municipal d’Arras (16,47 % des exprimés) dans l’opposition.
Durant plusieurs années une part importante de son activité syndicale fut consacrée (notamment au sein du bureau régional du syndicat des mineurs) à l’action contre la fermeture des puits de mines de la région, consécutive au plan Schumann. Il dirigea également de nombreuses grèves de diverses corporations dans le département.
En 1955, André Wiart entra au secrétariat de l’Union départementale CGT au côté de Kléber Barrail, élu premier secrétaire.
À partir de 1962, il participa à de nombreuses délégations en Pologne et en RDA.
Dès 1971 André Wiart fut amené à faire fonction de premier secrétaire de l’UD. Il fut élu à ce poste le 5 octobre 1973, en même temps qu’au bureau de la fédération communiste.
Il quitta ces deux responsabilités en 1977 tout en restant au secrétariat et à la CE de l’UD-CGT
En 1983 il était élu secrétaire général des retraités CGT du Pas-de-Calais et en mai 1984. Président de l’Institut régional CGT de l’Histoire Sociale du Nord-Pas-de-Calais Il publia plusieurs brochures sur l’histoire des luttes sociales dans le Pas-de-Calais et sur les mineurs.
Il décéda brusquement le jour de son 80e anniversaire le 1er janvier 1998.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191818, notice WIART André par Christian Lescureux , version mise en ligne le 29 avril 2017, dernière modification le 19 juin 2021.

Par Christian Lescureux

SOURCES : Document établie par André Wiart. — Brochure de l’UD-CGT du Pas de Calais ; entretien avec sa veuve. — Archives et témoignages de militants de la section d’Arras du PCF. — Le Peuple, 1963.

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