CRAMPE Gaston, Jean, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 31 mai 1906 à Juncalas (Hautes-Pyrénées), mort le 13 novembre 1966 à Saint-Cloud (Seine-et-Oise/Hauts-de-Seine) ; inspecteur général ; résistant en Corrèze ; militant du SNET.

Fils d’un douanier, Gaston Crampe passa sa jeunesse à Aragnonet, village frontalier, puis entra à l’Ecole normale d’instituteurs d’Auch (Gers) dans le contingent des Hautes-Pyrénées en 1922. Titulaire du brevet supérieur et du degré élémentaire du brevet de gymnastique, il enseigna pendant un mois comme instituteur-stagiaire à Ardengost (Hautes-Pyrénées) avant de prendre un poste de maître-interne à l’école nationale professionnelle de Tarbes (Hautes-Pyrénées) de novembre 1925 à 1928, année où il réussit le concours d’entrée à l’École normale de l’enseignement technique dans la section industrielle A. Titulaire du certificat d’aptitude au professorat industriel (dessin, mécanique) en 1930, il enseigna la mécanique et le dessin industriel à l’école pratique de commerce et d’industrie de Belfort. Devenu sous-directeur de celle-ci et des cours professionnels en 1933, après la suppression de ce poste, il obtint sa mutation pour enseigner ses spécialités et les mathématiques à l’école nationale professionnelle de Thiers (Puy-de-Dôme) en 1934. En parallèle il suivit les cours des certificats de calcul différentiel et intégral et d’analyse supérieure de la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand. Dès 1935, il rédigea un cours de géométrie et d’algèbre distribué aux élèves. Il retrouva un poste à l’ENP de Tarbes en 1937.

Gaston Crampe, réformé du service militaire, se maria en février 1928 à Tarbes avec une couturière, fille d’un employé à la Compagnie de chemins de fer du Midi. Le couple eut une fille en 1929.

Il obtint le poste de directeur du collège technique de Bort-les-Orgues (Corrèze) à partir d’octobre 1942. En contact avec la Résistance locale, Crampe joua un rôle actif à partir de février 1944 à Tulle (Corrèze) dont il fut fait citoyen d’honneur plus tard. À la suite des exécutions du maire de Bort-les-Orgues en juin 1944 par la Résistance et du secrétaire général de la mairie par les Allemands, personne ne voulait administrer cette ville à la Libération. Le préfet de Corrèze Pierre Trouillé, son ancien camarade d’école, qu’il aida lors de son arrestation pendant la guerre, lui proposa cette responsabilité. En août 1944, Crampe accepta les fonctions de délégué spécial de Bort dans le cadre du comité local de Libération. Sa bonne collaboration avec les résistants locaux assura la sécurité et l’approvisionnement. À la fin août 1944, il céda la place après avoir reçu les félicitations du CLL.

Gaston Crampe devint directeur du collège moderne et technique de Sens (Yonne) en octobre 1944 puis fut nommé directeur du collège technique de Reims (Marne) à partir d’octobre 1945. Il montra de grandes qualités de directeur et réorganisa l’établissement. Dans le même temps, il dirigeait le centre d’apprentissage, l’école supérieure de commerce et les cours professionnels municipaux.

Gaston Crampe fut élu en 1950, comme représentant des directeurs et directrices des écoles publiques d’enseignement technique, sur la liste présentée par le Syndicat national de l’enseignement technique, membre titulaire du Conseil de l’Enseignement technique. Il siégeait dans sa section permanente et dans le Conseil supérieur de l’Éducation nationale, en particulier dans sa formation statuant en matière contentieuse et disciplinaire. Il fut également élu membre suppléant de la commission administrative paritaire nationale des directeurs certifiés et assimilés en 1952

Il représentait les directeurs, avec voix consultative, à la commission administrative nationale du SNET de 1951 à 1956. Il fit savoir à la CA que certains syndicats tchécoslovaques désiraient entrer en contact avec le SNET en 1957.

En août 1956, nommé inspecteur général de l’enseignement technique, il participa au titre de l’administration à d’autres instances consult atives de l’enseignement. Dès 1957, il effectua des missions en Algérie et au Maroc.

En 1963, le conseil municipal d’Aire-sur-l’Adour (Landes) décida la construction d’un nouveau lycée. Le dossier fut confié à Gaston Crampe qui contribua à la réalisation de ce programme de cité scolaire, essentielle pour le développement d’un pôle industriel. La municipalité donna son nom à cet ensemble en 1971.

Veuf depuis 1960, il se remaria en mars 1961 à Saint-Cloud avec une professeur au lycée de jeunes filles de Suresnes (Seine/Hauts-de-Seine), fille d’un directeur d’école et d’une institutrice. Ils habitèrent Saint-Cloud.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191851, notice CRAMPE Gaston, Jean, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 avril 2017, dernière modification le 13 février 2019.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/8945, F17/ 17795, 28657. — Arch. Mun. d’Aire-sur-l’Adour (Sandrine Bougue). — Le Travailleur de l’enseignement technique. — Notes d’Alain Dalançon et de Julien Veyret

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