MELCHIOR Edouard

Par Michel Thébault

Né le 19 avril 1923 à Dudelange (Luxembourg), fusillé le 31 janvier 1944 après condamnation à mort d’une cour martiale du régime de Vichy à la maison d’arrêt de Limoges (Haute-Vienne) ; enrôlé de force luxembourgeois ; résistant AS puis FTPF de la Haute-Vienne.

Il déclara être le fils de Théodore Melchior et de Justine Avermann et être né à Zoufftgen (Moselle). Son acte de décès le présente de plus comme sans profession, sans domicile fixe et célibataire.
En réalité, il semble avoir caché lors des interrogatoires sa véritable nationalité. La Fédération des enrôlés de force du Luxembourg l’a intégré dans ses listes et le présente comme « Mort pour la patrie », « von französischer Miliz erschossen » (fusillé par la milice française). Il était en fait né à Dudelange (Luxembourg) commune limitrophe de Zoufftgen, dans le département de la Moselle de l’autre côté de la frontière. L’hypothèse la plus plausible est qu’il a été comme toute la classe 43 au Luxembourg, enrôlé de force dans la Wehrmacht et qu’il a ensuite déserté en Limousin et rejoint la Résistance française. Lors de son arrestation, il a naturellement caché sa désertion de l’armée allemande.

Il rejoignit la Résistance en septembre 43, au sein du groupe AS de Brigueuil appartenant au maquis AS de Saint-Junien. Le groupe fut déplacé et reconstitué après une série de deux attaques allemandes, à la mi-novembre 1943 d’abord au Repaire de Chéronnac (Haute-Vienne) puis le groupe passa chez les FTPF de Cussac. Édouard Melchior appartint alors à un groupe de maquisards FTP établi au lieu-dit La Reille, commune de Cussac (Haute-Vienne). Il mena avec eux une attaque contre la gendarmerie de Saint-Laurent-sur-Gorre (Haute-Vienne) le 8 décembre 1943. L’échec d’une opération à Limoges dans la nuit du 22 au 23 janvier 1944 amena le groupe à se replier sur le territoire de la commune de Saint-Marie-de-Vaux (Haute-Vienne) où, quelques jours plus tard, Édouard Melchior fut arrêté en même temps que Gaston Chaty et qu’un nommé Migueles.

Il fut interné à la maison d’arrêt de Limoges. La loi du 20 janvier 1944 promulguée par le gouvernement de Vichy institua des cours martiales itinérantes composées de trois juges anonymes. Les jugements étaient expéditifs et sans appel, les condamnés immédiatement fusillés dans l’enceinte de la prison, par un peloton composé de membres des GMR. La cour martiale siégea ainsi à Limoges à plusieurs reprises entre la fin janvier et le début du mois de juillet 1944. Édouard Melchior fut conduit le 31 janvier 1944 devant cette "cour martiale" lors de sa première session à Limoges et condamné à mort. Il fut aussitôt avec Philibert Gaston Chaty, fusillé à 18 heures dans l’enceinte de la prison. Son corps fut inhumé dans la fosse commune du cimetière municipal de Louyat à Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191935, notice MELCHIOR Edouard par Michel Thébault, version mise en ligne le 2 mai 2017, dernière modification le 9 septembre 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Archives municipales Limoges 4H142 ─ ANACR Comité Oradour-sur-Vayres – Virginie Sansico. France, 1944 : maintien de l’ordre et exception judiciaire. Les cours martiales du régime de Vichy. Revue électronique du centre d’Histoire de Sciences Po. N°3 novembre – décembre 2007 — Fédération des enrôlés de force du Luxembourg — Notes Bernard Pommaret — Renseignements Jacques Deserces — État civil (mairie de Limoges, registre des décès 1944 acte n°288).

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