BOUSCARLE Jean, Laurent

Par Roger Faist

Né le 19 novembre 1922 à Tunis (Tunisie) ; ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur à la compagnie Saint-Gobain à partir de 1954, intervenant au Centre universitaire de coopération économique et sociale CUCES de Nancy (1962-1965), chargé de mission pour le Bureau international du travail en Algérie (1968-1973) et à Madagascar (1977-1978), consultant à la coopérative de conseil Ten (1980-1989) ; membre du conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC puis CFDT (1958-1968), membre du bureau national de l’Union sociale des ingénieurs catholiques USIC puis de l’équipe nationale du Mouvement des ingénieurs et chefs d’industrie d’Action catholique MICIAC (1956-1965).

Fils de Louis Bouscarle, sous-officier mécanicien dans l’armée de l’Air, puis chef de service au ministère de l’Air, et de Jeanne Ribet, Jean Bouscarle et son frère vécurent en Tunisie avant de rejoindre la France. Après avoir obtenu le baccalauréat (série moderne), il fut reçu au concours d’entrée à l’École polytechnique (promotion 1947-1949). Après un premier emploi, en 1950, dans le secteur minier, sa vie professionnelle se déroula principalement à la compagnie de Saint-Gobain où il entra comme ingénieur en 1954. Sensible aux déséquilibres qui affectent les entreprises, en termes d’organisation du travail et d’évolution des compétences attendues, notamment pour les cadres, il rejoignit pendant quelques années (1962-1965) le Centre universitaire de coopération économique et sociale CUCES de Nancy (Meurthe-et-Moselle) où Bertrand Schwartz posait les premiers jalons des politiques de la formation continue. En 1968, il fut détaché auprès du Bureau international du travail BIT qui l’envoya à Alger pour diriger un institut de formation des cadres. Il y resta jusqu’en 1973. De retour à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) comme organisateur de la formation de Saint-Gobain, le BIT lui confia une mission similaire à Madagascar en 1977 et 1978. Revenu en France, il se forma pendant l’année 1979 à l’Institut d’administration des entreprises (IAE), puis travailla de 1980 à 1989, comme consultant au sein de la coopérative de conseil Ten, dirigée par Claude Neuschwande, spécialisée dans l’intervention auprès des collectivités locales et de l’économie sociale.

L’engagement syndical de Jean Bouscarle accompagna son parcours professionnel. Il adhéra à la CFTC en 1954, fut délégué du personnel de 1956 à 1961 et élu comme membre du comité d’entreprise de 1959 à 1961. Ensuite, de 1965 à 1968, il fut délégué syndical CFDT. Au-delà de son entreprise, il s’impliqua dans la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC puis CFDT alors que François Lagandré en était président. Il siégea à son conseil de 1958 à 1968, assurant la responsabilité du secteur des ingénieurs et cadres de la chimie, et présida l’Union nationale des ingénieurs et cadres des industries chimiques UNICIC de 1966 à 1968. Il fut le trésorier de la FFSIC-CFDT de 1965 à 1968. Au congrès confédéral CFTC de 1959, il intervint dans le débat sur le rapport présenté par Gilbert Declercq relatif à la planification démocratique, puis en 1960 au quatorzième congrès de FFSIC, il présenta un rapport sur le même thème.

Parallèlement, membre de l’Union sociale des ingénieurs catholiques USIC, il siégea à son bureau à partir de 1956. Il fut également membre de l’équipe nationale du Mouvement des ingénieurs et chefs d’industrie d’Action catholique (MICIAC), où il représentait la région Alsace, Lorraine, Franche-Comté jusqu’à la fusion des deux mouvements en 1965 qui aboutit à la création du Mouvement des cadres, ingénieurs et dirigeants chrétiens (MCC).

Signataire de l’Appel pour les assises du socialisme en 1974, Jean Bouscarle adhéra ensuite au Parti socialiste (PS). Il fut trésorier de la section PS de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) de 1978 à 1981 et candidat, sans être élu, aux élections municipales de 1971 et 1977 à La Garenne-Colombes et de 1989 à Antony (Hauts-de-Seine).

Une fois à la retraite, il effectua dans les années quatre-vingt-dix plusieurs missions de formation de cadres à Casablanca (Maroc) à la demande de l’association Échanges et consultations techniques internationale (ECTI).

Jean Bouscarle avait épousé, en 1950 à Paris (VIe arr.), Monique Pardessus, archiviste paléographe, diplômée de l’École des Chartes. Elle fut adhérente à la CFDT. Le couple eut six enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192137, notice BOUSCARLE Jean, Laurent par Roger Faist, version mise en ligne le 8 mai 2017, dernière modification le 8 mai 2017.

Par Roger Faist

ŒUVRE : « Formation et perfectionnement des cadres du Tiers Monde en matière de gestion et d’organisation des entreprises », Revue Tiers Monde, t. 18, 71, 1977, p. 513-520.

SOURCES : Arch. Union confédérale des ingénieurs et cadres UCC-CFDT. — Notes de Jean Bouscarle et de François Lagandré (1999). — Notes de Marie-Élisabeth Bouscarle, fille de Jean Bouscarle (2015). Notes de Michel Rousselot (2016).

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