BORGMANN Karl

Par Philippe Wilmouth

Né en 1895 à Emden (Allemagne, Basse- Saxe), mort par suicide le 23 décembre 1943 à Geispolsheim (Bas-Rhin annexé) ; de nationalité allemande ; marinier ; agent de l’Intelligence service (IS) et du Service de renseignement suisse, résistant aide et sauvetage, responsable d’une filière de passeurs.

Avis de recherche des époux Borgmann ({Metzer Zeitung})
Avis de recherche des époux Borgmann ({Metzer Zeitung})
Crédit photo : Metzer Zeitung, 11.12.43

Marinier sur le Rhin, antinazi, il habitait Oldenburg (Allemagne, Basse-Saxe). Il fut mobilisé dans la Wehrmacht en septembre 1939. Il stationna en octobre 1940 à Sarreguemines (Moselle annexée). A la fin de 1941, il fut muté à Schwäbisch Gmünd (Allemagne, Bade-Wurtemberg) où il fut réformé en 1942. Revenu à Sarreguemines comme civil, sa femme Erna Riecher le rejoignit. Avec des Mosellans, il organisa une filière qui avait comme officine le restaurant « Au Tonneau d’Or » rue de France et il s’adonna à la confection de fausses pièces d’identité pour environ 400 Mosellans qui voulaient fuir la Moselle, notamment pour échapper à l’incorporation de force dans l’armée allemande. Il était également agent de l’IS et du service de renseignement suisse. Borgmann accomplit des sabotages notamment le dynamitage d’un pont sur la voie ferrée de Béning à Hargarten (Moselle annexée).
La filière fut noyautée par des agents français à la solde de la Gestapo qui lança un vaste coup de filet à partir du 30 novembre 1943 et jusqu’au 31 décembre. Au total, 49 personnes dont 4 déserteurs de la Wehrmacht furent arrêtées.
Averti à temps d’une descente de la Gestapo, Borgmann et sa femme réussirent à s’échapper et s’installèrent à Saint-Avold. Les Allemands se mirent à sa recherche. Le 9 décembre 1943, lors d’un contrôle d’identité à la nuit tombante à Hombourg-Haut, Karl Borgmann, se sentant acculé, n’hésita pas à faire usage de son arme et abattit un fonctionnaire de la gendarmerie. Le couple continua son errance pour tenter de gagner la Suisse. Une intense chasse à l’homme se déclencha. Dès le lendemain apparurent partout en Moselle des avis de recherche sur papier rose donnant la photographie des fugitifs et des signalements précis. Une prime de 3 000 Marks y était promise à quiconque pourrait contribuer à leur arrestation. Les avis furent également publiés dans la presse. Les époux Borgmann échappèrent un temps aux mailles de la police. Mais, dans la soirée du 23 décembre, la maison isolée entre Geispolsheim et Fergersheim (Bas-Rhin annexé) où ils s’étaient cachés fut cernée par des forces de police et des éléments de la Wehrmacht. Sommé de se rendre, Karl Borgmann riposta par des coups de feu. Selon la version officielle, Karl Borgmann fut abattu et son épouse mortellement blessée. Il semblerait que Borgmann se sachant perdu aurait tué son épouse et se serait suicidé avec son arme. Le corps de Borgmann fut transporté à la faculté de médecine de Strasbourg pour une autopsie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192327, notice BORGMANN Karl par Philippe Wilmouth, version mise en ligne le 16 mai 2017, dernière modification le 16 mai 2017.

Par Philippe Wilmouth

Avis de recherche des époux Borgmann ({Metzer Zeitung})
Avis de recherche des époux Borgmann ({Metzer Zeitung})
Crédit photo : Metzer Zeitung, 11.12.43

SOURCES : Eugène Heiser, La Tragédie Lorraine, tome 1, Sarreguemines, éd. Pierron, 1978, p. 105-110. — Cédric Neveu, La Gestapo en Moselle, Strasbourg, éd. Du Quotidien, 2015, p. 171-173. — Metzer-Zeitung 11, 24 et 27 décembre 1943.

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