CHADEBECH Marcel

Par Maurice Moissonnier

Né le 24 juin 1919 à Lyon Ve arr. (Rhône), mort le 14 décembre 2007 ; postier ; militant communiste et syndicaliste CGT dans les PTT à Lyon avant la Seconde Guerre mondiale, membre de la direction de la fédération du Rhône du PCF après la Libération ; résistant, dirigeant de l’action armée dans la région lyonnaise.

Marcel Chadebech était le fils d’Antoine Chadebech, cordonnier devenu ensuite maraîcher, et de Reine Barge, sans profession. Il fit à Lyon des études qui lui permirent d’obtenir le brevet élémentaire et le brevet d’enseignement primaire supérieur ce qui lui ouvrit la possibilité d’entrer aux PTT. Du 1er mai 1936 au 10 août 1968, il travailla au centre de tri de Lyon-Gare avant d’aller au centre de tri de Nîmes-Gare. Sa famille était totalement déchristianisée et il n’eut aucun contact avec la religion. Dès le 1er janvier 1937, à dix-sept ans et demi, il donna son adhésion à la fois à la CGT (Fédération postale) et au Parti communiste. Sur le plan de sa formation politique, il faut signaler la fréquentation d’une école de section du PC en 1938, mais l’essentiel fut obtenu par un travail individuel. Outre la lecture quotidienne de l’Humanité et mensuelle de Cahiers du bolchevisme, il travailla sur l’Anti Duhring, Fils du peuple de Maurice Thorez*, le Manifeste du parti communiste, des brochures diverses éditées aux Éditions sociales internationales et surtout l’Histoire du Parti communiste (bolchevique) de l’URSS, ouvrage de base pour la formation des communistes à la fin des années 1930.

Après la défaite de 1939, il reprit son travail à Lyon et fut versé, au printemps 1941 aux Jeunesses communistes et affecté par Grundblatt (dit Verfeuil) au triangle de direction du secteur nord des JC. Après l’arrestation de son responsable, il fut transféré au poste de « technique » du triangle départemental de direction des JC.

En juin 1942 on le détacha à la direction du groupe des FTPF urbains créé par les JC et il exécuta et organisa les premiers attentats contre les troupes d’occupation et les collaborateurs à Lyon. Le groupe fut démantelé par la Gestapo en février 1943. Chadebech, qui avait échappé aux arrestations, fut envoyé par la direction des JC à Arith (Savoie) en attendant que cessent les recherches dont il était l’objet. En octobre 1943, par l’intermédiaire de F. Pavoux, militant du PC à Lyon, il fut « récupéré » et provisoirement affecté au maquis du camp Desthieux installé à Chamelet, dans la vallée d’Azergues, près de Lyon. Il devint adjoint au chef militaire (Chavanet), puis commissaire aux effectifs avant de rejoindre le bataillon « 14 juillet » et de devenir chef du 1er sous-secteur FTPF de la région lyonnaise.

Après la libération de Lyon, il fut jusqu’à la fin de 1944 commandant major du 1er régiment du Rhône. Démobilisé, il fut affecté à la commission militaire du Front national, puis au Comité de Libération. De 1945 à 1946, il organisa dans le Rhône l’Association nationale des anciens FTPF et de leurs amis. En 1947, il prit la direction de la cellule du PC de Lyon-Gare et fut élu membre de la commission exécutive du syndicat CGT de Lyon-Gare. De 1948 à 1963, il milita beaucoup dans les organismes de masse : il fut successivement membre du bureau départemental des Combattants de la paix et de la liberté, membre du secrétariat départemental du Mouvement de la paix et membre du conseil national du même organisme. De 1956 à 1966, il siégea au comité fédéral du PC et fut élu au bureau fédéral en 1961.

Il exerça encore d’autres responsabilités à un échelon moins élevé de 1963 à 1965, secrétaire de la section Lyon-Presqu’île de 1965 à 1968, secrétaire de la cellule de Sainte-Foy-les-Lyon alors qu’il conservait son poste de membre du bureau de la section de Lyon-Presqu’île. Il figura enfin, de 1963 à 1968, au bureau départemental de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR).

Au moment de la guerre froide, Chadebech fut mis en vedette à la suite de plusieurs tentatives répressives dirigées contre lui. En raison d’actes commis dans la clandestinité, il fut inculpé en fin 1947 pour meurtre, tentative de meurtre et vol à main armée. Il aurait tué un gendarme dans un échange de coups de feu entre les maquisard et les forces de l’ordre. Une intense campagne du PC, de la CGT et des organisations de la Résistance provoqua le recul du juge qui se déclara incompétent mais, en 1948, l’inculpation fut reprise par le juge du tribunal militaire de Montluc pour meurtre et tentative de meurtre. Laissé en liberté provisoire, Chadebech fut de nouveau soutenu par une grande campagne de solidarité et le juge signa en 1949 un non-lieu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19242, notice CHADEBECH Marcel par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 22 octobre 2010.

Par Maurice Moissonnier

ŒUVRE : Ce que j’ai connu de la Résistance, Lyon, Savoie, vallée d’Azergues, nouvelle éd., Lyon, Aléas, 2004. — Civisme et mémoire, Lyon, Aléas. — Quatre-vingts ans d’une vie pleine et agitée, préf. de Roger Pestourie, postf. de Maurice Moissonnier, Lyon, Aléas, 2004, 297 p.

SOURCES : Presse locale : La Voix du Peuple, quotidien du PC puis la République de Lyon, Le Progrès, 1947-1948. — Le Dauphiné libéré, 18 décembre 2007. — L’Humanité, 14 janvier 2008. — Réponse à un questionnaire communiqué à l’intéressé.

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