CHAGNEAU Christian, Jean, Raphaël

Par Claude Pennetier

Né le 8 juin 1923 à Tauriac (Gironde), mort le 26 août 2015 à Peujard (Gironde) ; ouvrier métallurgiste puis du bâtiment, puis patron plâtrier ; résistant à Paris puis militant communiste et syndicaliste en Savoie et en Isère ; dirigeant de l’Union départementale CGT de Savoie.

Fils d’un instituteur, Jean Raphaël Chagneau, et de Marguerite, secrétaire, Christian Chagneau naquit au domicile des ses grands parents maternels à Tauriac (Gironde). Son père enseignait alors en Charente-Inférieure. Sa famille se rendit à Paris en 1933 et le père enseigna à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) à l’école de la Mutualité. Avant de s’installer à Paris, rue Louis Ganne où Lebihan (père de Cécile Rol-Tanguy) le gagna au communisme. Après avoir fréquenté l’école de la Mutualité, Christian Chagneau fut élève du cours complémentaire Vitruve où son père était enseignant. Il se souvient de la manifestation de 1936 au Mur des Fédérés, avec Jean Chardavoine, maire de Stains. À la guerre, la famille se replia à Bordeaux et Christian suivit les cours de l’école professionnelle de Pons (Charente-Inférieure, Charente-Maritime). Il obtint un brevet industriel à Angoulême (Charente).

De retour à Paris, il fut arrêté le 28 février 1942 en raison des activités politiques de la famille, puis libéré. Son père s’évada et devint le commandat Chagneau, chef de l’état-major de Fabine, et sa mère fut emprisonnée puis déportée à Ravensbrück. Christian Chagneau fut résistant puis FTP. On le trouve à la Libération commandant de la caserne de Reuilly. Son adhésion au Parti communiste date de 1943. Il fut responsable des Jeunesses communistes de Paris Nord à la suite de Jean Collet, vers janvier 1944. Il se cacha aux Pavillons-sous-Bois chez la famille Delamarre.

Revenue des camps, sa mère fut secrétaire de diverses oraganisations et entreprises communistes, sous le contrôle de Jean Jérôme, puis responsable du garage de la CGT sous celui d’Eugène Hénaff*.

Son épouse, Simone Gruppo (de la famille du commandant Gruppo), étant savoyarde, Christian Chagneau alla travailler comme ouvrier métallurgiste à La Savoysienne à Aix-les-Bains. Sa participation très active aux grèves de 1947 provoqua son licenciement. Inscrit sur les liste noires patronales, il ne trouva plus de travail. Il se rendit alors à Grenoble (Isère) et travailla dans le bâtiment, principalement au barrage de Tignes. Sans avoir une vocation particulière pour les responsabilités syndicales selon son témoignage, il fut le drigeant CGT du barrage puis secrétaire pour l’ensemble des barrages et, entre 1948 et 1952, l’un des dirigeants de l’Union départementale CGT de la Savoie.

Il travailla un temps comme ouvrier plâtrier puis comme artisan à partir de 1957 et , le succès aidant, fut à la tête d’une entreprise qui compta jusqu’à cent-quarante salariés. Il resta pendant vingt-neuf ans à la tête de sa SA de plâtrerie, qu’il laissa à un ami en 1986, constatant que la crise l’obligeait à des remises qui rendaient l’entreprise sans bénéfices. Il affirme que contrairement aux souvenirs de militants régionaux, il ne fut pas membre du syndicat patronal, resta membre du Parti communiste et en accord avec ses orientations.

Christian Chagneau se retira en Gironde où il vivait en 2008 à Peujard, entouré des vignes bordelaises.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19250, notice CHAGNEAU Christian, Jean, Raphaël par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 février 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Notes de Serge Lambert. — L’Humanité, 5 décembre 2008. — Arch. municipales Chambéry, 7 F 5. — Entretien téléphonique avec Christian Chagneau. — Arch. municipales Chambéry, 7 F 5. — Notes de Louis Botella. — Site Internet : deces.matchid.io.

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