LEBREAU Jean – Marie

Par Hélène Chaubin

Né à Saint-Estrechoux (Hérault) le 21 février 1925, tué au combat de Colombières-sur-Orb (Hérault) le 22 août 1944 ; mineur ; membre d’un maquis AS de la haute vallée de l’Orb.

Le plus jeune des victimes de Colombières.

Jean-Marie Lebreau faisait partie d’un groupe de jeunes mineurs de Graissessac qui s’engagèrent en avil 1944 dans un maquis local de l’Armée secrète, lié au maquis Bertrand. Tous avaient été sensibles à l’exemple du maquis FTP de Vernazoubre, qui avait recruté dans les mines des jeunes gens de leur âge et qui multipliait les actes de sabotage soit sur les moyens de communication soit sur les lieux de production industrielle, pour nuire aux intérêts allemands. C’était l’époque où la Résistance intérieure cherchait à unifier ses éléments armés, AS, FTP, Corps francs, et un mois après leur incorporation Jean-Marie Lebreau et ses amis eurent en effet le statut de FFI. Les parachutages d’armes attendus en vain en 1943 arrivèrent enfin au printemps 1944 et s’intensifièrent pendant l’été. Aucun des jeunes gens n’avait reçu de formation militaire et la discipline acquise par leur travail à la mine ne répondait pas aux mêmes critères que celle qu’on exige au combat. Il y eut donc une période de formation assurée par un autre mineur, Albert Courtès, qui venait de l’armée avec le grade d’adjudant-chef et avait été démobilisé en juillet 1940 en vertu de la Convention d’armistice franco-allemande. Une période d’instruction trop courte, assortie d’un armement et d’un entrainement incomplets : car la guerilla exige une expérience que ne possédaient pas les maquisards, particulièrement ceux de l’AS dont la doctrine voulait que le combat ne précède pas le débarquement mais le suive.
Jean-Marie Lebreau, comme ses amis, se rendit aux Cazalets, au-dessus de Graissessac, le 21 mai 1944. Il remarqua un jour que leur position ressemblait à un nid d’aigles, et ce surnom fut adopté par le groupe. Des jeunes gens, souvent réfractaires au STO, rejoignirent le maquis des Aigles, mais son noyau était bien celui des jeunes mineurs, très liés entre eux. C’est après le débarquement du 15 août en Provence que la retraite allemande par les routes de l’Hérault imposa une pression quotidenne aux maquisards. Et c’est le 22 août que le maquis des Aigles, en jonction avec celui des FTP du Vernazoubre subit une épreuve décisive : il s’agissait de tendre une embuscade à une forte colonne allemande de 4 000 hommes qui venait de combattre à St Pons et se dirigeait vers Bedarieux. Le combat eut lieu à la sortie de Colombières-sur-Orb, au lieu choisi par les maquisards. Ils furent rapidement sous les tirs de mitrailleuses allemandes. Jean-Marie fut l’un des premiers blessés, atteint au bras par une balle explosive tandis que Courtès, le chef des Aigles, était atteint au genou. Jean-Marie Lebreau, aidé par des FTP, arriva à se cacher sous le pont de Madale. Il fut découvert et tué par un Allemand.
Le lendemain 23 août, les corps des victimes furent retrouvés et transportés à l’hôpital militaire de Lamalou-les-Bains où ils furent identifiés. Puis les corps des trois résistants d’Estrechoux, Jean-Marie Lebreau, Pierre Gordillo et Albert Courtès furent ramenés dans leur village. Ils y sont inhumés ainsi que Angel La Huerta, retrouvé mais difficilement identifiable en raison de ses blessures et des coups portés à son visage. Seule sa mère put apporter une certitude.
Il reçut la mention : Mort pour la France.
Colombières-sur-Orb, bataille, 22 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192610, notice LEBREAU Jean – Marie par Hélène Chaubin, version mise en ligne le 28 mai 2017, dernière modification le 11 février 2020.

Par Hélène Chaubin

Le plus jeune des victimes de Colombières.

SOURCES :
Service historique de la Défense, dossiers administratifs des résistants. — Gabriel Pastor, Montez de la mine. C’était en août 1944, Nice, éd. Bénévent, 2009. — Jean Tuffou, "Vivre en pays minier, de 1940 à nos jours", Bulletin de la société archéologique et historique des hauts cantons de l’Hérault, n° 8, 1992. — Pierre Lopez, témoignage écrit (archives de la famille Lebreau).

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