ROGATION Claude, André [pseudonyme « Périgueux » puis « René »]

Par Hervé Dupuy, Michel Thébault

Né le 1er mai 1924 à Périgueux (Dordogne), fusillé le 6 mai 1944 après condamnation à mort d’une cour martiale du régime de Vichy à la maison d’arrêt de Limoges (Haute-Vienne) ; cuisinier ; résistant FTPF de la Haute-Vienne.

Originaire de la Dordogne, il était le fils de Léon Rogation et de Léontine Lafaye. Célibataire, exerçant la profession de cuisinier, il résidait au début 1944, au 6, rue de la Nation à Périgueux, vraisemblablement chez ses parents.
Claude Rogation, réfractaire au STO, rejoignit en Haute-Vienne, un détachement FTPF à la fin janvier 1944, près de Dournazac (Haute-Vienne). Ce maquis eut successivement comme responsables « Julien » puis « Gérard » (ex-Bébert »). Fin mars, ce groupe participa à l’exécution publique d’un « faux maquisard » se réclamant de l’Armée secrète à Saint-Sault (Dordogne). Toujours fin mars, le groupe de Claude Rogation s’installa entre la Chapelle-Montbrandeix et Marval au lieu-dit Lartemache. Les responsables de ce groupe auraient éliminé un auxiliaire de la Gestapo, un certain Taraud. Fin avril, le groupe tendit une embuscade à un autre agent au service de la Gestapo, Evrard, pour libérer son responsable« Gérard » arrêté à Châlus par ce même Evrard. Ce dernier fut exécuté deux ou trois jours après par un peloton composé de Claude Rogation, François Mérigalet et Pierre Lautrete.
Le 1er mai 1944, le jour de ses 20 ans, Claude Rogation fut capturé avec 9 camarades de son groupe FTPF par les GMR à Saint-Laurent-sur-Gorre (Haute-Vienne) alors qu’ils attaquaient la gendarmerie de cette localité. Ils furent conduits à la caserne de la milice à Limoges (Haute-Vienne) où ils furent interrogés jusqu’au 5 mai puis remis à la police et incarcérés à la maison d’arrêt. Parmi ces dix résistants, seuls Claude Rogation et deux de ces camarades, François Mérigalet et Pierre Lautrete furent condamnés à mort lors d’une session à Limoges de la cour martiale instituée en janvier 1944 par le gouvernement de Vichy et fusillés à la maison d’arrêt de Limoges par un peloton composé de membres des GMR, le même jour, 6 mai. Ils furent inhumés au cimetière de Louyat. Cette condamnation résulta peut-être de leur reconnaissance de participation à l’exécution d’Evrard à laquelle les 7 autres n’avaient pas pris part.
Claude Rogation obtint la mention Mort pour la France le 25 mai 1945 et fut homologué sergent FFI à titre posthume.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192741, notice ROGATION Claude, André [pseudonyme « Périgueux » puis « René »] par Hervé Dupuy, Michel Thébault, version mise en ligne le 30 mai 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Hervé Dupuy, Michel Thébault

SOURCES : Arch.dép.Haute-Vienne 1517 W art.323. — Archives municipales de Limoges 4H 142 — SHD Caen AC 21P 144774 — Mairie de Limoges, registre des décès 1944 acte n° 1142.

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