WEIBEL Maurice, Georges

Par Bernard Pommaret, Michel Thébault

Né le 30 avril 1915 à Paris XIXème arr. (Seine), exécuté sommairement le 9 juin 1944 à Limoges (Haute-Vienne) ; éditeur-photographe ; résistant.

Maurice Weibel était le fils de René Georges Weibel, employé de commerce âgé de 29 ans, et d’Héloïse Joséphine Degrandez âgée de 33 ans, tous deux domiciliés 6, square Bolivar dans le XIXème arrondissement de Paris. Son père René Weibel fut mobilisé le 4 août 1914 dans le 4ème Régiment de Zouaves. Gravement blessé le 19 septembre 1914, il fut ensuite réformé définitivement début 1916. En mars 1934, la famille vint s’installer à Limoges, 6 rue Jules Guesde où René Weibel fut représentant de commerce. Maurice Weibel devint à Limoges vers 1936 éditeur-photographe, sous le pseudonyme commercial de Moris’s. Il était propriétaire d’un commerce de photographie au 5, rue des Charseix et d’une imprimerie au 4, rue de Gorre à Limoges. Il était photographe mais aussi éditeur de cartes postales numérotées (en tirage photographique noir et blanc sur papier glacé). Il se maria le 10 avril 1942 à Limoges avec Germaine Buisson. Un fils posthume Maurice, Pierre naquit le 5 novembre 1944 à Limoges.

Dans la nuit du 9 au 10 février 1944 se produisit un bombardement de l’aviation alliée sur l’usine Gnome et Rhône qui travaillait pour l’industrie de guerre allemande, fabriquant des moteurs d’avions pour la Luftwaffe. Le site industriel appelé l’arsenal, fut totalement détruit. Des barrages de GMR interdirent l’approche de la zone. Il semble que Maurice Weibel ait pu malgré les interdictions prendre des photographies des dégâts provoqués et sans doute aussi développer des photographies d’amateurs de ces mêmes dégâts. Une perquisition de la SIPO-SD à son atelier permit de découvrir une pellicule photographique de huit clichés au format 6,5x11. Arrêté le 7 juin 1944, et sans doute conduit au siège de la Gestapo, il fut interrogé et accusé en particulier de l’impression de tracts communistes dans son imprimerie. Les circonstances de son décès restent difficiles à élucider, les autorités allemandes indiquèrent : « Il a été fusillé lors d’une tentative de fuite. Son corps a été remis à la police française ». Ce type d’expression cache en général la mort sous la torture ou une exécution sommaire (peut-être au Malabre où la SIPO-SD avait l’habitude d’emmener ses victimes pour organiser une exécution déguisée en tentative de fuite). L’acte de décès indique « décédé place de l’Hôtel de ville », qui désigne à Limoges l’hôpital de la ville sis à cet endroit. Le corps y a donc été amené pour que soit constaté le décès et établi l’acte.

Il obtint le 28 avril 1948 la mention Mort pour la France et le titre Interné-Résistant (DIR). Il repose dans le carré militaire 76 du cimetière de Louyat à Limoges, auprès du monument dressé « à la mémoire des Martyrs de la Résistance française – la ville de Limoges 1946 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192774, notice WEIBEL Maurice, Georges par Bernard Pommaret, Michel Thébault, version mise en ligne le 31 mai 2017, dernière modification le 25 septembre 2020.

Par Bernard Pommaret, Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Seine (état civil, registre matricule) — IR 1208 21618 — ADHV185W3-36 — ODAC 87 — CDJC CCXV-43 — SHD Vincennes GR 16 P 601768 (à consulter) — François Adeline Haute-Vienne La guerre secrète 1940-1944 Hors-série édité par Le Populaire du Centre décembre 2006 — État civil, Mairie de Limoges, registre des décès 1944 acte n°1368 — Mémoire des Hommes — mémorial genweb — Le Populaire du Centre, 22 février 1945 et 05 janvier 1946 et Liberté du Centre 22 et 23 février 1945.

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