CHALOT Jean-Marie

Par Henri Louis, Jean-François Poujeade

Né le 9 mai 1890 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire), mort le 11 septembre 1976 à Saint-Vallier ; ouvrier mineur puis employé des PTT ; un temps anarchiste ; maire communiste de Saint-Vallier (Saône-et-Loire) de 1947 à 1971.

Fils de Charles (ou Claude) Chalot, compagnon charpentier à la mine, et de Françoise Charollais, nourrice, Jean-Marie Chalot faisait partie d’une famille de six enfants. Son père est révoqué lors des grandes grèves du début du XXe siècle, ce qui provoque des moments difficiles dans cette famille nombreuse.

Jean-Marie Chalot était, à l’âge de quatorze ans, ouvrier mineur dans le Nord après avoir travaillé dans une ferme à garder les vaches. Anarchiste, les milieux libertaires étant assez influent dans le bassin minier de Montceau-les-Mines, J.-M. Chalot dut passer cinq ans à la Légion étrangère où il avait pris le nom de Sleismann. On peut penser qu’il s’était engagé suite à un menace judiciaire lourde.
De retour de la Légion dans les premiers jours de juillet 1914, Jean-Marie Chalot fut mobilisé quelques jours plus tard au premier régiment étranger. Blessé deux fois, Jean-Marie Chalot, soldat première classe, fut décoré de la Croix de guerre.
Il se maria le 6 avril 1918 à Saint-Vallier avec Étiennette Lagrue.

Postérieurement à 1918, il participa au forage du puits Darcy à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) et il adhéra au Parti communiste dès sa fondation.
Silicosé à 90 % et ayant refusé la promotion de chef de poste, il entra aux PTT en 1925 à la poste de Montceau-les-Mines.

Il fut élu, à l’époque du Font populaire, secrétaire départemental du syndicat CGT. Il fut révoqué pour avoir participé à la grève nationale du 30 novembre 1938.

Interné à deux reprises par les autorités allemandes, emprisonné à Autun, il servit d’agent de liaison pour le maquis de Collonges-en-Charollais. Il aurait participé à une évasion et à l’enlèvement de GMR pour leur prendre des armes.

En 1944, Jean-Marie Chalot fut membre du comité local de libération. Élu conseiller municipal en mai 1945 il devint premier adjoint au maire socialiste Pierre Saudon. En 1947, la liste communiste qu’il conduisit l’emporta et le conseil municipal réuni le 2 novembre élut Jean-Marie Chalot maire de la commune par 22 voix sur 23. Cette commune, détenue par la SFIO depuis plusieurs années et où vivait une très importante communauté de mineurs était désormais la plus grande commune du département gérée par le PCF. Membre communiste actif et influent, Jean-Marie Chalot fut également membre de l’ARAC, président d’honneur de la section locale de l’ANACR et responsable du comité des Combattants de la Paix à Saint-Vallier de 1949 à 1954 (il fit partie d’une délégation à Genève à la Conférence Internationale de 1954). Président (depuis 1952) de l’association des élus républicains de Saône-et-Loire dont son adjoint Benoit est trésorier, la municipalité tint une place importante dans le PCF de Saône-et-Loire (elle accueillit notamment les différentes écoles fédérales). Membre du comité de contrôle financier de la fédération depuis 17 février 1952. Candidat battu aux sénatoriales en 1952, 1958 et 1959, Jean-Marie Chalot fut également candidat en 1956 sur la liste de Waldeck Rochet et suppléant de Rémy Boutavantlors des législatives de 1958 et de 1962. Candidat aux cantonales (canton de Montceau-les-Mines, celle ville étant détenue par la SFIO) notamment en 1949 où il fut battu par le RPF bien qu’en tête au premier tour (3 633 voix au premier tour sur 11 441, devant le candidat RPF, le sortant SFIO Henri Mézières et le MRP). En 1955, il rata de peu l’élection, réalisant 45,7 % des voix, mais perdant de 55 voix dans une triangulaire qui vit l’élection du candidat SFIO. En 1961, de nouveau en tête au premier tour, il perdit de 216 voix au deuxième. Réélu maire à chaque scrutin jusqu’en 1971 avec des scores en augmentation (en mars 1965, sa liste obtient 63 % des suffrages et fut ainsi élue en entier au premier tour), Jean-Marie Chalot prit une part active dans le jumelage de sa ville avec la ville polonaise de Rybnik en 1961 ce qui lui valut la Légion d’honneur polonaise. En 1971, il conduisit de nouveau la liste communiste mais, élu, il laissa, du fait de son âge, sa place à Jean-Marcel Bouteloup, son premier adjoint qui devint maire.
Son frère Claudius Challot fut délégué mineur et militant socialiste, son fils Claude Chalot fut un militant communiste actif notamment à Montchanin-les-Mines. Notons également que le militant mineur du début du 20e siècle Joseph Chalot était un cousin de son père.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19295, notice CHALOT Jean-Marie par Henri Louis, Jean-François Poujeade, version mise en ligne le 18 novembre 2015, dernière modification le 27 avril 2020.

Par Henri Louis, Jean-François Poujeade

SOURCES de Henri Louis : La Voix de Saône-et-Loire, 19 septembre 1976. — Renseignements communiqués par sa famille. — État civil en ligne cote 5 E 486/21, vue 71. — Notes de son petit-fils Claude Vermorel.
Sources de Jean-François Poujeade : Notice individuelle du 28 mai 1951, archives départementales de Saône-et-Loire, 1714 W 80. — Voix de Saône-et-Loire, 19 septembre 1976. A Travers la Saône-et-Loire du 17 octobre 1965. Notes d’Hubert Louis. Renseignements donnés par ses enfants. Délibérations du conseil municipal de St-Vallier, archives de la commune.

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