CHAMBOREDON Madeleine, Claire [épouse DURIEUX]

Par Éric Belouet

Née le 24 février 1920 à Épernon (Eure-et-Loir) ; employée de bureau, comptable, journaliste, orthophoniste ; militante jociste de Seine-et-Oise [Yvelines], permanente de la JOCF (1941-1945), rédactrice en chef de Sillage (1945 et 1951-1954) ; cofondatrice d’un syndicat professionnel d’orthophonistes.

Née d’un père ouvrier au PLM et d’une mère sans profession, tous deux non croyants, Madeleine Chamboredon avait un frère aîné. Ses parents se séparèrent peu de temps avant sa naissance, divorcèrent et eurent chacun un fils d’un second mariage. D’abord élevée par sa grand-mère maternelle, sage-femme diplômée, domiciliée à Barjac (Gard), Madeleine Chamboredon s’installa en 1931 chez sa mère et son beau-père, qui vivaient alors à Bondy (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). Elle fréquenta l’école primaire publique à Barjac puis à Bondy et fut reçue première du canton au certificat d’études primaires en 1932. Elle entra alors à l’école primaire supérieure à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) où sa famille s’était installée en 1932, avant de partir quelques mois plus tard dans l’Eure-et-Loir où sa mère allait ouvrir un commerce. Madeleine Chamboredon resta toutefois à Versailles où elle vécut dans une pension tenue par des religieuses. Elle obtint le brevet élémentaire en 1935 et suivit une année de cours dans la section commerciale. Ayant échoué d’un quart de point à l’examen d’entrée à l’École normale d’institutrices, elle passa avec succès le concours d’entrée à la Trésorerie générale de la Seine-et-Oise à Versailles et y travailla comme employée de bureau de 1936 à 1941.

Ayant découvert la JOCF, elle participa à la création de la section Notre-Dame à Versailles vers 1938 et en devint la secrétaire. Paulette Bressot, qui vivait dans la même pension et travaillait elle aussi à la Trésorerie générale de la Seine-et-Oise, militait également dans cette section. Madeleine Chamboredon assuma très rapidement des responsabilités fédérales puis devint permanente régionale de la JOCF en 1941, avec la responsabilité de suivre les sections des départements de la Seine-et-Oise, du Loiret, de l’Oise et de la Somme. Souffrant d’une pleurésie, elle interrompit cette activité pendant dix mois et s’installa de 1942 à 1943 dans le Gard, où elle créa une section jociste à Saint-Ambroix et développa celles d’Alès et de Bessèges.

De retour au secrétariat général de la JOCF à Courbevoie, elle devint dirigeante nationale et fut chargée, après la Libération, de mettre sur pied une nouvelle publication de masse pour la branche féminine du Mouvement. Elle créa alors le bimensuel Sillage, dont le premier numéro parut au début de l’année 1945, et en fut la rédactrice en chef jusqu’à novembre 1945, date à laquelle elle fut remplacée à ce poste par Andrée Mudry*.

Madeleine Chamboredon se maria le 11 août 1945 au Chesnay (Seine-et-Oise, Yvelines) avec Claude Durieux, lui-même ancien permanent de la JOC, et trois enfants naquirent de cette union (1946, 1947 et 1951). Le couple participa un temps aux activités du Mouvement populaire des familles (MPF) et Madeleine Chamboredon-Durieux écrivit quelques articles dans Monde ouvrier, le journal du MPF, en 1948 et 1949. Son mari et elle vécurent d’abord dans le XVe arr. de Paris puis, à partir de 1968, dans le XIIIe arr. Après la naissance de son premier enfant, elle travailla une dizaine de mois comme comptable chez Lanvin à Paris et, vers 1950, fut comptable quelques mois chez un fabriquant de portails. En mai 1951, Andrée Mudry* ayant quitté la JOCF, Madeleine Chamboredon-Durieux fut sollicitée pour reprendre la rédaction en chef de Sillage. Compte tenu de son âge et de sa situation familiale, elle assuma cette responsabilité, non plus en tant que permanente mais comme attachée de direction, jusqu’en août 1954. Elle remplaça ensuite Marie-Louise Boudewyn-Bonvicini*, elle aussi ancienne permanente de la JOCF, comme formatrice de travailleuses familiales. Elle exerça cette fonction, rémunérée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) de la rue Viala, à Paris (XVe arr.), deux jours par semaine pendant près de dix ans tout en assurant la rubrique bibliographique d’une revue ménagère.

En 1962, Madeleine Chamboredon-Durieux s’inscrivit à une formation d’orthophoniste et d’éducatrice pour enfants inadaptés dispensée par l’université de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Elle suivit pendant trois ans cette formation par correspondance tout en participant à des cours à Paris. Diplômée en 1965, elle exerça d’abord la profession d’orthophoniste à mi-temps auprès des dix classes d’infirmes moteur cérébraux (IMC) de l’école primaire de la Porte d’Ivry (Paris, XIIIe arr.) et à mi-temps dans différents Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) dépendants de la CAF de la rue Viala, à Verneuil-sur-Seine (Yvelines), Montreuil (Seine-Saint-Denis), Meudon (Hauts-de-Seine) et Bièvres (Essonne).

Ayant constaté qu’il n’y avait pas de syndicat dans la profession, Madeleine Chamboredon-Durieux et trois autres orthophonistes entreprirent en 1964 d’en créer un. Ils contactèrent successivement la CFDT et la CGT, qui refusèrent de s’associer à leur démarche au motif que cette profession comportait une branche libérale. Ils créèrent donc leur propre syndicat : le Syndicat national indépendant des orthophonistes (SNIO). Celui-ci, au gré des évolutions et fusions, contribua à la création de la Fédération des orthophonistes de France (FOF), dont la première action avait pour but d’obtenir du ministère de la Santé la reconnaissance officielle de la profession d’orthophoniste.

En 1974, la mairie de Montreuil mit sur pied son propre CMPP et Madeleine Chamboredon-Durieux y travailla d’abord à mi-temps, puis à temps plein de 1980 jusqu’à son départ à la retraite en juin 1985. En février 1999, elle vivait toujours à Paris (XIIIe arr.) et donnait depuis 1996 des cours de soutien scolaire et d’apprentissage de la lecture dans différentes écoles du quartier de Belleville (Paris XXe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19323, notice CHAMBOREDON Madeleine, Claire [épouse DURIEUX] par Éric Belouet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 janvier 2009.

Par Éric Belouet

SOURCES : Arch. JOCF (SG), fichier des anciennes permanentes. — Entretien avec l’intéressée, Paris, 25 février 1999.

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