LÉVY Marcel

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 20 juin 1882 à Toulouse (Haute-Garonne), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Lissieu (Rhône) ; fondé de pouvoirs ; résistant.

Marcel Lévy, fils de Victor Lévy, chemisier, et de Jeanne Hirsch, naquit au 66 rue de la Somme à Toulouse (Haute-Garonne). L’année de son recensement militaire, il était étudiant et demeurait à Toulouse, probablement 11 rue de la Poste avec ses parents. D’après sa fiche matricule, il était châtain, avait les yeux roux et mesurait 1m67. Il fut considéré comme apte au service militaire et incorporé le 15 novembre 1903 dans le 20e régiment d’infanterie. Marcel Lévy fut nommé caporal le 21 mai 1904, sergent le 1er octobre 1905 puis sergent-fourrier le 10 octobre 1905. Il fut renvoyé dans ses foyers le 18 septembre 1906. Il résida ensuite à Londres (Angleterre). Le 7 février 1907, Marcel Lévy épousa Henriette Suzanne Volff à Paris (Ixe arr.). Les époux Lévy habitèrent à Paris, 40 rue Maubeuge (Ixe arr.). Marcel Lévy fut promu sous-lieutenant de réserve en 1907 puis lieutenant de réserve en 1911.
Suite au décret de mobilisation générale du 1er août 1914, Marcel Lévy fut rappelé à l’activité et incorporé dans le 20e régiment d’infanterie. Le 16 février 1915, il fut fait prisonnier à Perthes-lès-Hurlus (Marne) et interné à Mayence (Allemagne). Il rentra en France le 4 décembre 1918. Il fut renvoyé dans ses foyers, 9 rue du Faubourg-Montmartre (Paris, Ixe arr.), le 26 février 1919. Marcel Lévy fut nommé capitaine de réserve en 1929.
En 1939, il fut à nouveau mobilisé. Marcel Lévy fut incorporé dans le 40e régiment régional à Bellême (Orne). Le 25 octobre 1939, il fut affecté à l’état-major du 3ème bataillon à Argentan (Orne). Le 25 novembre 1939, il passa sous l’administration du dépôt colonial d’infanterie numéro 49 à Dreux (Eure-et-Loir). Le 40e régiment régional dissout, il passa sous l’administration du dépôt d’infanterie numéro 42 au Mans (Sarthe) le 1er janvier 1940.
En 1944, Marcel Lévy avait deux enfants., il était fondé de pouvoirs de la Maison Sommer et demeurait à Lyon (Rhône), 1 place d’Ainay (IIe arr.). Il était résistant. Le 8 avril 1944, il fut arrêté par les Allemands et incarcéré à la prison de Montluc (Lyon), dans la Baraque aux Juifs.
Le 10 juin 1944, Marcel Lévy et dix-huit autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Lissieu (Rhône) dans une camionnette bâchée escortée par quatre voitures transportant des militaires allemands. Vers 8 heures 40, le convoi se gara au bord de la route nationale 6, non loin du hameau du Bois Dieu. Les soldats bloquèrent la circulation sur la route à environ 150 mètres au nord et au sud de la camionnette et ils éloignèrent un témoin. Ils firent descendre les prisonniers du véhicule et les exécutèrent à coups de mitraillettes. Ils laissèrent les cadavres sur place. La camionnette et l’une des voitures repartirent dans la direction de Lyon tandis que les trois autres automobiles se dirigèrent vers Villefranche-sur-Saône (Rhône).
Les gendarmes et la police furent alertés le jour même. Ils découvrirent les dix-neuf corps à environ 13 mètres de la chaussée. Ils étaient allongés perpendiculairement à la route nationale, les pieds dirigés vers la voie, faces contre terre. Les enquêteurs ne trouvèrent aucune pièce d’identité ni objet permettant de les identifier. Les cadavres furent transportés à l’institut médico-légal de Lyon.
Le corps de Marcel Lévy fut décrit comme suit par les gendarmes : « Le cadavre N°10, mesure 1 mètre 66 environ et paraît âgé de 50 ans. Il est de corpulence moyenne ; cheveux grisonnants, calvitie frontale très prononcée ; visage rond ; nez légèrement busqué et effilé. Il est vêtu d’un pardessus en drap gris-noir ; d’un pantalon bleu à petites rayures grises, maintenu par des bretelles élastiques, couleur crème, avec tirants en étoffe ; chemise mauve déteinte à rayures blanches et bleues [...]. Il est chaussé de chaussettes en laine grise et de brodequins de troupe en bon état. Il a été trouvé porteur d’un mouchoir blanc avec encadrement ajouré sans initiale. Son pardessus porte la marque Lallemand et Cie, 89 avenue Du-Maine, 51 à 55, avenue de Clichy (Paris). » D’après le rapport du médecin légiste, son corps portait des blessures par balles à la nuque, au visage (au maxillaire) et à l’avant-bras. Il fut identifié le 16 mars 1945 par son frère, demeurant 45 rue de la République (Lyon).
Marcel Lévy fut homologué RIF. Son nom est gravé sur la plaque commémorative située à Lissieu, en bordure de la route départementale 306 (anciennement route nationale 6).

Voir la monographie du lieu d’exécution

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193277, notice LÉVY Marcel par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 16 juin 2017, dernière modification le 5 décembre 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W901, 3460W4, 3335W22, 3335W11, 3460W1. — Arch. Dép. Haute-Garonne, 11R296. — SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P. — Mémorial Genweb. — État civil.

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