KURCHAND Henri alias VAN ENSSCHEN

Par Daniel Grason

Né le 7 octobre 1925 à Varsovie (Pologne), mort en 1943 à Auschwitz (Pologne) ; garçon de courses ; militant des Jeunesses communistes juives et de la Main d’œuvre immigrée (M.O.I.).

Fils de Czija et de Rywka, née Bokier, Henri Kurchand était le frère de Ruta Kurchand. Bon élève, il était titulaire du Brevet d’enseignement primaire supérieur, la famille vécut 11 rue Neuve-Popincourt à Paris (XIe arr.). Il adhéra en décembre 1940 aux Jeunesses Communistes Juives. L’organisation organisait des réunions sur la situation politique, des tracts étaient distribués, des papillons collés, des inscriptions tracées sur la chaussée et sur les murs.
Il travaillait comme garçon de courses depuis novembre 1943 à la pharmacie Allard, 12 rue Ternaux (XIe arr.). Entré dans la clandestinité, il vivait sous la fausse identité de Van Ensch au 5 avenue Courteline à Paris (XIIe arr.). Il fut repéré le 22 février 1943 à 19 heures 10 alors qu’il conversait avec Jean Goldstein à l’angle des rues Saint-Ambroise et de la Folie-Méricourt (XIe arr.).
Deux inspecteurs des Renseignements généraux l’interpellèrent le 24 mars 1943. Fouillé, il était porteur d’une carte d’identité avec sa photographie au nom de Lucien Lecourtois, portant les cachets du commissariat de police du Raincy (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). Son domicile a été perquisitionné, les policiers saisissaient : une carte d’identité au nom de Paul Seguin portant les cachets de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines), une circulaire du Parti communiste, deux photographies, des livres et des brochures éditées par le Parti communiste et des documents manuscrits.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de Police, il fut frappé à plusieurs reprises. Il reconnut connaître l’existence des T.P. [Troupes populaires], mais affirma : « Je n’ai jamais été sollicité pour y rentrer et je n’ai jamais eu de rapports avec eux ». Il reconnut avoir rencontré Jean Goldstein, sans connaître son nom, il militait avec « Raymond » et « Germaine ». Il affirma être coupé de toute liaison et ne pas être appointé par le Parti communiste.
Interné au camp de Drancy réservé aux Juifs, Henri Kurchand était dans le transport n° 55 de 1058 déportés qui partit le 23 juin 1943 à destination d’Auschwitz. Les plus jeunes de ce convoi dont Henri Krasucki furent envoyés dans les mines de Jawischowitz pour extraire le charbon. L’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, sur les 1058 femmes et hommes de ce convoi, 72 avaient survécus dont 37 femmes.
Le nom d’Henri Kurchand a été gravé sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah 17, rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193351, notice KURCHAND Henri alias VAN ENSSCHEN par Daniel Grason , version mise en ligne le 19 juin 2017, dernière modification le 15 décembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 125 BS2, KB 10. – Site internet CDJC. – Par-delà les barbelés, témoignages recueillis et présentés par David Diamant, Éd. par les rescapés et familles des fusillés, 1986. – Christian Langeois, Mineurs de charbon à Auschwitz, Jawischowitz 15 août 1942-18 janvier 1945, Éd. du Cherche-Midi, 2014. – Site internet CDJC.

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