PLESSARD Auguste

Par Jean-Luc Labbé

Né le 5 novembre 1843 ; cultivateur et vigneron ; militant PSU et maire de Dun-le-Poëlier (Indre) de 1904 à 1912.

Elu conseiller municipal en mai 1900, Auguste Plessard siégea dans l’opposition municipale avec quatre colistiers : Devineau, Delimon et Pinon. Suite à cette élection municipale, le conservateur royaliste Arthur de Lestang de Fins fut élu maire grâce à 7 voix sur 12 et démissionnera en cours de mandat. En juillet de la même année, cette majorité réactionnaire refuse le projet de l’opposition républicaine socialiste de construire « une maison d’école laïque de filles » selon l’édition du 22 juillet du journal Le Parti socialiste ». Mais le projet revient en discussion en mars 1901. La majorité réactionnaire continua à se fragiliser et en mai 1901, une subvention au curé ne fut votée que par 6 voix, 5 contre et 1 abstention.
A cette date, Auguste Plessard avait 56 ans et déclarait la profession de vigneron dans le village des Chaumes où il était domicilié avec sa femme Madeleine (58 ans, née Auger). Une élection partielle renforça en 1903 le groupe avec l’élection de Louis Duquesnay. Les socialistes se trouvaient alors cinq dans un conseil municipal de 12 membres.
La totalité de la liste socialiste fut élue aux élections générales du 1er mai 1904 dans cette commune rurale de Dun-le-Poëlier (1336 habitants, 440 électeurs inscrits et 356 votants). Les socialistes, dans une acception large de ce terme, avaient campagne sur quelques thèmes marquants : le changement puisque « jusqu’à ce jour la majorité du conseil a été réactionnaire et vous devez penser qu’il est grand temps qu’un changement se fasse », la laïcité puisqu’ « aucun membre du clergé ne doit être rétribué par la commune », le refus de la privatisation des biens communaux avec « le bornage de tous les chemins et terrains communaux car les intérêts de la commune sont inaltérables, aucune vente d’un terrain sans un référendum local », l’égalité et l’impartialité puisque « les secours aux malheureux doivent se faire sans tenir compte des opinions politiques ou religieuses ». Cette profession de foi se concluait, comme attendu, d’un vibrant « Vive la République démocratique et sociale ! ».
Auguste Plessard fut le mieux élu avec 194 voix ; le socialiste le moins bien élu obtenant 3 voix de plus que le maire sortant (Doucet) qui, lui, ne retrouva donc pas le chemin du conseil municipal. Le vigneron Auguste Plessard passa alors l’écharpe de maire et l’épicier Constant Devineau fut élu adjoint. Les autres élus socialistes avaient pour noms : Désiré Cordat (cultivateur né en 1867), Louis Galliot (cultivateur né en 1861), Henri Lemaire (cultivateur né en 1870), Ernest Belliard (cultivateur né en 1845), Adrien Guérin (charpentier né en 1857), Bazile Mardon (maçon né en 1860), Louis Gibault (cultivateur né en 1878), Henri Délimon (cultivateur né en 1871), François Lombrage (marchand de grains né en 1861) et Louis Duquesnay (paveur né en 1862) ; soit 7 cultivateurs, 3 ouvriers (artisans) et 2 commerçants.
La liste socialiste (et radicale socialiste pour une part) fut réélue en 1908. Auguste Plessard (PSU) retrouva son écharpe de maire avec Désiré Cordat comme adjoint. Ce conseil, toujours dominé par les agriculteurs, comportait un maçon et deux ouvriers paveurs. En 1912, l’écharpe de maire fut transmise au socialiste et maçon Bazille Mardon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193355, notice PLESSARD Auguste par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 20 juin 2017, dernière modification le 19 juin 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Indre, relevés électoraux. – Recensement 1901. – Journal Le Parti Socialiste. Etat civil.

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