GUILLOTTE André, Romain

Par Gérard Larue

Né le 10 octobre 1905 à Sainte-Marie-de-Vatimesnil arrondissement Les Andelys (Eure), mort le 5 avril 1945 au camp de Dora (commune de Nordhausen, Allemagne) ; briquetier ; militant communiste ; déporté.

Fils de Romain et d’Olympe, née Suna, domestiques agricoles, il avait épousé Maria Marié née le 17 janvier 1906 à Marquais (Somme) qui lui avait donné deux filles et un garçon. La famille demeurait 28 rue Lebrun à Stains (Seine ; Seine-Saint-Denis) depuis octobre 1939, venant du 9 rue de la Villette à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis). Il était employé depuis plusieurs années en qualité de d’ébarbeur aux usines Renault, rue du Point du jour à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine).
Après sa démobilisation, en août 1940, il s’inscrivit aux fonds de chômage de Stains, jusqu’en février 1941, date à laquelle il fut embauché jusqu’au 21 mai 1941 en qualité de chef d’équipe au chantier N° 602 d’organisation de la Région Parisienne à Stains.
Militant du Parti communiste, il poursuivit son combat clandestin. Les policiers affirmèrent « qu’il était en rapport avec d’autres militants de la région, et d’après une fiche biographique saisie, [qu’] il aurait été proposé au cours de l’année 1941, pour occuper le poste de responsable du Parti communiste clandestin de la région de Stains ».
Arrêté le 21 mai 1941 par deux inspecteurs du commissariat d’Asnières (Seine, Hauts-de-Seine) il a été trouvé en possession de comptes rendus de réunions d’un groupe de militants qui furent également incarcérés : Maurice Smith et sa femme Jeanne de Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), Albert Guillermin Albert et Charles Ledieu de Saint-Denis (Seine, Seine Saint Denis).
André Guillotte comparut le 21 septembre 1941 devant le Tribunal d’État qui le condamna à deux ans de prison, cinq ans d’interdiction de séjour, cent francs d’amende et cinq ans d’interdiction de droits civils et politiques pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Lors de cette même audience, ce tribunal d’exception condamna à mort Jean Catelas, député communiste d’Amiens (Somme).
Il purgea quatre mois de prison à la Santé, fut transféré à la Centrale de Melun (Seine-et-Marne), puis au fort de Romainville, enfin en 1943 au camp de Compiègne (Oise). Déporté à Buchenwald (Allemagne) dans le convoi du 25 juin 1943 [composé de 999 hommes dont 446 rentrèrent] il y reçut le matricule 14582, puis fut transféré à Dora Mittelbau, matricule 28193 où il mourut le 4 avril 1945.
Louis Bordes, Maire de Stains dans « Souvenons-nous », écrivit à ce sujet : « André veut, à toute force s’évader, et lors d’un convoi, il s’échappe avec deux de ses camarades [..]. Ses deux camarades réussissent leur évasion, lui sera abattu par les SS à Dora le 5 [?] avril 1945. »
Marthe Guillotte témoigna en octobre 1946 devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara notamment : «  Après une perquisition infructueuse, il a été conduit au commissariat d’Asnières, où il a été frappé sauvagement par les inspecteurs qui avaient procédé à son arrestation, il est resté cinq heures sous un robinet d’eau puis cinq nouvelles heures à genoux sur une règle, ceci afin d’obtenir des aveux. » Elle déposa plainte.
Une plaque commémorative rendant hommage à André Guillotte a été apposée au 28 rue Lebrun à Stains.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193399, notice GUILLOTTE André, Romain par Gérard Larue, version mise en ligne le 21 juin 2017, dernière modification le 22 juin 2017.

Par Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. 1 W 736, CB 81-25 (main courante du commissariat d’Asnières), KB 61, KB 64, KB 100. – Bureau résistance SHD, Caen 16 P 279658 – FMD Livre- Mémorial, liste N° 110, Éd. Tirésias, 2004. – Louis Bordes « Souvenons-nous », service information Mairie de Stains 1981. — État civil en ligne cote NMD (1903-1910) 2 E 6405, vues 48-49.

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