BOULET (ou BOULAY) Raphaël

Par Frédéric Stévenot

Né le 30 juillet 1922 à Petit-Fayt (Nord), victime civile fusillée par les Allemands le 14 juin 1944 à Guise (Aisne) ; ouvrier agricole ; victime civile.

Raphaël Boulet était domicilié à Avesnes-sur-Helpe (Nord). Ouvrier agricole, il était peut-être employé au château de Faÿ à Guise..

Le 5 août 1944, Jean-Baptiste Afchain décrivit ainsi aux gendarmes l’arrestation : « le 14 juin 1944, vers 8 heures, M. Boulet Raphaèle (sic) que je connais depuis son enfance, est arrivé chez moi. Cet homme était accompagné d’un camarade. Son camarade m’était inconnu. Quelques instants plus tard, alors que nous étions en train de discuter, 150 Allemands environ, faisant partie d’une formation de S.S., qui venaient de se battre avec un groupe de résistance, ont fait irruption dans ma ferme. Après avoir fait une perquisition à mon domicile, ils ont emmené tous les hommes présents et nous ont conduits au hameau de Bohéries. Là, nous avons été placés aux côtés d’autres personnes qui s’y trouvaient déjà. Après avoir vérifié nos identités, les Allemands nous ont priés de regagner nos domiciles respectifs, à l’exception de M. Boulet et de son camarade. A mon avis, je crois que ces hommes ont été retenus parce qu’ils n’étaient pas de la région ».

Lors de l’exhumation du 31 juillet 1944, Jean-Baptiste Afchain pu reconnaître Raphaël Boulet grâce aux « vêtements qu’il portait au moment de son arrestation. De plus, il avait encore des pièces d’identité sur lui ». Dans sa déposition du 21 octobre 1944, relative à Suzanne Pelletier, il raconta ce qui suit : « vers 8 heures, les SS sont venus chez moi et ont perquisitionné dans toute la ferme. À cette première perquisition, ils ont été très corrects ; ils n’ont rien volé et se sont bornés seulement à visiter les différentes pièces de la maison et la grange. Boulet et Bucquoy se trouvaient chez moi au moment de cette perquisition. Les Allemands n’ont même pas demandé leurs papiers. Environ une heure plus tard, une quarantaine de SS sont venus à la ferme, ils se sont mis à perquisitionner une deuxième fois, brisant une porte et volant une quantité importante de vivres et de linges. La perquisition a duré plus d’une heure. Boulet et Bucquoy qui étaient encore chez moi, ont été réquisitionnés avec mes fils pour ouvrir une ancienne cave ; ce travail terminé, ils sont descendus à Longchamps sous la garde des S S ». Raphaël Boulet, Bucquoy, Minet et Williot firent partie du groupe de quinze hommes ramassés aux fermes de la Grumelle, la Vallée à l’Orge et Afchain. Ils furent conduits à Bohéries après le renvoi des hommes de Longchamps, reconnus par le maire Houdez, le curé Moreau et, peut-être le régisseur allemand de Proix. Williot n’a pas de papiers sur lui ; Minet a été traité de "terrorist" devant Modeste Moyaert. À Bohéries, tous les quatre n’ont aucun avocat pour parler en leur faveur. Vers quatorze heures, attachés deux par deux au bras, ils arrivèrent en camionnette dans la pâture du château de Faÿ à Guise.. Ils furent obligés de creuser une fosse ; rangés sur le bord face au trou, ils furent tués l’un après l’autre d’une rafale de mitraillette ».

Raphaël Boulet fut réinhumé dans le cimetière de Guise. Son nom figure sur le monument commémoratif du Faÿ à Guise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193471, notice BOULET (ou BOULAY) Raphaël par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 19 février 2020, dernière modification le 20 février 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCE. Site Internet : site personnel de M. Caudron.

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