HÉMERET Étienne

Par Jean-Luc Labbé

Né vers 1909 ; vigneron à Issoudun (Indre) ; militant démocrate socialiste en 1848 ; père de Jean Hémeret, vigneron républicain socialiste en 1874 et blanquiste en 1883.

Vigneron (et fils de vigneron) domicilié au village des Bordes dépendant de la ville d’Issoudun, Etienne Hémeret fit l’objet d’une fiche de police en 1874 alors qu’il avait 65 ans. Il était alors rappelé qu’il avait été capitaine de la garde nationale au début de la Seconde République en 1848 et qu’il avait fait partie de La Marianne, association républicaine socialiste, dont les principaux dirigeants issoldunois furent traduits en justice en 1849 ; notamment Lumet Jean-Baptiste. Si Etienne Hémeret ne figurait pas parmi les militants emprisonnés en décembre 1851, cette fiche de police apportait une explication : « il s’était caché au moment du coup d’Etat » de Louis Napoléon Bonaparte. En 1874, c’était encore « un homme très exalté et dangereux qui fait toujours de la propagande démagogique ; dernièrement (vers 1873 ?) il s’est fait mettre, à cause de ses propos politiques, à la porte de chez M. Doré buraliste aux Bordes ». Cette dernière précision policière donnait à comprendre qu’Etienne Hémeret était ouvrier agricole - journalier et non vigneron propriétaire. Etienne Hémeret était marié à Jeanne Tillier, fille de vigneron aux Bordes.
Une de ses nièces, Elisabeth Hémeret, se maria en 1873 avec Louis Lamamy qui fut conseiller municipal d’Issoudun à partir de 1888, guesdiste (U.S.R.) en 1904 et PSU jusqu’en 1920.
Etienne avait eu (au moins) un fils qui fit lui aussi l’objet d’un signalement politique en 1874 : « HEMERET Jean [marié à une femme née Sadouet, famille de vigneron], 31 ans [né le 10 juin 1843 aux Bordes], vigneron domicilié Rue de la Croix Rouge [Issoudun ville ; ce qui confirme que la famille Hémeret n’était pas propriétaire d’une vigne aux Bordes] ; radical extrême, avocat des loges [militant passant dans les cabanes de vignerons à l’heure du déjeuner], mauvais garnement, homme qui déteste l’administration [pouvoir politique, police, justice etc.]. En décembre 1883, les socialistes blanquistes organisèrent des « comités démocratiques » dans les principaux quartiers de la ville d’Issoudun. Un nommé Hémeret fut élu dans le quartier des faubourgs du nord de la ville. Jean Hémeret, domicilié dans ce quartier et qui devait avoir alors une quarantaine d’années, était probablement ce militant socialiste en lien avec Jean-Félix Fénon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193564, notice HÉMERET Étienne par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 11 juillet 2017, dernière modification le 11 juillet 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Indre, surveillance policière. – L’Éclaireur du Berry, décembre 1883.

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