CHAMPSEIX Jean-Baptiste

Par Gilbert Beaubatie

Né le 3 mars 1908 à Seilhac (Corrèze) ; agriculteur ; dirigeant communiste de Corrèze ; président de la Fédération départementale des exploitants agricoles.

Fils de Pierre, né à Chamboulive (Corrèze) et de Jeanne Vareille, née aux Fourches, commune de Seilhac, Jean-Baptiste Champseix fréquenta d’abord l’école primaire de Seilhac, ensuite celle de Naves (Corrèze), où son père, meunier, exploitait le moulin du Bos en fermage. Puis ses parents firent l’acquisition d’une propriété de 37 ha à Vintéjoux, commune de Seilhac et du proche moulin de Lagorce. À l’âge de dix-huit ans, il quitta sa famille et se rendit à Pithiviers (Loiret) afin de mieux connaître le métier de cultivateur sur de grandes surfaces. Il devint homme à tout faire et berger d’un ingénieur agricole, qui, pour exploiter environ 500 ha, employait une vingtaine d’ouvriers, originaires surtout de Bretagne.

Un an après, il fut incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand, au 3e bataillon cantonné à Riom (Puy-de-Dôme). Désigné d’office pour l’école des cadres (élèves officiers et sous-officiers), il fut reçu dans la catégorie des sous-officiers de réserve. Après sa démobilisation, il rejoignit sa famille à Seilhac et, un an après, se maria avec Odette Fraysse, fille unique d’une famille de cultivateurs, domiciliée à La Méchaussie, commune de Beaumont (Corrèze), où il se fixa définitivement.

En 1932 (1936 selon une autre source), il adhéra au Parti communiste, au sein duquel il milita activement ainsi que dans le syndicalisme agricole. Durant trois ans, sur les conseils de Marius Vazeilles*, il poursuivit des études marxistes par correspondance avec le professeur Bouthonnier*, de Périgueux (Dordogne). Élu président du syndicat agricole de Beaumont, il participa au Congrès départemental de la CGPT tenu à Tulle le 31 décembre 1934. La Voix paysanne du 26 janvier 1935 publia comme exemple de budget paysan celui de Jean-Baptiste Champseix. Chaque année, il intervint aux assemblées générales des syndicats agricoles de la Fédération Faure, dont faisait partie son syndicat, pour dénoncer la mévente des produits agricoles, les difficultés des paysans pour faire face à leurs charges annuelles, et surtout celles des métayers incapables de payer leurs impôts. Il fut élu membre du bureau de la Fédération Faure, puis à la Chambre d’agriculture de la Corrèze.

En 1935, il fut élu conseiller municipal communiste de Beaumont. La « capitulation » de Munich, la dissolution du Parti communiste et la répression qui s’en suivit firent de lui un « résistant », résolu à poursuivre le combat. Il fut déchu de ses mandats pour appartenance au Parti communiste.

Mobilisé au 326e RI de Brive avec le grade de sous-officier, il participa avec son unité à une avancée de 50 km environ en territoire allemand en direction de Sarreguemines. Le repli vite ordonné pour des raisons prétendument stratégiques, mais nullement accompagné d’un minage du terrain évacué, comme d’aucuns le proclamaient, le rendit furieux. Ainsi, à l’occasion de la venue du chanteur Maurice Chevalier dans le camp de Zieming, avec deux amis parisiens, il colla sur les portes des chambres des tracts dénonçant les carences de l’État-major. Peu de temps après, tombé malade, il fut évacué sur l’hôpital de Saint-Dié, où il resta un mois.

Après un mois de permission à Beaumont, il rejoignit le dépôt de Brive et fut affecté à l’aide au repli des réfugiés au moment de l’exode. Démobilisé à Brive, il retourna dans sa famille à Beaumont, où il s’ingénia à reconstituer l’organisation clandestine du Parti communiste dans le département de la Corrèze, puis dans la R5, aux côtés de Georges Lassale*, qui devait être fusillé à Brantôme (Dordogne).

Membre du bureau fédéral communiste en 1953-1964, puis du comité fédéral jusqu’en 1967, il était président de la Fédération départementale des exploitants agricoles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19359, notice CHAMPSEIX Jean-Baptiste par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 21 décembre 2008.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements recueillis auprès de l’intéressé les 21 septembre et 21 décembre 1995.

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