CHANAT Jean, Eugène

Par Yves Le Maner

Né le 20 juin 1910 à Avesnes-sur-Helpe (Nord) ; cheminot ; syndicaliste, secrétaire du syndicat CGT des métaux d’Anzin.

Fils d’Élise Chanat, servante, Jean Chanat perdit sa mère pendant la Première Guerre mondiale et fut élevé par son oncle, Arthur Musmeaux*, dirigeant syndical de Valenciennes et futur député communiste, qui l’amena très jeune au militantisme. Après son CAP, il entra comme ajusteur à l’usine Escaut et Meuse à l’âge de treize ans. Dès l’année suivante, il devint secrétaire du groupe des jeunes syndiqués de Valenciennes-Maubeuge, affilié à la CGTU. Entré aux Jeunesses communistes en 1929, il se trouva au chômage pendant plusieurs années, ne trouvant d’emplois que pour de très brèves périodes. Initialement membre du syndicat des Métaux d’Anzin, il devint secrétaire de la section syndicale CGTU, puis réunifiée, de Raismes, fonction qu’il conserva jusqu’en 1937.
À cette date, il fut embauché à la SNCF. Élu délégué du personnel et secrétaire adjoint du syndicat du dépôt où il travaillait, Chanat fut arrêté en novembre 1938 pour avoir pris part à la grève interdite des cheminots et pour avoir refusé de répondre à l’ordre de réquisition. Licencié, il ne fut réintégré qu’après six mois d’attente. Placé en affectation spéciale lors de la déclaration de guerre, il perdit cet avantage lors de la signature du Pacte germano-soviétique. Mobilisé, il fut blessé par un éclat d’obus en juin 1940 et resta neuf mois dans des hôpitaux alsaciens. Rétabli, démobilisé, il revint à Beuvrages et reprit son activité syndicale dans la clandestinité, aux côtés de Jules Boussingault. Arrêté en septembre 1941, Chanat fut interné aux camps de Doullens, de Pithiviers, puis de Vôves d’où il parvint à s’évader, le 6 mai 1944 et à participer à la Libération.
Il reprit ses fonctions de secrétaire adjoint de son syndicat jusqu’en 1960, date à laquelle il devint secrétaire, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite, en 1967.
Décoré de la croix de guerre 1939-1945, Jean Chanat est également titulaire de plusieurs médailles de la Résistance.
Marié en septembre 1933 à Petit Forest (Nord), divorcé en janvier 1945, il s’était remarié en avril 1947 à Beuvrages avec Denise Colin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19363, notice CHANAT Jean, Eugène par Yves Le Maner, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Yves Le Maner

SOURCES : H. Ieria, mémoire de maîtrise, Lille III, 1974, op. cit. — J.-M. Fossier, op. cit. — État civil d’Avesnes-sur-Helpe (1979 et 2007, pas de mention marginale de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable