LEVEILLÉ Alexis, Louis

Par Tangui Perron

Né le 24 février 1903 à Paris (IVe arr.), mort le 26 février 1997 à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) ; photographe ; militant communiste.

Fils unique, Alexis Leveillé fut, selon le questionnaire biographique qu’il remplit en avril 1945, secrétaire de la Jeunesse communiste du IIIe arrondissement de Paris et secrétaire administratif de la 4e entente des JC avant guerre. Il avait adhéré au Parti communiste et à la CGTU en 1921 et au Secours rouge en 1925 ou 1926. S’il n’avait pas suivi d’école du parti, il avait bénéficié des cours de l’Université populaire, tout en ayant un niveau d’instruction secondaire.

Photographe pour la presse communiste, on trouve de nombreuses traces de ses tirages dans l’Humanité et surtout dans Regards, le périodique illustré qui, sous le Front populaire, participa grandement à renouveler la photographie de reportage et la photographie sociale. Alexis Leveillé signa ainsi plusieurs couvertures et reportages du périodique communiste, qu’ils soient consacrés aux ouvriers de Renault (n° 196 de Regards, 14 octobre 1937), aux enfants espagnols réfugiés en France (n°212, 3 février 1938), à la répression des grèves de novembre 1938 (n°257, 15 décembre 1938) ou aux travailleurs et travailleuses des PTT (n° 266, 16 février 1939). De même, il signa avec Willy Ronis le reportage photographique sur les grèves de Citroën-Javel en mars 1938. Incontestablement, Alexis Leveillé bénéficia de la confiance de la direction de la presse communiste qui le chargea d’illustrer, assez classiquement, des sujets importants de l’actualité politique et sociale.

Ayant effectué son service militaire au sein du 620e régiment de pionniers, avec le grade de caporal, Alexis Leveillé participa aux combats contre l’armée allemande en 1940 et resta en captivité toute la durée de la guerre, jusqu’à sa libération par l’armée américaine, le 21 mars 1945. Fait prisonnier à Saint-Dié le 22 juin 1940, il avait été enfermé durant quatre mois dans la citadelle de Strasbourg à l’instar de nombreux soldats et affecté par la suite dans trois kommandos en Allemagne (Kommando 419 à Ruchem, Kommando 1025 à Steinfeld et kommando d’industrie à Zambrecht). Selon le complément biographique qu’il dactylographia en 1945, le photographe mena, auprès de ses codétenus, une activité clandestine de militant communiste : prise de contact avec des camarades, circulation de l’information, lutte d’influence contre des adversaires politiques, dont des membres du PSF, organisation collective de défense sociale, pour l’amélioration du quotidien. À la stupéfaction des ouvriers allemands, il participa même à une grève de trois heures dans l’usine où il se trouvait affecté.

Le numéro de Regards du 1er juillet 1945 consacré au camp de Mauthausen, annonçait « le retour de captivité de notre camarade Alexis Leveillé, photographe de Regards qui a repris son poste ». Le PCF réadmit le photographe dans ses rangs en mai 1945. Sa femme, sympathisante communiste, travaillait comme teinturière. Leveillé était alors rattaché à la cellule Louis Duquet de la section de Tremblay-lès-Gonesse, aujourd’hui Tremblay-en-France (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). En 1945, le photographe communiste couvrit le procès Pétain (1er août), effectua un long reportage dans l’Allemagne occupée (15 et 30 novembre) où il illustra avec Willy Ronis un papier sur les employés des PTT (30 novembre).

La première moitié de la vie professionnelle et militante d’Alexis Leveillé étant esquissée, reste à éclaircir pourquoi un photographe qui eut une telle activité durant le Front populaire et à la Libération a laissé si peu de traces dans la mémoire et l’histoire, certes débutante, de la photographie ouvrière.

Alexis Leveillé n’a pas eu d’enfant. Son neveu qui a débarrassé son pavillon ne se souvient pas de photos liées à l’histoire sociale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193661, notice LEVEILLÉ Alexis, Louis par Tangui Perron, version mise en ligne le 4 juillet 2017, dernière modification le 11 juillet 2017.

Par Tangui Perron

SOURCES : Arch. Comité national du PCF (questionnaire biographique du 25 avril 1945). — Regards. — État-Civil.

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