BODÉNEZ Yves, François

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 15 novembre 1921 au Relecq-Kerhuon (Finistère), battu à mort le 11 mars 1944 au camp de Dora (Nordhausen, Allemagne) ; électricien ; militant trotskiste, résistant.

Fils de Joseph Bodénez, employé de chemin de fer, et de Andrée Françoise Berthou, sans profession, Yves Bodénez perdit très jeune ses parents et fut élevé par ses grands-parents. Électricien dans le BTP, il travailla à l’arsenal de Brest. Après l’installation à Brest de Robert Cruau auquel il fut présenté par son collègue Gérard Trévien, il intégra le groupe du « Parti ouvrier internationaliste » (POI) qui entreprit un travail de propagande en direction des militaires allemands stationnés dans le secteur. Yves Bodénez rédigea des articles sous le pseudonyme de Huon dans la presse clandestine trotskiste locale(« Le Bulletin Ouvrier et Paysan », « La Bretagne rouge », « Le Front ouvrier »). Il constitua à Kerhuon une cellule de 5 personnes. Il devint l’un des principaux responsables du POI pour la Bretagne.
Yves Bodénez fut arrêté le 6 octobre 1943 rue de Siam à Brest, reconnu par le militaire utilisé par la Gestapo comme indicateur, Konrad Leplow. Il fut emprisonné à Rennes du 7 octobre 1943 au 14 janvier 1944 puis séjourna au camp de Compiègne (Oise) du 15 au 21 janvier 1944 avant d’être dirigé vers le camp de Buchenwald (Allemagne) par le convoi du 22 janvier 1944. Il fut transféré le 16 février à Dora. Le matricule 42.240 lui fut attribué et il fut affecté au Kommando Heckbau-Mittelwerk-Sawasky pour travailler comme électricien dans le tunnel où sont fabriquées les armes secrètes du IIIe Reich V1 et V2. Il contracta une pleurésie le 1er mars après avoir passé une nuit dehors pour une « désinfection ». Hospitalisé le 8 mars à l’infirmerie du camp, il fut matraqué à mort le 11 par un kapo tchèque (la date officielle de son décès est le 23 mars 1944). Ses derniers jours furent relatés par son camarade Gérard Trévien qui avait été déporté avec lui.
Après la guerre, son nom a été donné à une rue de sa ville natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193733, notice BODÉNEZ Yves, François par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 10 juillet 2017, dernière modification le 6 décembre 2021.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : André Calvès, Sans bottes ni médailles – Un trotskyste breton dans la guerre, Ed. La Brêche, Paris, 1984. — André Calvès, « La trahison de Conrad Leplow-octobre 1943 », manuscrit rédigé en 1944 et déposé à la BDIC (consultable en ligne). — Jean-Pierre Cassard, « Les trotskystes en France pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1944) », mémoire de maîtrise, Université Paris 1-Sorbonne, Selio, 1981. — Notice Yves Bodénez sur Wikipédia. — Base de la FMD donne comme date de décès le 23 mars 1944. — État civil.

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