FERRAND Pierre, Mathieu, Gustave, Joseph [Pseudonymes dans la Résistance : Émile, Gaby]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 9 octobre 1923 à Hennebont (Morbihan), abattu le 28 avril 1944 à Pluvigner (Morbihan) ; employé ; réseau Cohors Asturies ; Service national Maquis ; FFC.

Célibataire, Pierre Ferrand était le fils de Joseph Sébastien Ferrand, clerc d’avocat, et d’Élisa Alexandrine Joséphine Le Rouzo, sans profession, domiciliés à Hennebont (Morbihan).

Employé à la base sous-marine de Lorient (Morbihan), Pierre Ferrand fournit au printemps 1943 des renseignements au réseau Cohors Asturies mis sur pied par Jean Cavaillès, et permit à ce dernier de pénétrer clandestinement dans la base. Il constitua autour de lui une équipe de saboteurs.
En janvier 1944, il prit le commandement avec Louis Avry [pseudonyme dans la Résistance : Alain] et Robert Couric [pseudonyme dans la Résistance : Bob] du maquis implanté par le mouvement Service national Maquis dans le village de Poulmein situé sur le territoire de la commune de Baud (Morbihan). Ce maquis était hébergé dans la ferme d’Émile Le Labourer. Les maquisards multipliaient les coups de main contre l’occupant, en particulier les vols de véhicules.
Le 9 février 1944, prévenu par le chef de brigade de gendarmerie de Baud (Morbihan) que les Allemands allaient attaquer le maquis, Pierre Ferrand emmena une grande partie de ses hommes dans le village de Rimaison, situé sur le territoire de la commune de Bieuzy-les-Eaux (Morbihan) où il avait l’intention d’installer un second maquis.
Après l’attaque lancée le 10 février 1944 par la Wehrmacht contre le maquis de Poulmein en Baud, Pierre Ferrand rejoignit à Paris Jean Gosset [pseudonyme dans la Résistance : Christophe], responsable du service Action du réseau Cohors Asturies. Le 20 février 1944, Il participa à l’attaque des usines Hotchkiss à Levallois . Au début du mois d’avril 1944, il participa à une opération de sabotage dans l’usine de roulements à billes Timken à Asnières.
Revenu dans le Morbihan, il y poursuivit son action de renseignement et de sabotage dans la base sous-marine de Lorient et à Hennebont.
Le 28 avril 1944 au matin, Pierre Ferrand et Guy Moisant qui avait exercé avec lui le commandement du maquis de Poulmein, attaquèrent deux employés de la Banque populaire à Auray, et s’emparèrent d’une mallette contenant 70 000 francs pour subvenir aux besoins des maquis. Ils furent interpellés alors qu’ils étaient attablés à l’Hôtel de La Croix blanche à Pluvigner. Leur signalement avait été donné à la Feldgendarmerie d’Auray (Morbihan). Pierre Ferrand fut immédiatement abattu. Grièvement blessé, Guy Moisant décéda le 30 avril 1944 à l’hôpital de Vannes.

Pierre Ferrand a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFC. Une mention additive en marge de son acte de naissance le dit « chargé de mission de 3e classe (sous-lieutenant) des Forces françaises combattantes ».

Dans la Morbihan, le nom de Pierre Ferrand est inscrit sur le monument érigé dans le village de Poulmein en Baud.
À Hennebont, où une rue porte son nom, il figure sur la plaque commémorative dédiée aux « Combattants de la Résistance » quai des Martyrs dans le quartier Saint-Caradec.
À Pluvigner, où une rue de porte son nom, il figure sur la liste « FFI-FTP 1939-1945 » du monument aux morts communal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193767, notice FERRAND Pierre, Mathieu, Gustave, Joseph [Pseudonymes dans la Résistance : Émile, Gaby] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 15 juillet 2017, dernière modification le 15 décembre 2019.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Sur le monument de Poulmein en Baud
Sur le monument de Poulmein en Baud
Quai des martyrs à Hennebont
Quai des martyrs à Hennebont
Sur le monument aux morts communal</br> de Pluvignier
Sur le monument aux morts communal
de Pluvignier
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 183 677. — SHD, Vincennes, GR 16 P 221489. — Arch. Dép. Morbihan, 41 J 9. — Ami entends-tu…, ANACR-56, numéros 70 (1er semestre 1989), 72 (2e semestre 1989), 108 (1er trimestre 1999), et 132 (1er trimestre 2005) et 144 (1er trimestre 2008). — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Kristian Hamon, Le Bezen Perrot : 1944, des nationalistes bretons sou l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2005 et Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Bubryé ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État-civil, Hennebont (acte de naissance) ; Pluvigner (acte de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément