LE SAUCE Jules, Joseph [Pseudonymes dans la Résistance : Julot, Le Rouquin]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 6 juin 1920 à Hennebont (Morbihan), abattu le 7 juin 1944 à Berné (Morbihan) ; FFI.

Jules Le Sauce était le fils de Charles Yves Marie Le Sauce, paveur, et d’Adélaïde Augustine Le Gal, ménagère. Célibataire, il était domicilié à Hennebont (Morbihan).

Il rejoignit le maquis implanté en novembre-décembre 1943 par Henri Bouret [pseudonyme dans la Résistance : Jean-François], chef du Service National Maquis en Bretagne et Maurice Dervieux, responsable de ce mouvement dans le Morbihan, dans le village de Poulmein, situé sur le territoire de la commune de Baud (Morbihan). Composé de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) originaires pour la plupart de la région d’Hennebont et de Lorient, ce maquis fut armé avec l’aide des résistants de la Gendarmerie de Vannes sous les ordres du chef de l’Armée secrète (AS) du Morbihan, Maurice Guillaudot. Placé sous le commandement de Pierre Ferrand [pseudonyme dans la Résistance : Émile], qui travaillait à l’arsenal de Lorient, ce maquis était hébergé dans la ferme d’Émile Le Labourer à Poulmein en Baud.
Le 10 février 1944, à la Croix de Cranne, sur la route conduisant du village de Poulmein au bourg, quatre membres du maquis de Poulmein, armés de revolvers, Robert Couric, François Guyonvarc’h, Jules Le Sauce et Albert Rousseau, se trouvèrent face à un détachement allemand guidé par le dénonciateur Le Gallo. Ils réussirent à se dégager en abattant l’officier qui commandait ce détachement, le dénonciateur et plusieurs soldats, puis ils coururent donner l’alerte à Poulmein. Dans sa hâte, François Guyonvarc’h perdit ses papiers. À Poulmein, Raymond Couric, en l’absence de Pierre Ferrand, donna l’ordre de quitter la ferme. Plusieurs maquisards décidèrent de rester et de charger les vêtements et les armes stockés dans la ferme sur une charrette pour les évacuer. C’est alors que la ferme fut encerclée par des soldats géorgiens appartenant à une « unité de l’Est » armés par la Wehrmacht. Le jeune Mathurin Henrio, âgé de 14 ans, qui arrivait à la ferme pour rapporter à Raymond Guyonvarc’h les papiers qu’il avait perdus à la Croix de Cranne, fut abattu. Le fermier Émile Le Labourer fut attaché à un arbre et torturé à mort, sa ferme pillée et incendiée. Le maquisard Georges Lestréhan fut torturé et abattu. Ses camarades Eugène Thomas et Pierre Lantil, qui étaient parvenus à se débarrasser de leurs armes, furent faits prisonniers. Un peu plus tard, Alphonse Bouler qui arrivait à la ferme pour livrer du bois au maquis fut abattu à son tour. Jules Le Sauce fit partie des maquisards qui parvinrent à se replier.

Le 7 juin 1944, surpris par une patrouille allemande qui effectuait un contrôle dans le village de Kergaer en Berné, Jules Le Sauce fit usage de son révolver en tirant sur les soldats allemands pour tenter de se dégager, mais succomba sous le nombre et fut abattu.
Selon l’acte de décès numéro 33 dressé en mairie de Berné le 30 juin 1945, « le corps d’un patriote tué par les Allemands à la Croix des nations en Berné le 7 juin 1944 et inhumé au cimetière du Faouët le 12 août 1944 » a été reconnu comme étant celui de Jules Le Sauce par Gilberte Le Gal, domiciliée à Hennebont.

Jules Le Sauce a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été attribué.

À Berné, le nom de Jules Le Sauce est inscrit sur la stèle commémorative de Kergaër et sur le monument des fusillés érigé en 1957 sur le bord de la RN 782.
À Hennebont, où une rue porte son nom, il figure sur la plaque commémorative érigée à la mémoire des « Combattants de la Résistance » quai des Martyrs, dans le quartier Saint-Caradec.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article193812, notice LE SAUCE Jules, Joseph [Pseudonymes dans la Résistance : Julot, Le Rouquin] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 17 juillet 2017, dernière modification le 15 décembre 2019.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Sur la stèle de Kergaër en Berné
Sur la stèle de Kergaër en Berné
Sur le monument des fusillés de Berné
Sur le monument des fusillés de Berné
Quai des martyrs à Hennebont
Quai des martyrs à Hennebont
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 366871. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Les Maquisards chez nous en 1944. Gourin-Le Faouët-Guéméné et Morbihan-Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse-Bretagne-Quéven-Morbihan, 2013 — " Lieux mémoriels en Morbihan-Berné ", dossiers en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Hennebont (acte de naissance) ; Berné (acte de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément