CHANTRE

Par Jacques Girault

CHANTRE Jacques
Né le 28 octobre 1921 à Nérac (Lot-et-Garonne) ; instituteur dans le Lot-et-Garonne ; résistant ; militant communiste.

Fils d’un facteur, Jacques Chantre effectua ses études à l’école primaire supérieure de Nérac et obtint le brevet supérieur en 1941 à Agen. Il devint instituteur intérimaire à Gajac (octobre-novembre 1941) puis, pendant l’année scolaire à Durance, avant d’être stagiaire à Lescar (Basses-Pyrénées/Atlantiques) en 1942-1943. Convoqué aux chantiers de jeunesse en juillet 1943, neveu de Pierre Chantre, cheminot, syndicaliste et résistant, il rejoignit à Frespech le groupe FTPF Arthur sous les ordres du commandant Delacourtie. Il participa à des sabotages ferroviaires, à des collectes financières, avec parfois des vols dans les mairies pour le ravitaillement. Arrêté le 9 octobre 1943 à Lamagistère (Tarn-et-Garonne), après des sabotages, incarcéré à la maison d’arrêt d’Agen (Lot-et-Garonne), condamné à sept ans de réclusion, transféré le 23 décembre 1943 à la maison centrale d’Eysses, il participa à l’insurrection du 19 février 1944. Le 30 mai 1944, condamné à la déportation, il participa aux déplacements vers Bordeaux puis vers Compiègne et Dachau. Interné dans un camp disciplinaire à Albach, libéré par l’armée américaine le 29 avril 1945, il fut rapatrié le 2 juin 1945 atteint de tuberculose.

Jacques Chantre obtint le certificat d’aptitude pédagogique et reprit son métier d’instituteur à Pindères. De janvier 1947 à la fin de septembre 1948, en congé de maladie, il retrouva son travail (octobre 1947-septembre 1951) à l’école de Puy-Fort-Éguille à Nérac. Pour avoir protesté, le 14 septembre 1950, contre la violation de la liberté individuelle des Espagnols, le 30 septembre 1950, il fut suspendu provisoirement de ses fonctions avec maintien de traitement. Le bureau national du Syndicat national des instituteurs, le 6 décembre 1950, demanda sa réintégration. Parmi les nombreuses autres protestations figurèrent les sections départementales du Syndicat autonome des instituteurs, du Syndicat national des instituteurs, de la Fédération des déportés, internés, résistants et patriotes, de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, du Syndicat de l’enseignement laïque du Finistère, du Comité départemental de liaison des combattants du Rhône et des parents d’élèves. Mais le maire de Nérac, Gabriel Lapeyrusse, socialiste SFIO, puis RPF et RGR, désireux de se débarrasser d’un instituteur communiste, obtint du ministre de l’Instruction publique son déplacement à l’école de garçons de Casteljaloux où il resta jusqu’en 1958 avant d’être nommé en 1958 à Lavardac et de retrouver un poste à Nérac où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1976.

Membre de la Délégation départementale des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du Lot-et-Garonne, il témoigna souvent dans les établissements scolaires. Il présida le comité de Nérac de l’Association nationale des Anciens combattants et Amis de la Résistance.

Marié en janvier 1946 à Nérac avec une linotypiste, fille d’un maçon d’origine italienne habitant Nérac, divorcé en 1950, Jacques Chantre se remaria en mars 1951 à Nérac avec la fille d’un cultivateur, installé à Dublineau (Algérie, département d’Oran). Le couple eut quatre enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19386, notice CHANTRE par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Jacques Girault

Iconographie : Photo de Jacques Chantre (fiche sur le site « lesresistances.france3.fr.documentaire-pp ».

SOURCES : Arch. Dép. Lot-et-Garonne (Dominique Texier-Favier), série T non classée, 1737 W 5. — Presse syndicale.

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