CHAPDEVILLE Guillaume dit Guy

Par Claude Pennetier

Né le 1er mai 1897 à Badefols-d’Ans (Dordogne), mort le 5 juin 1961 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; instituteur ; syndicaliste au Maroc ; militant communiste de Dordogne et résistant.

Sur l’acte de naissance de Guillaume Chapdeville, son père et sa mère étaient déclarés sans profession. Il entra à l’École normale d’instituteurs de Périgueux, obtint le brevet supérieur, puis fut mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, en janvier 1916, au 50e RI. Il fut blessé le 27 mai 1918.

Pacifiste convaincu, il adhéra au Parti communiste dès 1920. Militant de la CGTU, arrivé au Maroc en octobre 1923, à Casablanca, il continua à adhérer à la CGTU et à partir de 1924 fut membre du bureau de l’Amicale des membres de l’enseignement primaire. Il devint secrétaire adjoint de 1926 à 1929 de la section marocaine du Syndicat national CGT des instituteurs de France.

Pendant son séjour à Maroc, il adhéra à la SFIO comme le faisaient de nombreux communisants, le Parti communiste étant absent. Revenu dans le Périgord, instituteur à Périgueux à l’école du quartier Saint-Martin, il fut un communiste actif, membre du bureau régional (1934) avant d’être blâmé en décembre 1937 et semble-t-il exclu, ou du moins démissionnaire-exclu en janvier 1938. La Dordogne était alors touchée par une série de ruptures et d’exclusions, en particulier celle l’instituteur Lucien Dutard qui voulait protester comme les procès de Moscou. Chapdeville était en conflit avec un autre écarté, André Toulza qui évolua vers le doriotisme.

Il avait été secrétaire départemental du Secours populaire en 1938. Son rôle fut très actif dans l’aide à l’Espagne républicaine : selon la police, il "s’est rendu à plusieurs reprises dans la région de Barcelone et, à l’arrivée de réfugiés républicains ou des miliciens des brigades internationales, les avait accompagnés pour régulariser leur situation d’étranger".

Mobilisé en 1939, Chapdeville fut confronté à la signature du Pacte germano-soviétique : "Je n’ai pas compris" écrira-t-il en 1948, mais face à la pression des autorités militaires il défendit le PCF et l’URSS. Surveillé par la police comme "individu sournois [...] sujet douteux". Il fut un responsable départemental du Front national en septembre 1942 et fut déplacé par l’administration en Corrèze (Ladignac-le-Long) en 1943 pour avoir organisé une manifestation interdite, le jour de la fête nationale. Il rejoignit alors la résistance communiste et devint membre de l’état-major FTP de Corrèze et commissaire aux opérations dans ce département. Revenu peu avant la Libération en Dordogne, il devint membre du Comité départemental de Libération sous l’étiquette Front national puis vice-président en février 1945.

Maire adjoint de Périgueux élu en avril 1945, dans la municipalité de Pierre Pugnet, il fut candidat en quatrième position sur la liste communiste en 1947 et figura parmi les onze élus de cette liste. Il fut réélu en 1953.

La Commission central de contrôle politique étudia son cas en août 1945 et le réintégra sur la base des "son activité clandestine". Un rapport fédéral le présentait comme un "Vieux militant doué et très dévoué, intelligent et très sûr, délégué du parti au CDL". Il fut envisagé comme directeur adjoint du quotidien Ce soir, mais Péron émis un avis défavorable. Il quitta par la suite la Dordogne pour rejoindre sa fille Linette installée à Cannes.

Il s’était marié en mai 1921 à Vauxains (Dordogne) avec Marguerite Petit, titulaire du CEP. Celle-ci fut secrétaire départementale du Comité des femmes contre le fascisme mais elle fut exclue du Parti communiste fin 1937, puis réintégrée en juin 1948 pour "l’aide rendue aux réfugiés espagnols" et services rendus à l’UFF.

Son gendre, Pierre Lanxade, chef de groupe FTP, membre de l’état-major FFI de Dordogne, fut tué le 29 juin 1944 lors d’un accrochage avec les Allemands. Cette perte l’affecta profondément.

Décédé le 5 juin 1961 à Arles (Bouches-du-Rhône), Guillaume Chapdeville fut inhumé, à Bourg-du-Bost (Dordogne), le 8 juin. Il était titulaire de la croix de guerre et de la légion d’honneur (1948).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19397, notice CHAPDEVILLE Guillaume dit Guy par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 5 avril 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Mun. Périgueux.— Albert Ayache, Histoire du mouvement syndical au Maroc, tome I, 1919-1942. — J.-J. Gillot, Les Communistes en Périgord, op. cit. — État civil. — Un fonds d’archives privées portant son nom et celui de son gendre a été déposé aux archives départementales (cote J 2.494).— Note de Jean-Pierre Besse.

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