THÉRET Henri

Par Jean-Luc Labbé

Né le 21 avril 1861 à Châteauroux ; ouvrier tisserand chez Balsan ; syndicaliste autonome à Châteauroux (Indre) de 1900 à 1917.

Fils de Paul Théret, corroyeur, et de Rose Célérier, domicilié 22 rue de l’Ecuelle en 1901 et rue Petite Saint-Christophe en 1914, Henri Théret était ouvrier à la manufacture du parc (Usine Balsan) à Châteauroux, principale usine de droit privé avec environ 700 salariés dont un tiers de femmes.
Henri Théret fut à l’origine de la création du Syndicat des ouvriers et ouvrières de la manufacture de drap qui compta 165 membres au dépôt des statuts en mars 1900 mais seulement une soixantaine en 1906 et une cinquantaine en moyenne jusqu’en 1914.
Elu président lors de la formation du syndicat, il le resta jusqu’au déclenchement de la 1ère guerre mondiale. En 1901, il revint sur les motivations ouvrières : « La création fut décidée à la suite du chômage de l’année 1899 et de quelques incidents d’ateliers. Dans une réunion qui a eu lieu à la Mairie le 18 mars 1900 les statuts y furent préparés et adoptés. Cette association a pour but de venir en aide à ses membres en toutes circonstances. Nous comptons davantage sur l’effet moral que sur des résultats palpables. Sans avoir eu le temps de créer une caisse de secours de maladie nous avons secouru plusieurs malades avec des secours pris sur notre caisse syndicale. »
Lors de la création de la Bourse du travail de Châteauroux en 1901, les syndicats CGT de la métallurgie et du bâtiment impriment une orientation révolutionnaire. Henri Théret mit alors des conditions à l’adhésion de son syndicat et il tint à le faire savoir tant au maire qu’au préfet : « Le syndicat n’est ni fédéré ni confédéré, il adhère à la Bourse du travail à la condition de ne pas être associé à des délibérations sur des orientations syndicales ou politiques. » Ce fut à ces conditions que René Pasquet reçut mandat de son syndicat pour siéger à la commission de propagande de la Bourse du Travail CGT.
Propriété de la famille Balsan, la direction de la manufacture mettait en œuvre une gestion du personnel mêlant une surveillance étroite à un capitaliste chrétien : construction de logements, mutuelle, médecin d’entreprise, école privée. Charles Balsan était député depuis 1889 (conservateur, royaliste, rallié au régime républicain) et ne fut battu qu’en 1902 par le maire radical de Châteauroux. En 1905, pour réaffirmer l’orientation de son organisation, Henri Théret en changea le nom pour prendre celui d’Union fraternelle des ouvriers en drap de Châteauroux.
Henri Théret était toujours président lorsque commença la 1ère guerre mondiale et que l’usine Balsan produisit le drap bleu horizon pour la fabrication des uniformes militaires. Henri Théret était encore président du syndicat en 1917, année au cours de laquelle il fut remplacé par Louis Trouvé, adjoint d’Henri Théret depuis la création du syndicat en 1900.
De 1880 à 1918, aucun arrêt de travail ne fut signalé dans la manufacture de draps Balsan. En 1920, dans un contexte national de mobilisations sociales et de fixation d’un salaire minimum dans l’industrie textile, L’Union fraternelle retrouva son appellation d’origine et le Syndicat des ouvriers en draps adhéra à la Fédération CGT du textile et de l’habillement ainsi qu’à la confédération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194139, notice THÉRET Henri par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 3 août 2017, dernière modification le 3 août 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Indre. – Arch. de l’UD CGT Indre.

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