CHAPONNAIS, Henri, Léon

Par Émilie Willemin

Né le 7 janvier 1892 à Domfront (Orne), mort le 25 avril 1953 à Paris (VIe arr.) ; professeur adjoint, surveillant général, puis censeur ; militant syndicaliste de la FGE puis de la FEN.

Fils d’Henri, charron, et de Léonie Langlois, sans profession, Henri Chaponnais poursuivit des études secondaires et obtint son baccalauréat sciences-mathématiques à Caen (Calvados) en 1910. Il fut répétiteur stagiaire au collège de Mortain (Manche) en 1910, titularisé au collège de Falaise (Calvados) où il exerça de janvier 1912 à l’été 1914.

Mobilisé le 8 août 1914 au 153e Régiment d’infanterie, il combattit sur le front à partir de janvier 1915 comme sergent, et fut blessé deux fois : le 30 mars 1915 à Zonnebecke (Belgique), puis lors de la bataille de la Somme, le 30 juillet 1916, combat au cours duquel sa conduite lui valut une citation à l’ordre de son régiment puis plus tard la médaille militaire. Amputé de deux doigts à la main droite et ne pouvant servir de cette main en raison d’une raideur des doigts restants – ce qui lui valut une pension d’invalidité à 65 % – , il fut réformé le 25 novembre 1916 et démobilisé en février 1917.

Tout en étant surveillant d’internat au lycée de Caen, Henri Chaponnais reprit ses études et termina à la fin de l’année scolaire 1917-1918 sa licence de sciences (mathématiques générales, calcul différentiel et intégral, mécanique). Licencié, il fut nommé, à la rentrée d’octobre 1918, répétiteur au lycée de Saint-Omer (Pas-de-Calais), chargé d’enseignement des mathématiques. Il souhaitait préparer l’agrégation qui n’avait pas eu lieu durant la guerre, mais les concours de 1919 et 1920 réservés aux anciens combattants, furent seulement ouverts aux licenciés d’avant 1914. Muté répétiteur dans la capitale, au lycée Charlemagne en 1919, il passa, à partir de la rentrée 1920, au lycée Saint-Louis où il demeura jusqu’en 1933. Il fut chargé de répétitorat dans les classes préparatoires aux grandes écoles : de 1921 à 1923, à l’École centrale ; en 1924-1925, à l’École navale. En avril 1928, il fut promu professeur adjoint. Il s’était marié le 29 novembre 1921 à Paris (VIe) avec Maytée Fauvergne ; le couple n’eut pas d’enfant.

Henri Chaponnais milita très tôt syndicalement mais en mars 1921, il n’obtint que deux voix aux élections au Comité consultatif de l’enseignement public (section enseignement secondaire). Quelques années plus tard, au congrès national d’avril 1928 du Syndicat national des professeurs adjoints, répétiteurs et répétitrices des lycées de France, en tant que président de la section régionale de Paris, il intervint à propos de la classification des lycées parisiens et de la nomination à Paris des répétiteurs désireux de préparer l’agrégation, demandant qu’on leur réserve les postes dans les lycées proches de la Sorbonne et devint secrétaire adjoint. À un moment où la question de la fusion entre les deux syndicats des PA, répétiteurs et répétitrices, des lycées et collèges était posée, fut mise en place une Union provisoire dont il fut désigné secrétaire général. Guy Mollet, membre du bureau du syndicat des collèges poussait particulièrement à cette fusion. Cependant, Henri Chaponnais, devenu également secrétaire général de son syndicat au congrès de Pâques 1931, disait en être partisan à titre personnel mais estimait que sa base n’était pas mûre. Il fallut attendre le congrès d’avril 1933, pour que cette fusion se réalise ; il devint alors le secrétaire général du nouveau Syndicat national des professeurs adjoints, répétiteurs et répétitrices des collèges et lycées de France et des colonies.

Les syndicats, puis le syndicat étant affiliés à Fédération générale de l’enseignement (CGT), Henri Chaponnais siégeait à la commission administrative de la fédération et en était co-secrétaire aux affaires corporatives ; il était également membre de la CA de la Fédération générale des fonctionnaires. À ce titre, il siégeait au conseil de discipline des répétiteurs de lycée et fut élu en mars 1933 au Comité consultatif de l’Enseignement public (section secondaire) avec pour suppléant Richard, responsable du syndicat des collèges. Selon la police, se tenant « sur une prudente réserve », ses sympathies allaient vers le Parti socialiste SFIO.

Henri Chaponnais ne resta que quelques mois secrétaire général, car en juillet 1933, il obtint une délégation de surveillant général au lycée Hoche de Versailles (Seine-et-Oise), si bien qu’il fut remplacé à la rentrée, jusqu’au congrès suivant, par Monnanteuil. L’année suivante, il revint au lycée Saint-Louis, où il fut titularisé surveillant général en janvier 1935 : il était alors responsable du quartier des élèves préparant à Saint-Cyr et à l’École navale. En juillet 1938, il fut délégué dans les fonctions de censeur au lycée d’Amiens (Somme), puis en août au lycée mixte de 1 200 élèves du Havre (Seine-Inférieure/Maritime).

En janvier 1941, le proviseur du lycée du Havre étant muté à Rouen (Seine-Inférieure/Maritime), il le remplaça dans des conditions difficiles car la ville était alors bombardée. Il ne reçut pas les fonctions d’ordonnateur, confiées au proviseur d’un lycée de Rouen. Après des lettres de protestation au Directeur de l’enseignement secondaire, le préfet régional émit, en juillet 1942, un avis favorable, notamment grâce à ses faits de guerre et à son loyalisme envers le gouvernement de Vichy. En 1941, il avait calmé une agitation gaulliste menée par quelques élèves de son lycée. En juillet 1942, il revint au lycée Saint-Louis à Paris comme censeur.

Henri Chaponnais adhéra à l’Amicale des censeurs dès sa nomination. Après la Libération, il adhéra au syndicat affilié à la Fédération de l’Éducation nationale, dont il fut le secrétaire général adjoint de 1947 à 1952. Il œuvra pour la fusion avec le syndicat des proviseurs et faisait régulièrement partie des délégations aux congrès de ce syndicat. Il fit partie de la commission fondée lors du congrès de Pâques 1951 en vue d’un syndicat unique des administrateurs des lycées et collèges. Il fit également partie du bureau intersyndical des administrateurs de lycées et collèges fondé en juin 1951, et du bureau d’action commune, issu de la commission. De 1948 à 1952, candidat sur la liste FEN, il était élu suppléant à la commission administrative paritaire nationale n°1 du personnel administratif.

Selon le bulletin du syndicat des censeurs, lors de son décès, la cérémonie funèbre se déroula à la chapelle du lycée Saint-Louis, le Directeur de l’enseignement de second degré étant représenté par un inspecteur général.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19419, notice CHAPONNAIS, Henri, Léon par Émilie Willemin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 15 juin 2020.

Par Émilie Willemin

SOURCES : Arch. Nat., F17/27 480. — Arch. Ppo, 304, avril 1930, et 306, décembre 1932. — Arch. Dép. Orne (état civil et registres matricules en ligne). — Journal officiel, décrets et lois 1921, 1933, 1938. — Arch. IRHSES (instances consultatives).— Le Professeur-adjoint des lycées et Le Professeur-adjoint, section collèges, 1928-1933 (BNF, Gallica).— Bulletin de l’Association amicale des censeurs des lycées nationaux ; Bulletin du Syndicat national des censeurs des lycées français. — Le Professeur Adjoint. Section Collèges, 1e année, n°1, avril 1928, p. 10. — Lisette Calderan et Catherine Zoukerman,Le syndicalisme de l’enseignement secondaire entre les deux guerres à travers deux syndicats de catégorie : les répétiteurs, les maîtres d’internat, mémoire de maîtrise, Paris 1, 1975. — DBMOF. — Notes de Louis Botella, Alain Dalançon et Jacques Girault.

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