GAULT Marcel

Né le 28 décembre 1899 à Remiremont (Vosges), mort en 1989 à Commarin ; artiste peintre ; syndicaliste et communiste.

Gravure de 1932 sur les thèmes de la guerre et de la crise
Gravure de 1932 sur les thèmes de la guerre et de la crise

Né à Remiremont (Vosges) dans une famille ouvrière, Marcel Gault a été élève de l’École des Beaux-arts de Dijon.

Il commença par la photographie et il aurait même exposé à Paris. À partir des années trente, il débuta la gravure sur bois ou laiton, avec un travail qualifié par le critique d’art Yvanhoé Rambosson comme “plein de franchise” (Comoedia, 28 septembre 1934). Il réalisa des bois-gravés sociaux dans les années trente. Il exposait alors ses oeuvres au Salon de la Société artistique et littéraire bourguignonne l’Essor qu’il vendait pour un prix très modique (1 ou 2 francs). Pendant le Salon de 1931, l’État acquit plusieurs de ses bois gravés (série intitulée "Les Paysans"). Il donna aussi des lithographies à la presse (ABC Magazine, "La Chasse", Janvier-Mai 1928). Ce fut donc d’abord comme graveur qu’il se fit apprécier, connaissant, à l’échelle régionale, son “heure de gloire” comme peintre dans les années cinquante. Il a en effet abandonné la gravure en 1948, sans doute en partie à cause de sa mauvaise vue.

Marcel Gault était ouvrier agricole à Beire-Le Châtel (Côte-d’Or) dans les années trente. Plus tard, il a aussi été métallurgiste pour l’usine Pétolat de Dijon, une entreprise fabriquant des wagons de chemin de fer, travaillant une partie de l’année, peignant le reste du temps, changeant souvent d’employeur.

En 1934, il est responsable de la section communiste de Bure où il résidait. Il était également pacifiste et syndicaliste et adhéra à l’Association des peintres et des artistes révolutionnaires et demanda à créer en 1933 une section en Côte-d’Or (le secrétaire-adjoint lui confirma par lettre du 3 avril 1933, le soutien de l’AEAR). Il participa d’ailleurs à l’Exposition des Artistes révolutionnaires organisée par Matei Rosianu (1897-1969) et Aragon à la Porte de Versailles à Paris, en janvier et février 1934.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’évada d’Allemagne et s’engagea dans la Résistance à son retour en France. Il s’enrôla dans les F.F.I.. Sa fiche de démobilisation indique que son dernier appel (ou rappel) sous les drapeaux datait du 15 septembre 1944 et qu’il avait été mobilisé par le Bataillon du Génie de bordeaux. En décembre 1944, il appartenait au 18e bataillon du Geuré (permission autorisée le 24 décembre 1944 depuis Saint-Vicent de Paul).

Il fut démobilisé le 31 juillet 1945 comme caporal, au camp du Polo-Beyris à Bayonne par le Chef de Bataillon de Majoubert, commandant du dépôt de P.G. N° 189 de Bayonne Beyris. Ce camp qui avait d’abord interné des réfugiés espagnols, fut à partir de novembre 1940 un camp de prisonniers issus surtout des troupes coloniales (Frontstalag 222). A la Libération, il détenait des prisonniers allemands et des collaborateurs. Sa sœur, également résistante, mourut tragiquement lors d’une opération.

Sa première exposition personnelle n’eut lieu qu’en 1954 au Studio Darcy à Dijon. La majeure partie de son œuvre dépeignait la vie des travailleurs, en particulier celle du monde agricole. Il s’est aussi beaucoup inspiré par la Bourgogne, qu’il a illustrée notamment dans la presse. Il a également donné des bois gravés pour le livre de Le Bareuzai, Propos à la bonne franquette en 1938.

En 1939, le directeur de l’École des Beaux-arts lui aurait promis un poste de professeur. La guerre empêcha cependant le projet. Après 1945, comme André Claudot, il tenta à nouveau de briguer un poste de professeur de dessin, sans succès. Communiste, il donnait dessins, tracts et affiches aux organisations de la région, illustrant pendant la guerre d’Algérie un périodique clandestin diffusés aux usines Pétolat.
_Son œuvre des années quarante et cinquante conserve en grande partie les mêmes thèmes ouvriéristes et régionaux (Portrait de deux ouvriers, Vue des usines Pétolat), 1958). Cependant, Marcel Gault continue d’exposer par intermittence (en 1950 et entre 1953 et 1955) au Salon de l’Essor, que Claudot avait pourtant définitivement quitté pour des raisons politiques en 1949.

C’est sans doute à la même époque qu’il donna des œuvres représentant des vendangeurs et vendangeuses à la Fédération communiste de la Côte d’Or.

Dans les années soixante, retiré dans une maison de régisseur à Commarin, l’artiste devient L’Homme aux chats (il en a douze), du nom d’un de ses autoportraits. Il reste peu d’oeuvres de sa production, car beaucoup de ses aquarelles, lithographies ou sanguines ont été volées lors de son enterrement. Il décède en 1989 à Commarin.

La militante Saura Lacaze est dépositaire de ses archives.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194210, notice GAULT Marcel, version mise en ligne le 28 juillet 2017, dernière modification le 20 août 2020.
Gravure de 1932 sur les thèmes de la guerre et de la crise
Gravure de 1932 sur les thèmes de la guerre et de la crise
Gravure de 1933
Gravure de 1933

SOURCES : Notes de Rachel Mazuy. — Le Bien Public, 24 février 2013. —Témoignage en hommage à Marcel Gault à Châteauneuf-en-Auxois de Saura Ianelli-Lacaze le 4 juin 2019 (https://www.youtube.com/watch?v=ur_25S3TEbo) — Comoedia,, 21 septembre 1931 — ABC Magazine, janvier-mai 1928 — Le Bareuzai, Propos à la bonne franquette , Imprimerie Poirson, Autun, 1938 — AN, F/21/6791 (achat de l’État) — Vente Sadde, Dijon, 2013. Archives Marcel Gault.

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