TOUTAIN Pierre, Roger, Yves

Par Jacques Defortescu

Né le 26 mars 1944 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; instituteur ; militant syndical du SNI puis SNI-PEGC ; militant communiste, militant pacifiste et associatif.

Pierre Toutain en 2013
©J. Defortescu

Pierre Toutain était le fils de Roger Toutain couvreur, plombier-zingueur, puis surveillant de travaux à la Ville du Havre, et d’Yvette Poultier, sténodactylo chez Vannier (négoce de café) au Havre. Son père fut membre des « Loisirs coopératifs havrais », dirigé par Henri Changeur (depuis 1919), une association d’éducation populaire qui laissa des traces dans son activité. Il fut aussi membre dirigeant de « L’étoile de Frileuse », un club cycliste local, et participa un temps aux activités de l’Amicale laïque de l’école Massillon.

Ce ne sont pas ses parents qui influèrent politiquement Pierre Toutain, son père étant plutôt apolitique , mais Joëlle Le Griffon (sa future épouse) et Pierre Le Griffon, son père ; ce dernier, militant du Mouvement de la paix, combattit la guerre au Viêt-Nam, la guerre d’Algérie et s’engagea politiquement et syndicalement, même s’il ne fut adhérent à aucun parti.

Pierre Toutain était l’aîné de quatre enfants : Françoise, née le 8 juillet 1945, Robert né le 5 février 1948 et Anne-Marie, née le 16 juillet 1949.

Après sa scolarité primaire à l’école du quartier Massillon au Havre jusqu’en 1955, il fréquenta le collège moderne de 1955 à 1959, où il passa son certificat d’études primaires en 1958 puis son BEPC en 1959. De 1959 à 1963 il fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Rouen où il obtint le bac puis le CEFN (certificat de fin d’études normales). Il devint en 1963 instituteur à Rouen à l’école Vauquelin (quartier Saint-Sever) puis fut muté, à sa demande, en 1964 à l’école Paul Bert au Havre.

Parti au service militaire en 1965 au centre d’instruction des transmissions de Cahors, il fut muté la même année à l’école militaire préparatoire et technique du Mans, comme surveillant /éducateur auprès des enfants de troupes (de la 6e au bac).

Membre du Mouvement de la Paix depuis 1965, aux côtés de Joëlle et Pierre Le Griffon, dans les années 1967-1968, il participa à la création dans le quartier d’Aplemont au Havre, avec les prêtres Chapelin et Lacroix, d’un comité de la paix, dont la durée fut éphémère. Il participa de manière active en 1968 à l’opération « Un bateau pour le Viêt-Nam ».
En effet, le 18 février 1968, Le cargo Akademik-Krilov venant de Leningrad, fit escale pour charger les 600 tonnes de matériel que représentait le produit des collectes de la campagne du « Bateau pour le Vietnam » dans la moitié nord de la France. Malgré une brume épaisse, plus de 3 000 Havrais, formèrent un long cortège, boulevard d’Harfleur, et se dirigèrent jusqu’au quai en criant leur solidarité avec le combat du peuple vietnamien. Un autre bateau partit également de Marseille à la même époque.

Après les grèves de 1968, il adhéra au PCF. Il était alors rattaché à la cellule Feldman de la section Havre Nord Est, dont le secrétaire de section était Bernard Lelièvre.
À partir de 1969, habitant désormais à Gonfreville l’Orcher, il fut élu secrétaire de cellule, puis au secrétariat de section, et pendant quelques années, il diffusait l’Humanité. Il créa un CDH (Comité de défense de l’Humanité) où il alla jusqu’à diffuser 90 Humanité. Il participa activement à la campagne contre l’élargissement du traité de Maastricht en 2005 et quitta le PCF en 2009.

Libéré du Service militaire en décembre 1966, il fut nommé en janvier 1967, instituteur à Gournay en Caux (village de la commune de Gonfreville-l’Orcher, dans l’agglomération havraise). C’est dans cette commune où travaillait déjà Joëlle Le Griffon qu’ il effectua toute sa carrière jusqu’en 1999. En 1990, il fut nommé directeur de cette école.

Dès 1962, Pierre Toutain adhéra au Syndicat national des instituteurs, devenu SNI-PEGC en 1976. En 1972, élu de la tendance "Unité et Action" du bureau havrais, il milita avec d’autres camarades, pour la décentralisation du groupe havrais, en créant sur les communes d’Harfleur, Gonfreville l’Orcher et Gainneville, un groupe cantonal.
Le premier bureau, composé alors de Josette Hazard (école A. Gide), Daniel Baron (école des Caraques), Michèle Touzan (école Arthur Fleury), Michel Mouette (école Pasteur) et Pierre Toutain (école de Gournay) l’élit en tant que secrétaire.
Ce groupe cantonal eut une intense activité avec les conseils de parents d’élèves. L’objectif principal était une activité de terrain associant les parents d’élèves à chaque occasion, contre les fermetures de classe et pour l’amélioration des conditions d’enseignement. Distribuant systématiquement des tracts pendant la pause méridienne, dans les écoles du canton, et soutenu à cette occasion par des collègues, organisant parfois des classes « sauvages » sur le marché d’Harfleur, coordonnant des manifestations ou des conférences, ce groupe cantonal fut très actif jusqu’à l’éclatement de la FEN en 1992. Pierre Toutain resta secrétaire du groupe cantonal jusqu’en 1994, et adhéra au SNUipp-FSU

En 1993, il découvrit la question de l’existence et du combat du peuple Saharaoui pour son autodétermination et pour la libération de son territoire occupé par le Maroc depuis 1975. La ville de Gonfreville l’Orcher organisait cette année-là, à l’initiative de son maire, Marcel Le Mignot, un accueil d’enfants venus des campements de réfugiés du Sahara occidental. La municipalité décida alors un jumelage avec J’Réifia, camp de réfugiés saharaouis en Algérie.
Pierre Toutain adhéra à ce comité de jumelage dès sa création en 1994, et en devint le secrétaire en 1997. En 1994, avec sa femme, il participa avec plus d’une centaine de français à une délégation dans les campements de réfugiés sahraouis, organisée par « L’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique » (AARASD).
En 1999, le comité de jumelage et la mairie de Gonfreville l’Orcher réactivèrent le jumelage avec Teltow (signé en 1963, alors en RDA) en Allemagne. Étant donné son intérêt pour l’Allemagne (langue et histoire), Pierre Toutain en devint alors le référent. En désaccord grave sur le fonctionnement du comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher, il en démissionna en 2009.
Toujours décidé à défendre la cause du peuple Saharaoui, il adhéra alors à l’Association havraise « Un camion-citerne pour les sahraouis », association créée au Havre en 1991, et en devint le secrétaire en 2011.
En 2012, il devint membre du bureau national de L’AARASD (Association des Amis de la République Arabe Démocratique).
À partir de mai 2013, en partenariat avec le ministère de l’enseignement sahraoui et l’AARASD, Il anima un groupe de « formateurs de Français », afin de former des professeurs sahraouis de Français dans les collèges des campements de réfugiés. Pour ce travail, il se rendit plusieurs fois par an dans les campements pendant plusieurs années.

Marié à Joëlle Le Griffon le 23 décembre 1966, ils eurent deux garçons, Renaud né le 21 août 1971 et Simon né le 5 janvier 1973.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194315, notice TOUTAIN Pierre, Roger, Yves par Jacques Defortescu, version mise en ligne le 1er août 2017, dernière modification le 11 janvier 2022.

Par Jacques Defortescu

Pierre Toutain en 2013
©J. Defortescu

SOURCES : Tribune socialiste, 22 février 1968. — Marie- Paule Dhaille-Hervieu, Communistes au Havre. Histoire sociale, culturelle et politique (1930-1983), Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2009. — Régine Villemont , Avec les Saharaouis- Une histoire solidaire de 1975 à nos jours… , L’Harmattan, 2009. — Entretien avec Pierre Toutain juillet 2017.

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