VESSILLIER Jean-Claude, Bernard, Serge

Par Robert Kosmann

Né le 10 juin 1942 à Paris (XIIe arr.) ; statisticien et cadre chez Renault à Billancourt (1975-2002) ; militant de l’UNEF, de la CGT puis de la CFDT ; militant du PSU (1960-1972), adhérent de la Ligue Communiste puis de la LCR (1972-1992), membre de sa direction nationale (1975-1980), puis adhérent du NPA (2009-2014).

Le père de Jean-Claude Vessillier, Maurice Vessillier, fut instituteur, syndicaliste et mutualiste (MGEN), militant du PSOP (Parti socialiste ouvrier et paysan) puis membre du Parti socialiste à partir de 1972. Sa mère Marcelle née Lavergne était également institutrice. Jean Claude Vessillier suivit les cycles primaires, secondaires et universitaires à Paris jusqu’à l’obtention d’un diplôme de troisième cycle de statistiques en 1966 à la Faculté des sciences de Paris. Il fut alors chargé d’études au ministère de l’Équipement (1966-1975), en charge, après 1973 des travaux sur la crise de l’automobile. Il fut embauché chez Renault à Billancourt le 1er juin 1975, comme cadre statisticien jusqu’à sa retraite en 2002.

L’influence familiale, marquée par le syndicalisme enseignant et les courants de la « gauche critique » lui permit ses premières lectures politiques, dès l’enfance. De 1961 à 1964 il fut un des animateurs de la tendance UNEF à la Faculté des sciences. Il adhéra à la CGT en arrivant au ministère de l’Équipement (1966-1972) et fut un représentant de sa section syndicale en 1970-1971 dans un Comité technique paritaire. Il quitta la CGT avec la majorité de sa section syndicale en 1972, suite à l’assassinat de Pierre Overney, et adhéra au syndicat CFDT du ministère. Chez Renault il fut syndiqué à la CFDT dès l’embauche, jusqu’à son départ en retraite (1975-2002). Il fut délégué du personnel (second collège) de 1979 à 1982 et de 1998 à 2002. Il fut également délégué CFDT cadre au Comité d’établissement et délégué syndical entre 2000 et 2002.

Jean-Claude Vessillier adhéra en 1960 au PSU, qui lui semblait une « alternative entre la SFIO ayant conduit la guerre d’Algérie et le PCF qui avait soutenu l’intervention russe à Budapest en 1956 ». Il fut membre du secrétariat des étudiants (1962-1963) puis du bureau de la fédération de Paris du PSU (1966-1967 et 1969-1971). À la même époque, il fut parmi les animateurs du « Mouvement du milliard pour le Vietnam » et s’engagea au Comité Vietnam national puis participa aux activités de la Fédération des Comités d’usagers des transports en commun de la région parisienne. À l’intérieur du PSU il fut parmi les animateurs de la tendance « marxiste révolutionnaire » influencée par le trotskisme et qui rejoignit en 1972 la Ligue communiste et la Quatrième Internationale. Il participa pendant cinq ans à la direction nationale de la LCR (1975-1980) où il milita en particulier avec Janette Habel qui dirigeait le travail syndical. D‘autre part, il était en charge de l’animation des cellules Renault. Ce fut pour lui « l’école de formation la plus intense [qu’il ait] connue ». Il quitta la direction en 1980, refusant l’alternative entre devenir permanent ou bien ouvrier au titre de « l’établissement » qui était la politique de l’époque. Il maintint son activité, en particulier comme un des animateurs des Comités de solidarité avec le Nicaragua. Jean-Claude Vessillier partit à trois reprises entre 1983 et 1985 avec les brigades de solidarité organisées dans ce pays. Il fut militant au MRAP à Paris (XIIe arr.) de 1995 à 2002 et membre de son bureau national (2000-2002). Il quitta la LCR en 1992 par « lassitude individuelle accentuée par le contexte des bouleversements consécutifs à la chute de l’URSS et par ailleurs à la fin de l’usine de Billancourt ». Il adhéra de nouveau en 2004, après son départ en retraite professionnelle et son installation en province dans l’Aveyron, considérant que « la vie de retraité hors de Renault et hors activité syndicale rendait plus important de retrouver un cadre militant de discussion et d’intervention. » Revenir à la LCR était justifié, selon lui, par des choix politiques maintenus qu’il prolongea à la création du Nouveau parti anticapitaliste, en 2009.

Sur le plan personnel Jean Claude Vessillier vécut avec sa compagne, Michèle Villanueva, militante se réclamant du trotskisme.

En 2014, Jean Claude Vessillier était militant NPA dans l’Aveyron, il faisait partie également de l’équipe d’animation du secteur automobile de son parti, en particulier il était responsable du blog « auto-critique » et terminait un livre d’entretiens avec Clara Benoits et Henri Benoits. Revenant sur son parcours, il se félicitait d’avoir milité à la LCR chez Renault, ce qui lui avait permis de côtoyer des « militants et militantes à la personnalité et à l’engagement marquants ». Il regrettait que sa période militante « n’ait pas connu depuis 1970 d’expériences révolutionnaires excepté le Portugal et le Nicaragua » et se considérait seulement comme un « passeur de témoin par l’intermédiaire de son expérience, en particulier dans les discussions avec ses camarades de l’automobile ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194385, notice VESSILLIER Jean-Claude, Bernard, Serge par Robert Kosmann, version mise en ligne le 7 août 2017, dernière modification le 7 août 2017.

Par Robert Kosmann

ŒUVRE : participation à la rédaction du Livre Noir des Transports parisiens, publié par la Fédération des comités d’usagers des transports en commun de la région parisienne, Paris, 1970. Contribution à Roger Barralis, Jean-Claude Gillet (coord.), Au cœur des luttes des années 60, les étudiants du PSU, une utopie porteuse d’avenir ?, Paris, Publisud, 2010. — Introduction de Clara et Henri Benoits, L’Algérie au cœur. Révolutionnaires et anticolonialistes à Renault Billancourt, Paris, Syllepse, 2014. — Articles sur l’automobile dans la presse du NPA et Inprecor.

SOURCES : Gilbert Hatry (dir.), Notices biographiques Renault, Éditions JCM. — Entretien avec Jean-Claude Vessillier, septembre 2014.

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