TZWANGUE Marc, dit Jimmy

Par Robert Kosmann

Né le 22 novembre 1957 à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur chez Renault à Billancourt puis technicien de méthodes et cadre ; militant trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire puis du NPA (1979-2014) ; syndicaliste CGT et délégué chez Renault à Billancourt puis secrétaire du syndicat SUD Renault à Guyancourt (Yvelines).

Cliché transmis par l’intéressé

Le père de Marc Tzwangue, Max Tzwangue, né en France, d’origine juive polonaise, était tailleur de profession puis devint directeur technique dans l’industrie du vêtement. À dix-sept ans, Max Tzwangue, jeune militant des FTP-MOI pendant la guerre, avait été condamné à mort par contumace pour sa participation à une « récupération » de tickets alimentaires, à Lyon, avec Simon Fryd. Ayant pu s’échapper, il participa à la libération de Limoges et devint sous lieutenant FTP. Après les conventions collectives de 1950, il devint secrétaire du syndicat de l’habillement CGT. La mère de Marc Tzwangue, Maria, née Nagy, était étalagiste et d’origine catholique hongroise. Son frère, Didier Tzwangue, fut militant trotskiste de la JCR puis de la LCR, de 1968 à 1982, avant de rejoindre le Parti socialiste.

Après l’école primaire, Marc Tzwangue suivit les cours du Lycée d’enseignement professionnel de Mérignac (Gironde) et arrêta ses études en 1976 avec le niveau CAP/BEP en micro-mécanique. Il était alors sympathisant de l’organisation « Ceux du Technique » contrôlée par les militants trotskistes de Lutte ouvrière. Il fut ensuite plusieurs mois sans travail, employé comme manutentionnaire dans une usine textile d’Henin Beaumont (Pas-de-Calais) avant de partir à l’armée, à Strasbourg, de juin 1977 à juin 1978. Influencé par son frère aîné, il fut alors un militant d’Information pour les droits du soldat (IDS). En 1979, il fit un stage de photographe et devint vendeur dans un magasin de photo à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pendant un an. Il adhéra la même année à la JCR et à la LCR dont il suivit en 2009 l’évolution en NPA où il militait toujours en 2014. Il fut contacté avec insistance en 1982 pour rejoindre le Parti socialiste en même temps que son frère, mais refusa de rejoindre un parti qu’il jugeait « trop réformiste ». Sur le plan professionnel, il fut intérimaire en micro-mécanique en 1982, avant d’intégrer la Régie Renault.

Marc Tzwangue fut embauché comme OS intérimaire en avril 1982 à Billancourt, sur le site de Maco Meudon (département 50/40). En juillet de la même année, il fut recruté grâce aux « contrats de solidarité » qui permettaient l’embauche des jeunes en formation. Employé dans un service de méthodes carrosserie, il fut d’abord ajusteur P1 en 1984 puis ajusteur outilleur P2 en 1985, après un stage de trois mois à Billancourt. Il devint technicien de méthodes en 1989, responsable de la « découpe laser » nouveau procédé de l’époque. Intéressé par l’histoire, il poursuivit en parallèle des études universitaires, après avoir passé l’ESEU (1991) qui remplaçait le baccalauréat. Il étudia la Révolution française à partir des archives de Bordeaux et obtint successivement un DEUG, puis une licence, un DEA et un doctorat en 2004 à l’Université Paris 1. Ces diplômes équivalaient chez Renault à un niveau d’ingénieur et, après de nombreuses réclamations et revendications, il passa au statut de cadre en 2005, dans le Technocentre de Guyancourt.

Marc Tzwangue adhéra à la CGT dès son entrée chez Renault, devint délégué du personnel et recréa la section syndicale de son secteur à Maco Meudon (1983). Il fut élu au Comité exécutif CGT Renault en 1984, participa à l’occupation « minoritaire » de Billancourt en 1985 et à la création de la première section CGT en 1995, lors de l’arrivée au technocentre de Guyancourt. Il devint ensuite secrétaire à l’organisation en 1996, délégué du personnel et délégué syndical puis secrétaire à la communication, en 2003. Il fut secrétaire adjoint du Comité d’entreprise en 2003 puis trésorier du CE en 2005. Élu membre de la commission de politique culturelle confédérale de la CGT en 2005, il intégra l’année suivante le secrétariat de celle-ci, jusqu’en mars 2008. Jusque là discret sur ses appartenances politiques il profita de la campagne de Pierre Juquin, lors de l’élection présidentielle de 1988, pour apparaître comme militant politique. Il fut alors catalogué comme militant trotskiste. Le « refus de centralisation des luttes » des années 2000, la tension avec l’appareil du PCF et le manque de réactivité de la section CGT devant les suicides des personnels à Renault en 2006 et 2007 ainsi que la dégradation des conditions de travail sans réaction, l’amenèrent à démissionner de la CGT en 2008. Il adhéra alors à SUD Renault Guyancourt, redevint délégué du personnel, délégué syndical et membre du bureau du syndicat. En mars 2013, il fut élu secrétaire du syndicat SUD Renault Guyancourt. Il fut candidat LCR puis NPA (tête de liste) aux élections municipales d’Arcueil (Val-de-Marne) en 2001 puis 2008, avec un score de 4,91%. En 2012, il se présenta également pour le NPA comme suppléant aux élections législatives, dans la circonscription d’Arcueil (0,77%) et sur la liste de son parti aux élections européennes (onzième position) en 2014 (0,3%).

Sur le plan personnel Marc Tzwangue épousa en 1986 Brigitte Goarant, militante du Parti socialiste. Ils eurent deux enfants, une fille, née en 1986, et un fils, né en 1991.

En 2014, Marc Tzwangue était secrétaire du syndicat SUD Renault Guyancourt et militant du NPA. Il prit ses distances avec les luttes internes, après avoir été un temps partisan du rapprochement avec Lutte ouvrière et n’avait « aucune d’illusion sur le Front de gauche » animé par Jean-Luc Mélenchon et le PCF. Il regrettait « le départ de ses camarades de la « Gauche Unitaire » et de la « Gauche Anticapitaliste » qui affaiblissait le NPA ». Il gardait un bon souvenir de l’occupation de Billancourt en 1985. Il se félicitait d’avoir participé à la création de deux sections syndicales CGT chez Renault ainsi que d’avoir participé au développement du nouveau syndicat SUD. Son regret résidait dans l’échec de la création d’une réelle alternative à la création du NPA et… « d’avoir été trop jeune pour vivre les grèves et manifestations de mai 68 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194388, notice TZWANGUE Marc, dit Jimmy par Robert Kosmann, version mise en ligne le 7 août 2017, dernière modification le 7 août 2017.

Par Robert Kosmann

Cliché transmis par l’intéressé

ŒUVRE : , Les représentants en mission et la terreur à Bordeaux, de Vendémiaire an II à Thermidor an II, Mémoire de DEA sous la direction C. Duprat, Université Paris 1, 1997. – Recherche sur la terreur à Bordeaux de 1793 à brumaire an IV, suspicions, arrestations, appareil répressif et condamnations , Thèse de doctorat d’Histoire sous la direction de J.-C. Martin, Université Paris 1, 2004.

SOURCES : Gilbert Hatry (dir.), Notices biographiques Renault, Éditions JCM. — Entretien avec Marc Tzwangue en août 2014.

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