THEUREAU Jacques, dit « le président »

Par Robert Kosmann

Ingénieur centralien, « établi » chez Renault comme ouvrier spécialisé puis ingénieur ergonome ; militant de la Gauche prolétarienne.

Étudiant à l’école Centrale, Jacques Theureau, sensibilisé dès 1962 par la guerre menée en Algérie, adhéra à l’Union des jeunesse communistes marxistes léninistes (UJCml) puis à la Gauche prolétarienne. Il décida de s’établir chez Renault et fut embauché à Billancourt en février 1969, au département 34, comme ouvrier spécialisé dans un atelier de fabrication. Il fut ensuite muté au département 49. Il prit alors contact avec le Comité de lutte Renault mais, en désaccord avec leur pratique, il fut exclu. Il créa alors un autre comité de lutte dans son atelier où il organisa avec de jeunes ouvriers révoltés des petits sabotages de la production. En février 1970, à la suite de l’augmentation du tarif des métros, avec le concours de militants de la Gauche prolétarienne extérieurs à l’usine, il participa largement aux bagarres contre la RATP et la police au métro. Il participa également comme animateur à l’ensemble des actions de la Gauche prolétarienne à Billancourt. Après l’expulsion brutale hors de l’usine du philosophe Jean-Paul Sartre, que les militants maoïstes avaient fait entrer, Jacques Theureau fut licencié en février 1972. Malgré plusieurs tentatives de retour dans l’usine, il ne fut pas réintégré.

Jacques Theureau est devenu vers chercheur en ergonomie au laboratoire du Cnam dirigé par Alain Wisner, coauteur et promoteur de la théorie du "cours d’action". Il est ensuite devenu chercheur à l’IRCAM.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194389, notice THEUREAU Jacques, dit « le président » par Robert Kosmann, version mise en ligne le 7 août 2017, dernière modification le 16 décembre 2020.

Par Robert Kosmann

OEUVRE : Le cours d’action - analyse sémio-logique. Essai d’une anthropologie cognitive située, Octares, 1992.

SOURCES : Virginie Linhart, Volontaires pour l’usine, Paris, Seuil, 1994. — Isy Morgensztern, Benny Lévy, la révolution impossible, film documentaire, Arte, 2008.

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