CALLOC’H DE KERILLIS Alain [CALLOC’H DE KERILLIS Henri, Marie, Alain], [Pseudonyme dans les FFL-SAS : SKINNER Richard]

Né le 15 décembre 1916 à Épernay (Marne), exécuté sommairement le 18 juillet 1944 à Bieuzy-les-Eaux (Morbihan) ; FFL-SAS.

Alain Calloc’h de Kerillis
Alain Calloc’h de Kerillis
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance

Alain Calloc’h de Kerillis était le fils de Henri Adrien Calloc’h de Kerillis, officier de cavalerie, puis capitaine aviateur durant la 1ère guerre mondiale, et de Anne Marie Émilie Demaison domiciliée en 1916 chez ses parents 7, rue Rogier à Reims (Marne). Député de Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), Henri de Kerillis s’opposa aux accords de Munich en 1938 et rejoignit Londres dès juin 1940.
Alain de Kerillis terminait ses études d’interne des hôpitaux de Paris lorsqu’il fut mobilisé en 1939 au sein de la 22e section d’infirmiers. Fait prisonnier en juin 1940, il s’évada et passa en zone sud en août 1940.

En septembre 1942, Alain de Kerillis embarqua à Cassis pour Gibraltar, parvint en Grande-Bretagne en octobre et rallia les Forces françaises libres (FFL). Recruté dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) sous le matricule 35 117, il fut breveté à Ringway en décembre 1942. Il choisit le pseudonyme de Skinner qui est le nom d’une vieille famille d’origine écossaise installée vers 1750 en Gironde, où la famille de Kerillis avait des attaches familiales. Il fut affecté au 2e régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) ou 4e SAS (Special air service) du commandant Bourgoin, qui fut parachuté en Bretagne à partir du 6 juin 1944. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne.

Le sous-lieutenant Alain Calloc’h de Kerillis fut parachuté dans le Morbihan dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, à la tête d’un stick de cinq hommes, chargé dans le cadre de la mission Cooney de faire sauter la voie ferrée entre Questembert et Vannes. Le groupe rejoignit ensuite la base Dingson établie à Saint-Marcel (Morbihan). Après l’attaque du camp de Saint-Marcel le 18 juin 1944 et la dispersion des parachutistes SAS et des combattants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) qui y avaient été rassemblés, Alain Calloc’h de Kerillis entra le 22 juin 1944 en contact avec les résistants de la compagnie Ferré du 1er bataillon FFI du Morbihan. Il se chargea de l’instruction des FFI et réalisa avec eux plusieurs sabotages, sur le câble souterrain Vannes-Redon, sur une voie ferrée, un pylône électrique et sur une ligne souterraine à grande distance près de Vannes. Le 7 juillet 1944 ils firent dérailler et attaquèrent un train militaire allemand à La Vraie-Croix (Morbihan).
Le 13 juillet 1944, apprenant l’exécution du capitaine SAS Pierre Marienne qui détenait un cahier où étaient localisées les caches des parachutistes SAS, les lieutenants Jean Fleuriot, Alain Calloc’h de Kerillis et François Tisné décidèrent de se rendre à Trédion (Morbihan) pour transférer dans un autre lieu les SAS blessés qui se cachaient dans la ferme d’Armand Kerhervé, au village de Kerlanvaux. Ils furent surpris par une patrouille allemande à l’entrée de Trédion, au lieu-dit Le Sabot. François Tisné fut tué, André Cauvin fut blessé et capturé, tandis que Jean Fleuriot et Alain Calloc’h de Kerillis, pourtant blessés, parvinrent à se replier et à rejoindre la ferme d’Armand Kerhervé.
Le lendemain, 14 juillet, la ferme fut encerclée par des soldats allemands et des miliciens bretons. Lors de l’attaque, six parachutistes SAS et FFI furent tués ; Armand Kerhervé fut battu à mort et jeté dans le brasier de sa ferme incendiée avec les corps de quatre SAS. Blessés, Alain de Kérillis et Jean Fleuriot durent se rendre. Tous deux furent incarcérés à l’école primaire supérieure de jeunes filles de Pontivy (Morbihan), où Maurice Zeller, agent français de la Front Aufklärung Truppe (FAT 354), tenta en vain de leur faire dire sous la torture où était caché le commandant Bourgoin.
Le 18 juillet 1944, ils firent partie des quatorze détenus extraits des geôles de Pontivy, emmenés en camion jusqu’au lieu-dit Rimaison en Bieuzy-les-Eaux, où ils furent exécutés un à un :
- quatre jeunes FFI des Côtes-du-Nord (Côtes–d’Armor), Émile Le Berre, François Le Pavec, Maurice Penhard et Robert Rouillé  ;
- cinq parachutistes SAS, Alain Calloc’h de Kerillis, André Cauvin, Louis Claustre, Jean Fleuriot et Jean Pessis ;
- trois résistants, Robert Jourdren, Pierre Mourisset, Claude Sendral ;
- et deux corps qui n’ont pu être identifiés et qui pourraient être ceux de René Halimbourg et d’Édouard Paysant.

Les corps qui n’avaient pas été enterrés ne furent découverts que le 28 juillet 1944, entassés les uns sur les autres et leur identification fut longue et difficile. Celui d’Alain Calloc’h de Kerillis (acte de décès n° 17, corps n°1) a été reconnu le 13 octobre 1944 par son beau-frère, le lieutenant-colonel Pol Charbonneaux, compagnon de la Libération, domicilié à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine).

Il est inhumé dans le cimetière de Bieuzy-les-Eaux, aux côtés de Jean Pessis :
« Alain de Kerillis
Lieutenant au 4e Bataillon parachutiste
Mort pour la France
14 décembre 1916-18 juillet 1944 »

Alain Calloc’h de Kerillis a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFL. La promotion d’avril-juillet 1988 des élèves officiers de réserve du 4e Bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr a choisi le sous-lieutenant Calloc’h de Kerillis comme parrain.

Dans le Morbihan, le nom d’Alain Calloc’h de Kerillis est inscrit sur le monument commémoratif de Rimaison en Bieuzy-les Eaux où, en juillet 2017, une plaque lui rendant hommage a été apposée près du Centre de secours. Il figure sur le mémorial des parachutistes SAS de la France Libre érigé près du moulin de La Grée à Plumelec avec l’inscription « Skiner R. - Calloc’h de Kerillis ».
À Paris, son nom est gravé sur la plaque des « Morts pour la France 1939-1945 » apposée dans le hall d’entrée de la Faculté de médecine, rue de l’École de médecine (VIe arr.).
En Gironde, il est inscrit sur les monuments aux morts de Saint-Seurin-de-Cadourne et de Vertheuil.
En Saône-et-Loire, il figure sous le nom de Skinner R. sur le mémorial international des SAS à Sennecey-le-Grand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194517, notice CALLOC'H DE KERILLIS Alain [CALLOC'H DE KERILLIS Henri, Marie, Alain], [Pseudonyme dans les FFL-SAS : SKINNER Richard], version mise en ligne le 19 août 2017, dernière modification le 12 août 2019.
Alain Calloc'h de Kerillis
Alain Calloc’h de Kerillis
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance
La sépulture d'Alain Calloc'h de Kerillis</br> dans le cimetière de Bieuzy-les-Eaux
La sépulture d’Alain Calloc’h de Kerillis
dans le cimetière de Bieuzy-les-Eaux
Sur le monument de Rimaison</br> en Bieuzy-les-Eaux
Sur le monument de Rimaison
en Bieuzy-les-Eaux
Sur le mémorial SAS de Plumelec
Sur le mémorial SAS de Plumelec
SOURCES :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Le mémorial international des SAS</br>à Sennecey-le-Grand
Le mémorial international des SAS
à Sennecey-le-Grand
SOURCE : Overblog 22sas12.com

SOURCES : SHD, Vincennes, Al 1Mi 28 574 et GR 16 P 101769. — Arch. mun. Bieuzy-les-Eaux, dossier communiqué par Léon Quilleré, maire de Bieuzy-les-Eaux et exposition " Rimaison " Bieuzy-les-Eaux 18 juillet 1944-15 juillet 2017, réalisée par Yves Jouan. — Henry Corta, Les Bérets rouges, Amicale des anciens parachutistes SAS, Société nationale des entreprises de presse, 1952. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Jacques Péragallo (cousin d’Alain de Kerillis), La fin de la vie d’Alain de Kerillis-Essai de reconstitution, 1979. — Joseph Jégo, 1939-1945 Rage Action Tourmente au Pays de Lanvaux (photo), Imprimerie La Limitrophe, 1991. — Laurent Cardonnet, Contribution à l’étude des étudiants en médecine et des médecins « Morts pour la France » pendant la Seconde Guerre mondiale, thèse pour le doctorat de médecine, Université Paris Descartes, 2010. — Kristian Hamon, Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011.— René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance (photo), Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. Site Internet FFL-SAS (photo). — " Bieuzy-les-Eaux : crimes de guerre du 18 juillet 1944 ", dossier mis en ligne le 30 septembre 2016 sur le Blog de Kristian Hamon.. — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Épernay (acte de naissance) ; Bieuzy-les-Eaux (acte de décès).

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