CHARGÈS Louis

Par André Balent

Né le 30 novembre 1889 à Azille (Aude), mort le 29 décembre 1965 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; instituteur, révoqué le 1er août 1942 ; militant du Parti socialiste SFIO, mutualiste ; responsable d’associations d’anciens combattants ; adjoint au maire de Perpignan.

Louis Chargès était originaire d’Azille, commune du Minervois. Il était le fils d’Antoine Chargès, cordonnier, et de Marie Limousin (respectivement âgés de trente-deux et vingt-huit ans en 1889). Il se maria le 9 août 1913 à Narbonne (Aude) avec Antoinette, Jeanne Calas.
Louis Chargès combattit pendant la Première Guerre mondiale. Croix de guerre française et belge en 1915, il fut, en 1916, élevé au grade de chevalier de la légion d’honneur. Il fut, entre les deux guerres un des principaux dirigeants de l’Union fédérale des anciens combattants des Pyrénées-Orientales. Il écrivait dans La Voix des poilus bulletin départemental de cette organisation. Il en devint le directeur après la mort de son fondateur, le docteur Alfred Rives.
Nommé instituteur dans les Pyrénées-Orientales, il fut d’abord en poste à Saint-Laurent-de-Cerdans de 1923 à 1927, puis à Prades en 1928 et enfin, en 1937 à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Membre de la SFIO, il était en 1937 secrétaire de la sous-section socialiste du quartier Saint-Mathieu de Perpignan.
Directeur de l’école primaire « Lavoisier » de Perpignan (1937), Louis Chargès, bien implanté dans le milieu des Anciens combattants, prit, après 1941, position contre la Révolution nationale. Comme beaucoup de socialistes SFIO hostiles à Vichy, il se rapprocha du mouvement « Libération » auquel il finit par adhérer. Il participa à la grande manifestation unitaire de la Résistance à Perpignan, à l’appel de « Libération », « Combat », Franc-Tireur » et du PC clandestin, le 14 juillet 1942. Il fut donc révoqué de ses fonctions par le ministre de l’Éducation nationale pour « menées antinationales », en même temps que ses collègues Camille Fourquet*, directeur de l’école « Jules-Ferry » futur dirigeant clandestin des MUR et président du CDL, et Jean-François Charvet*, professeur à l’EPS de Perpignan.
À la Libération, président départemental de l’UFAC (Union fédérale des anciens combattants), il avait une grande influence à Perpignan. « Pétulant » et « jovial » (Bernis), il savait merveilleusement cultiver sa popularité. Il milita à nouveau à la SFIO. Il fut le candidat de son parti aux élections cantonales des 23 et 30 septembre 1945 à Perpignan-Ouest. Au deuxième tour, il se désista pour le communiste Roger Bertrand qui fut cependant battu par le radical François Delcos.
À nouveau candidat aux élections municipales à Perpignan (scrutin des 19 et 26 octobre 1947) sur la liste conduite par le maire sortant Félix Mercader*, il fut élu 4e adjoint avec 16 voix, contre 12 au communiste Fernand Loubatières. Aux élections du Conseil de la république (17 octobre-7 novembre 1948), il fit (provisoirement) « dissidence », se présentant en franc-tireur contre le candidat de la SFIO, Léon-Jean Grégory* : au congrès fédéral du 16 octobre, il avait obtenu 8 % des voix des délégués contre 30 % à Léon-Jean Grégory et 16 % à Jean Jacquet*, maire et conseiller général de Rivesaltes.
Militant mutualiste, il fut trésorier de la section locale de Saint-Laurent-de-Cerdans de la Mutualité scolaire (1923-1927) puis trésorier de la Mutualité scolaire de l’arrondissement de Prades (1928-1937). Il fut également un membre très actif de la Mutuelle des retraites des Combattants des Pyrénées-Orientales. Louis Chargès fut en outre administrateur de « La Roussillonnaise », Union des sociétés de secours mutuels et de prévoyance des Pyrénées-Orientales, mise en place (1931) après la création des Assurances sociales en 1930.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19460, notice CHARGÈS Louis par André Balent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 avril 2022.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 3 M 263, liste électorale de Perpignan (1939). — Arch. Com. Perpignan, 1 D 1 45, délibérations du conseil municipal ; état civil. — Arch. Com. Azille, état civil. — Roger Bernis, Roussillon politique, du réséda à la rose, t. 1 : Le Temps de Quatrième (1944-1958), Toulouse, Privat, 1984. — Camille Fourquet, Le Roussillon sous la botte nazie, tapuscrit inédit, s.d. [1965]. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, t. 1 : Chronologie des années noires, Prades, Terra Nostra, 1994. — Edwige Praca, Les Sociétés de secours mutuels et leur union dans les Pyrénées-Orientales (XIXe- XXe siècles. De La Roussillonnaise à la Mutualité française Pyrénées-Orientales, Canet, Trabucaire, 2000. [en particulier p. 197]. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, hebdomadaire de la SFIO, Perpignan, 1937.

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