BOILLE Antoine, Alexis [pseudonyme dans la résistance : Leroy]

Par Eric Panthou, Émeric Tellier

Né le 14 décembre 1901 à Saint-Angel (Puy-de-Dôme), arrêté le 22 juillet 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort sous la torture, vraisemblablement le 29 juillet 1944 à Clermont-Ferrand ; ouvrier Michelin, tôlier ; militant de la Confédération générale du Travail (CGT) des industries chimiques ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP), lieutenant FFI, membre de l’état-major départemental FTP du Puy-de-Dôme, chef de la Milice patriotique de l’usine de Tallende (Puy-de-Dôme).

Fils de Pierre et de Marie, née Parry, Antoine Boille était issu d’une famille de petits paysans, aîné de quatre enfants. Il s’est marié à Saint-Angel le 1er juillet 1926 avec Henriette, Marguerite Ray -appelée aussi Mariette- avec qui il eut deux fils, dont l’un, décédé prématurément à l’âge de deux ans en 1934, et une fille, Andrée, née en 1942. Son fils, Pierre Boille, né en 1927, fut également résistant et un militant communiste, secrétaire après-guerre du syndicat CGT de Atelier industriel de l’Air (AIA) à Aulnat, près de Clermont-Ferrand.
Antoine Boille commença à travailler à la ferme puis après son mariage il partit vivre à Clermont-Ferrand où il fut embauché chez Michelin. Là, il obtint un logement dans la plus importante cité Michelin, celle de la Plaine, 149 rue du Courage. Il a suivi une formation de chaudronnier.
Il adhéra au Parti communiste et rejoignit la cellule de la Plaine, vraisemblablement en 1936, adhérant également la CGT.
Il quitta Michelin à une date inconnue, se faisant embaucher à l’Atelier industriel de l’Air (AIA). Il fut démobilisé le 14 juillet 1940. Il fut affecté spécial au sein de cette entreprise du 14 juillet 1940 au 19 juillet 1944.
Il rejoignit la Résistance en août 1942. En 1942, Antoine Boille (parfois orthographié Boile) eut sous ses ordres un groupe de résistants de l’AIA, dont Germain Voisset. Il est considéré comme le premier secrétaire de la CGT clandestine à l’AIA. Il fut nommé adjudant de la 1ére compagnie FTP en août 1943 au sein du détachement Marat. Il est alors FTP sédentaire. Puis il est nommé lieutenant en tant que commandant adjoint de la 1ére compagnie FTP à Clermont-Ferrand. Il dirigea toutes les opérations de celle-ci jusqu’à son arrestation.
Il servit au sein de l’État-major départemental FTP de mars 1943 à son arrestation, obtenant le grade de lieutenant le 18 mars 1944. Son chef à l’état-major était le commandant Lenoir, alias Jean Bac. Au sein de cette formation, il était chargé du recrutement.
Il eut aussi comme chef le lieutenant-colonel Sicard, alias Fournier. Au sein de la 1ère compagnie, son chef étaot le commandant Séguy, dit Nicolas.
En 1944, il est présenté comme chef de la Milice patriotique de l’usine de Tallende, dépendant de l’AIA. L’AIA était considéré comme un centre important pour les Milices Patriotiques, l’ensemble des salariés étant présentés comme affiliés en leur sein. Il fut arrêté à son domicile, en présence de sa femme, par la Milice le 22 juillet 1944 à l’occasion d’une grande rafle dans la cité de la Plaine à Clermont-Ferrand, arrestations faisant suite à une opération de sabotage le même jour. La Milice, qui cherchait aussi son fils Pierre, le remit à l’équipe française de la Gestapo. Là, il reconnait être le chef de la Milice Patriotique pour l’usine de Tallende et connaître un dépôt d’armes dans une cabane du côté du quartier du Sanatorium Sabourin.
Il est mort sous leurs coups de trois français membres du Sonderkommando créé par Georges Mathieu. La mort survient à une date non connue entre le 22 juillet et le 25 août 1944. Un état nominatif des pertes FTPT de la 1ére Compagnie fixe sa date de décès au 29 juillet. Un certificat de décès, étabi le 1er octobre 1945, fixe aussi cette date du 29 juillet. Son dossier pour l’ONAC place sa mort au 23 juillet 1944. Son corps n’a jamais pu être identifié et sa femme a espéré pendant plusieurs années qu’elle pourrait le retrouver vivant. Georges Mathieu avoue que le corps d’Antoine Boille avait été enterré à Aulnat (Puy-de-Dôme), à côté de celui d’autres résistants morts également sous leurs coups et enterrés dans des trous de bombes.

Ce n’est qu’à la suite de la parution d’un ouvrage paru en 2015 et retraçant l’itinéraire d’autres FTP, que la fille d’Antoine Boille a appris que son père avait été enterré sur le terrain d’aviation d’Aulnat.
Reconnu "Mort pour la France", il a reçu à titre posthume en 1952 le titre de Combattant Volontaire de la Résistance (CVR). Sa durée de services homologués au sein de l’état-major FTP va du 1er décembre 1943 au 22 juillet 1944. Sa durée de services comme FFI va de mars 1943 au 22 juillet 1944. Sur un certificat d’appartenance aux FFI dressé en avril 1951 il est présenté par erreur comme mort en déportation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194806, notice BOILLE Antoine, Alexis [pseudonyme dans la résistance : Leroy] par Eric Panthou, Émeric Tellier, version mise en ligne le 21 septembre 2017, dernière modification le 8 septembre 2019.

Par Eric Panthou, Émeric Tellier

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 712101. Dossier Antoine Boille .— SHD Vincennes, dossier 19 P 63/4 : liste nominative des membres de la formation : Etat-major départemental du département du Puy-de-Dôme FTPF .— SHD Vincennes, 19 P 63/5 : état des morts ayant appartenu à la 1ére Compagnie FTP, Camp Gabriel-Moquet, signé Lieutenants Bazin et Ollier, 4 janvier 1948 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, dossier d’attribution de la carte de combattant volontaire de la résistance à Antoine Boille : 2546 W 3821 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— Courriel d’Andrée Boille à Eric Panthou, 22 mai 2018 .— Certificat attestant la qualité de combattant FFI, signée Commandant Jean Mazuel, 2 janvier 1946 (archives Andrée Boille) .— Arch. FNIC-CGT .— Etat nominatif de pertes "tués", FTPF 1ère Compagnie, fiche Antoine Boile (sic), service Central de l’Etat-Civil (copie transmise par Michel Bertrand, Clermont-Ferrand) .— Attestation de résistant pour Germain Voisset, signé Jean Bac (archives privées Nicole Voisset, Clermont-Ferrand) .— Gilles Lévy, A nous Auvergne, Paris, Presses de la Cité, 1981 .— “Quelques exemples de révocations arbitraires”, La Défense : organe de la Section française du Secours rouge, juillet 1954 .— "Les retrouvés", billet de Marie Causse sur son blog : https://lodeurdelavillemouillee.wordpress.com/2016/03/01/les-retrouves/ .— État-civil.

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