ELIOT Louis, Jean [pseudonyme Loulou]

Par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault

Né le 28 avril 1924 à Tournon-Saint-Martin (Indre), fusillé après condamnation à mort le 23 juin 1944 à Limoges (Haute-Vienne) ; cultivateur ; résistant, maquisard FFI.

Louis Eliot était le fils de Louis, Augustin Eliot (né en 1884 à Chambon, Indre-et-Loire), cultivateur et de Marie, Augustine, Aimée Coquelin (née en 1896 à Vicq-sur-Gartempe, Vienne). Son père mobilisé en 1915, fut démobilisé en mars 1919, vint s’installer cultivateur, journalier, à Tournon-Saint-Martin, au lieu-dit La Borde, et épousa le 14 février 1920 à Preuilly-sur-Claise (Indre-et-Loire) Marie Coquelin. Ils eurent une fille Hélène née le 12 janvier 1921 avant deux garçons jumeaux, Louis et Lucien le 28 avril 1924. Deux autres filles naquirent encore, Marie en 1927 et Renée en 1932. Louis Eliot était en 1944, cultivateur (sans doute ouvrier agricole) à Migné ou à Sainte-Lizaigne dans l’Indre. Peut-être pour échapper au STO, il se réfugia en Limousin avec son frère Lucien et s’engagea dans la Résistance. Ayant pris le maquis en février 1944 dans le secteur de Sauviat-sur-Vige (Haute-Vienne) – Saint-Martin-Sainte-Catherine (Creuse), il fut arrêté le 5 mai 1944 à l’occasion d’une opération de répression de maquis, menée par les GMR (Groupes Mobiles de Réserve, unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy) et les services de police judiciaire de Limoges dans deux fermes situées sur le territoire de ces deux communes, à Cloveix pour Sauviat et Le Barrat pour Saint-Martin, à la limite des deux départements. Au cours de l’engagement un maquisard Lucien Eliot, dit Frérot, frère jumeau de Louis fut tué. Quatre autres maquisards furent arrêtés dont Louis Eliot et Marcel Despoix.
Il fut incarcéré à la maison d’arrêt de Limoges, interrogé (il aurait alors reconnu sa participation à plusieurs opérations dont celle marquée par l’exécution du maire des Billanges Haute-Vienne). Il fut présenté le 23 juin 1944 devant une "cour martiale" créée sous l’autorité du gouvernement de Vichy, et condamné à mort par des juges français dont les noms resteront inconnus. Il fut exécuté aussitôt à 18 heures 32, en même temps que Marcel Despoix, Victor Renaud, Roger Gerbaud et André Béguin, à la maison d’arrêt de Limoges, 17 place du Champ de Foire, par des Français, miliciens ou GMR.
Inhumé dans un premier temps dans une fosse commune au cimetière de Louyat à Limoges conformément aux ordres du gouvernement de Vichy, il fut transféré après la guerre, dans le même cimetière, dans le carré militaire 76, créé en 1946 « A la mémoire des Martyrs de la Résistance française ».
Son nom est inscrit avec celui de son frère jumeau Lucien sur le monument aux Morts de Tournon-Saint-Martin (Indre), leur commune natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article194941, notice ELIOT Louis, Jean [pseudonyme Loulou] par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault, version mise en ligne le 29 août 2017, dernière modification le 10 novembre 2020.

Par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne 989 W 378-384 ; 11 J 3 — Arch. Municipales Limoges 4 H 142 — SHD Vincennes GR 16 P 208742 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — Registre des décès 1944, ville de Limoges, acte de décès n°1472.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément