GILLET Auguste, Félix, Marie

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 5 mai 1913 à Guéhenno (Morbihan), exécuté sommairement le 18 juillet 1944 à Colpo (Morbihan) ; débitant de boissons ; résistant.

Auguste et Rose Gillet
Auguste et Rose Gillet

Auguste Gillet était le fils de Félix Jacques Marie Gillet et de Germaine Lucie Julienne Coquantif. Il avait épousé Rose Marie Eugénie Mercier et tenait un café dans le bourg de Guéhenno (Morbihan).

Au début du mois de juin 1944, le 2e Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) ou 4e SAS (Special air service) des Forces françaises libres (FFL) fut parachuté en Bretagne. La mission des SAS était de saboter les voies de communication et de rassembler, équiper, former, encadrer les maquis bretons, avec pour objectif d’empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie des troupes allemandes stationnées en Bretagne. De nombreux résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel (Morbihan),
Le 18 juin 1944, le camp de Saint-Marcel fut attaqué en force par la Wehrmacht. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI-FTPF se replièrent en bon ordre et se dispersèrent. Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sécurité de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens bretons du Bezen Perrot, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient. Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Le 11 juillet 1944, François Munoz, un agent français de la FAT 354 de Pontivy se présenta en civil dans le café d’Auguste Gillet à Guéhenno (Morbihan), où étaient attablés Alain Le Cuillier de Vannes (Morbihan), Jean Le Grégam et son frère Roger Le Grégam de Séné (Morbihan). En leur montrant qu’il portait en dessous de son imperméable un uniforme de sous-lieutenant parachutiste SAS, Munoz parvint à déjouer leur méfiance. Il leur déclara qu’il cherchait à rejoindre le capitaine Marienne et leur demanda où habitait le boucher Mahieux qui ravitaillait les SAS et pourrait le conduire à lui. Ils lui indiquèrent l’habitation toute proche de Louis Mahieux qui ne tenait pas une boucherie dans le bourg, mais tuait les bêtes achetées par les SAS aux paysans des environs et découpait la viande qu’il livrait au maquis. Louis Mahieux fut arrêté à son domicile en même temps que les occupants du café Gillet. Ils furent tous conduits à Locminé (Morbihan) et incarcérés dans l’école des filles où ils y furent interrogés et torturés par des policiers du SD et des agents français de la FAT.

Le 18 juillet 1944, Auguste Gillet fit partie des treize détenus de Locminé qui furent amenés dans le bois de Coët-Kermeno à Botségalo en Colpo, où ils furent exécutés : Auguste Gillet, Georges Corvec, Marcel Doussineau, Julien Garaud, Laurent Henrio, Louis Le Duic, Jean Le Grégam, Roger Le Grégam, Marcel Le Roy,Raymond Maho, Robert Robo et deux inconnus (Inconnu 1 et Inconnu 2).
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Sur les registres de l’État-civil de Colpo, l’acte de décès numéro 31 dressé le 24 juillet 1944, fait mention de la découverte le 23 juillet 1944 au lieu-dit Coë- Kermeno, du corps d’« un individu de sexe masculin dont l’identité n’a pu être établie et dont la mort paraît remonter à cinq jours ». Par un jugement du tribunal civil de Vannes rendu le 27 novembre 1944 et transcrit en mairie de Colpo le 22 mars 1945, ce corps a été reconnu officiellement comme étant celui d’Auguste Gillet.

Auguste Gillet a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été attribué, ainsi que la Médaille de la Résistance à titre posthume par le décret du 18 mai 1960 publié au JO le 24 mai 1960.

Dans le Morbihan, le nom d’Auguste Gillet est inscrit sur le monument commémoratif érigé à Botségalo en Colpo et sur le monument aux morts de Guéhenno.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195005, notice GILLET Auguste, Félix, Marie par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 31 août 2017, dernière modification le 26 janvier 2022.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Auguste et Rose Gillet
Auguste et Rose Gillet
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 255693. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Kristian Hamon, Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse-Bretagne, Quéven, 2013. — " L’honneur volé de Jean Pessis parachutiste SAS mort pour la France ", juillet 2017, sur le blog de Kristian Hamon. — " Maurice Zeller ", sur le site Internet Bretagne-Occupation et Libération, 11 mai 2012— Mémorial GenWeb. — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Colpo (acte et jugement déclaratif de décès).

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