JOLY François, Bonaventure [pseudonyme dans la résistance : CALLAS ou Colas ?]

Par André Balent

Né le 4 avril 1924 à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), mort en action le 16 août 1944 à Bournoncle–Saint-Pierre (Haute-Loire) ; réfractaire au STO ; résistant (maquis Saint-Beauzire « Pierre-Louis », AS / FFI).

François Joly était le fils de Joseph, ouvrier à l’usine de dynamite Nobel de Paulilles (commune de Port-Vendres) et de Marie-Thérèse Targues. Incorporé dans un Chantier de jeunesse en Haute-Loire, il le quitta lorsqu’il fut réquisitionné par les Allemands pour le STO. Il rejoignit la Résistance altiligérienne dans le Brivadois, au nord-ouest du département. Il fit partie du maquis de Saint-Beauzire (AS). Au mois de juillet 1944, les FTPF et l’AS s’unifièrent dans le cadre des FFI. La 7e zone (Brioude) était commandée par Jean Maurin alias « Cobra » (1910-1998) instituteur, connu aussi sous le nom de « commandant Maurin ». Ce dernier exerçait alors à Bournoncle (commune dénommée Bournoncle–Saint-Pierre depuis 1961). Le maquis de Saint-Beauzire intégra la zone placée sous l’autorité de Maurin. Joly fit partie du groupe « Pierre-Louis », composante de ce maquis, commandée par le lieutenant Arsène, Georges Courtayre, originaire du Cantal.

François Joly participa à de nombreuses actions menées par ce maquis. Après le 15 août 1944, les Allemands présents à l’ouest du Rhône, abandonnèrent leurs garnisons. Ils firent mouvement vers l’est afin d’être pris dans une nasse après le débarquement allié en Provence. Dans leur traversée du Massif central, ils furent harcelés par les maquis.
Celui de François Joly participa à ces actions. Une colonne allemande quitta Saint-Flour (Cantal) et pénétra dans le Brivadois (Haute-Loire). Comprenant environ 550 hommes, elle comprenait une compagnie du 4e bataillon du 95e régiment de sécurité et trois compagnies du 1000e régiment motorisé. La résistance brivadoise décida d’attaquer cette colonne le 16 août, près du hameau de Bard (commune de Bournoncle). Le matin les maquisards (Compagnie Coutel) avaient connu un premier succès au niveau de la Baraque David. L’après-midi, la section « Pierre-Louis » décida de tendre une embuscade en haut de la côte de Largellier. Un autre groupe de maquisards ( du 8e Dragons) commandé par le lieutenant de Grossouvre demanda à se joindre à « Pierre-Louis » pour participer à cette attaque. Cette intégration fut acceptée par Courtayre.

Une erreur dans l’exécution du plan, fut fatale aux attaquants. Ils furent pris en tenaille par une colonne bien armée aux effectifs supérieurs. Les maquisards furent pris sous un feu nourri et laissèrent des morts et des blessés sur le terrain. Les survivants décrochèrent vers le village de Bard, proche du lieu de l’affrontement. Les blessés furent achevés : ce fut le cas de François Joly. Raoul Vignettes (op. cit.) affirme que ce fut « à coups de baïonnette ». Dix-sept cadavres de maquisards furent mutilés, cinq autres étaient dispersés près de Bard. Des prisonniers furent ensuite déportés en Allemagne. Les corps des vingt-deux maquisards (dont dix-sept de la section « Pierre-Louis » et cinq du 8e Dragons) furent transportés dans une chapelle ardente installée dans l’école de Bournoncle. Ils furent inhumés le 18 août à Bournoncle sous la menace d’un avion allemand. La cérémonie donna lieu à un grand rassemblement de villageois ;

Le nom de François Joly figure parmi les trente-sept noms — dont les vingt-deux du 16 août 1944 — du monument commémoratif des morts de 1939-1945 érigé près du hameau des Combes à Bournoncle. Il est également gravé sur le monument aux morts de Port-Vendres. Un quai du port de cette ville porte désormais le nom de François Joly.
Il fut déclaré « mort pour la France », "tué au combat", homologué FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195118, notice JOLY François, Bonaventure [pseudonyme dans la résistance : CALLAS ou Colas ?] par André Balent, version mise en ligne le 3 septembre 2017, dernière modification le 6 novembre 2020.

Par André Balent

SOURCES : AVCC : AC 21 P 57593. Dossier François Joly (non consulté) .— SHD Vincennes : GR 16 P 310689. dossier de résistant de François Joly (non consulté) .— Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II a, Els Alemanys fa (pas massa) … temps, Prades, Terra Nostra, 1996, p. 922, p. 981. — Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983 .— Raoul Vignettes, Les rues qui nous interpellent, Saint-Estève, Imprimerie de la gare, 1999, 45 p. [p. 18]. — Déborah Layris, « Le mercredi 16 août 1944 à Bard … », La Ruche, hebdomadaire de Brioude et de sa région, 26 août 2016. — Site MemorialGenWeb, consulté le 2 septembre 2017. — Site http://www.archives43.fr, consulté le 2 septembre 2017.

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