GARNOTEL Jean, Marie. Pseudonyme dans la Résistance : Vincent

Par Jean-Marie Guillon

Né le 10 avril 1904 à Fresnes (Seine) ; chauffeur à Paris ; communiste ; cadre clandestin du parti communiste à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Fils d’Amable Garnotel et de Jeanne Favez, Jean Garnotel, marié à Eugénie James, était père de deux enfants. Résidant à Paris où il travaillait comme chauffeur, il militait au Parti communiste depuis 1934. Membre de la cellule de la Porte d’Ivry, il en fut le secrétaire adjoint jusqu’en 1939. Il avait été condamné à quinze jours de prison pour atteinte à la liberté du travail.
Mobilisé en 1939 comme chauffeur au ministère de l’Armement, il fut démobilisé le 15 août 1940 à Albi (Tarn). Revenu à Paris, il n’était pas chez lui lorsque la police vint le chercher pour l’interner, le 5 octobre 1940. Prévenu par sa femme, il se cacha à Paris chez sa sœur et travailla sur divers chantiers de chômage. D’après sa déposition à la police, il partit de Paris en août 1942 par peur de la réquisition pour le travail en Allemagne. Sous le pseudonyme Vincent, il aurait été envoyé à Marseille comme agent de liaison entre le bureau régional du parti communiste clandestin et un certain nombre de sections, auxquelles il se serait contenté d’apporter les instructions transmises par les responsables (Édouard, puis Pierre) et parfois des tracts. Il collectait aussi l’argent des cotisations et faisait la liaison avec le responsable régional de la Jeunesse communiste, Paul Courtieu. Il reconnut aussi avoir la responsabilité des archives du bureau régional du parti communiste clandestin et tenir la comptabilité de l’organisation. Il lui était difficile de ne pas reconnaître cet ensemble de tâches puisque la perquisition effectuée à son domicile, le 7 décembre 1942, permit de découvrir une caisse avec 10 920 francs et de nombreux documents, en clair ou chiffrés (fiches sur des militants, liste noire, circulaires, schémas d’organisation et de rapports). Ces documents concernaient en particulier diverses sections des Bouches-du-Rhône (A, B et D de Marseille, E de Marignane, G d’Aix-en-Provence, I d’Orgon-Cavaillon, J de Martigues, K de Miramas et L des mineurs de Gardanne). Jean Garnotel affirma ne rien savoir du chiffrage des documents. Ceux-ci paraissent attester de son appartenance à la direction régionale du parti clandestin. Garnotel adressait des instructions à Maurice Tribes Henri de l’appareil cadres qui avait été arrêté par des gendarmes le 4 décembre 1942, au centre de Marseille, arrestation qui permit de fil en aiguille celle de dix huit militants de Marseille et d’Aix-en-Provence, dont Garnotel et Courtieu.
Jean Garnotel fut condamné par la Section spéciale de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 20 juillet 1943, à cinq ans de travaux forcés et cinq ans d’interdiction de séjour. Comme la plupart des autres condamnés, il fut transféré à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) où il resta du 9 novembre 1943 au 30 mai 1944, puis, via le camp de Compiègne, déporté à Dachau le 18 juin suivant, avec le matricule 73.494. Il fut libéré à Allach le 30 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195221, notice GARNOTEL Jean, Marie. Pseudonyme dans la Résistance : Vincent par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 7 septembre 2017, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 8 W 40. — Sites internet de l’Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses eysses.fr et de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, www.bddm.org/liv/index_liv.php.

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