TRIBES Maurice, Marius. Pseudonyme dans la Résistance : Henri

Par Jean-Marie Guillon

Né le 20 avril 1900 à La Vernarède (Gard), mort le 20 mai 1980 ; camionneur à Alès (Gard) ; militant communiste ; responsable cadre dans la clandestinité.

Fils d’Auguste Tribes et de Marie Galissard, Maurice Tribes était camionneur et résidait à Alès (Gard). Il avait fait son service militaire dans l’aviation et c’est dans cette arme qu’il fut mobilisé en 1939-1940. Militant communiste depuis 1923, il avait appartenu à la cellule de la Montée de Silhol à Alès jusqu’en 1939.
Veuf, sans enfant, il participa à la reconstitution du Parti communiste clandestin dans le secteur d’Alès, ainsi que, d’après Ange Alvarez à la constitution de l’Organisation spéciale (OS).
D’après sa déposition devant la police, il aurait été contacté en mars 1942 par Édouard pour militer dans la clandestinité et aurait finalement accepté peu avant d’être envoyé à Marseille. Il arriva dans cette ville le 12 octobre 1942 comme « vérificateur » pour les sections B et D de Marseille, E de Marignane et K de Miramas, sous le pseudonyme d’Henri. Il fut arrêté par des gendarmes le 4 décembre 1942, au centre de Marseille, rue Saint-Ferréol, avec Joseph Dani. Les documents saisis chez lui - fiches sur des militants, liste noire, circulaires, schémas d’organisation et de rapports - attestent de son appartenance à l’appareil « cadre ». Il avoua être en contact avec les responsables politiques Francis et Vincent. Ce dernier, Jean Garnotel fut arrêté peu après, de même que le Gardois Paul Courtieu qui était le responsable régional pour la Jeunesse communiste.
Maurice Tribes fut condamné par la Section spéciale de la cour d’appel d’Aix-en-Provence le 20 juillet 1943 à 5 ans de travaux forcés. Outre Courtieu, le plus sévèrement condamné (dix ans de travaux forcés) et Garnotel, seize autres militants, aixois et marseillais, furent condamnés dans la même affaire. Comme la plupart des autres condamnés, il fut récupéré par les Allemands, envoyé au camp de Compiègne et, de là, déporté à Dachau le 18 juin 1944. Il fut libéré à Allach le 30 avril 1945.
Dans les souvenirs d’Ange Alvarez, il apparaît sur une photo des cadres communistes gardois réunis au château de la Jasse-de-Bernard en mai 1945 aux côtés en particulier d’Arthur Vigne et Fernand Corbier, futur maire de la Vernarède, commune où il décéda en 1980.
Plusieurs autres Tribes, originaires de la région d’Alès, militèrent dans la Résistance communiste, notamment Paul et Raymond Tribes, eux aussi résidant à Saint-Jean-du-Pin, ainsi que Roger Tribes, membre de l’appareil « cadre », fusillé à Marseille vraisemblablement le 2 octobre 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195258, notice TRIBES Maurice, Marius. Pseudonyme dans la Résistance : Henri par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 9 septembre 2017, dernière modification le 10 septembre 2017.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 8 W 40. — Site internet du Livre-Mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, www.bddm.org/liv/index_liv.php. — Ange Alvarez, Mémoires de Résistance, Cévennes, Montpellier, Val d’Aran, Alès, Espace Sud Diffusion, 1994. — Renseignements fournis par Fabrice Sugier.

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