MASSIAS Gérard, Frédéric, Eugène

Par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault

Né le 12 août 1899 à Ruffec (Charente), mort en action le 20 août 1944 à Rilhac-Rancon (Haute-Vienne) ; professeur d’éducation physique au lycée Henri IV de Poitiers (Vienne) ; résistant FTPF de la Haute-Vienne.

Gérard Massias était le fils de Pierre, Frédéric Massias âgé de 28 ans à sa naissance et d’Eugénie Delatte âgée de 29 ans ; son père fut par la suite inspecteur de l’enseignement primaire. Engagé volontaire à 18 ans, lors du premier conflit mondial, il participa aux deux dernières années de la guerre. Professeur d’éducation physique au collège de La Châtre (Indre), il y épousa le 21 juillet 1923 Madeleine, Valentine Rispoil, également membre de l’enseignement. Une fille Michèle était née en 1922, deux autres enfants, des garçons, Jacques et Jean, naquirent en 1924 et 1927. Le couple fut ensuite nommé à Châtellerault (Vienne), Gérard Massias enseignant au collège de garçons. Il entra dans la Franc-Maçonnerie, intégrant en 1931 la loge châtelleraudaise « L’Avenir » du Grand Orient de France. Il y devint maître en octobre 1933. En 1934, il fut nommé professeur d’éducation physique au lycée de garçons de Poitiers, le lycée Henri IV. Resté l’un des responsables de la loge maçonnique de Châtellerault, il adhéra de surcroît à la loge maçonnique « Solidarité » de Poitiers. Musicien, il avait appris seul à jouer du violon (selon le témoignage de sa fille, recueilli en 1996 par Christian Richard, op. cit.), était auteur de pièces de théâtre, qu’il faisait jouer « animant des troupes d’amateurs partout où il enseigna » (idem. op. cit.). Il fut révoqué de son poste comme franc-maçon le 13 décembre 1941. Son épouse, enseignante au lycée de jeunes filles Victor Hugo de Poitiers étant décédée en 1940, la famille fut réduite à la misère, ne survivant que grâce à l’activité de la jeune sœur de Gérard Massias venue vivre avec lui du fait de l’internement de son mari comme prisonnier de guerre. La famille acquise aux idées de résistance, l’aîné de ses deux fils Jacques, étudiant à Poitiers, participa à la création d’un petit groupe d’étudiants résistants, le groupe « Tullius ». Il participa le 13 mai 1943 à l’attentat contre le docteur Michel Guérin, président du Parti populaire français de la Vienne. Celui-ci écrivait régulièrement dans L’Avenir de la Vienne sous le pseudonyme de Chavigny où il dénonçait les communistes et les francs-maçons, et se déclarait partisan de la collaboration avec l’Allemagne. Arrêté en septembre 1943, Jacques Massias fut finalement condamné à mort par le tribunal militaire allemand du Gross Paris et fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine). Gérard Massias décida alors de venger la mort de son fils et s’engagea en compagnie de son deuxième fils Jean à peine âgé de 17 ans dans la Résistance armée. Ils rejoignirent dans le département de la Haute-Vienne un maquis FTPF, sous les ordres de Georges Guingouin, la 2404ème compagnie FTPF (sous-secteur D). Son expérience militaire le fit promouvoir à un poste de commandement, lieutenant sous le pseudonyme de Grégoire.
A partir du 12 août 1944 alors que les premiers signes d’un départ imminent des troupes allemandes et de leurs collaborateurs se précisaient, plusieurs maquis de la Haute-Vienne sur ordre du commandant départemental des FTP, Georges Guingouin, vinrent s’établir autour de Limoges, la libération de la ville semblant proche. Ces maquis s’installèrent à partir de la nuit du 13 au 14 août, dans les communes périphériques de Limoges. La 2404ème compagnie FTPF vint prendre position au nord de Limoges. Le 20 août à la veille de la Libération de la ville, il fut tué au combat sur la commune de Rilhac-Rançon, au lieu-dit Brachaud. Selon le témoignage de sa fille (Christian Richard, op. cit.), Gérard Massias se trouvait avec plusieurs camarades dans un véhicule, assurant une liaison entre deux postes de résistance en embuscade au nord de Limoges, lorsque son véhicule se trouva face à un blindé allemand qui ouvrit aussitôt le feu. Gérard Massias et un de ses camarades Alberto Ferrari furent tués sur le champ, un autre maquisard, Marcel Guillemin, blessé « réussit à ramper jusqu’à un champ de topinambours, proche. Après l’avoir arrêté les allemands le massacrèrent lâchement » (dossier ADIRP 87). Selon une autre version proche (ADIRP 87), il « faisait partie d’un groupe d’éclaireurs pris à revers par l’ennemi au lieu-dit Brachaud » au nord de l’agglomération, à proximité de la commune de Rilhac-Rancon.
Gérard Massias obtint la mention Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Rilhac-Rancon et sur le monument 1939-1945 à Limoges au Jardin d’Orsay. Il figure également sur une stèle commémorative sur le lieu de son décès au bord de la nationale 20 à Rilhac-Rancon ainsi que sur la plaque commémorative située dans la cour d’honneur du collège René Descartes, à Châtellerault avec l’inscription "Aux élèves et professeurs morts pour la France". Il figure enfin dans le temple de la loge La Solidarité à Poitiers sur une plaque dédiée par « les loges maçonniques de Poitiers à la mémoire de leurs frères assassinés par les nazis … Gémissons, gémissons, espérons ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195308, notice MASSIAS Gérard, Frédéric, Eugène par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault, version mise en ligne le 10 septembre 2017, dernière modification le 14 février 2018.

Par Bernard Pommaret, Dominique Tantin, Michel Thébault

SOURCES : ADIRP 87. — SHD GR 16 P 401685. — SHD-PAVCC Caen AC 21 P 89032.— Christian Richard, La Solidarité, une loge maçonnique poitevine, Geste Éditions, 2008 — Mémoire des hommes — Mémorial genweb — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément