MOLOJEC Boleslaw [Pseudonymes : Czara, Witold, Pétrovitch, Edward]

Par Daniel Grason

Né le 5 février 1909 à Tomazow Mazowiecki (Pologne), exécuté en décembre 1942 à Varsovie (Pologne) ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Membre des Jeunesses communistes de Pologne de 1926 à 1927, à partir de 1928, membre du Parti communiste de Pologne, il devint secrétaire de cellule. Cadre d’une organisation numériquement faible, il a été envoyé au début des années 1930 à Moscou où il suivit des cours de formation idéologique et politique. En 1935 il était membre du secrétariat du comité central du Parti communiste, et secrétaire du comité de Varsovie.
Il partit combattre en Espagne républicaine au sein des Brigades internationales en 1936, pseudonyme Edward. Il fut nommé lieutenant, capitaine, chef du bataillon Adam Mickiewicz au sein de la XIIIe Brigade internationale Jaroslaw Dombrowski. Major, il participa aux combats de l’Ebre où étaient engagés les bataillons Mickiewicz et Palafox ainsi que les compagnies Botvine (composée de juifs) et Chevtchenko.
Il témoigna dans une lettre à sa femme de l’intensité des combats : « les fascistes ont réussi, après une intense préparation d’artillerie, à avancer sur notre aile gauche avec des tanks et à chasser le deuxième Compagnie (Botvine) du Palafox de ses positions. »
« Les Compagnies Botvine et Chevtchenko, prises sous un véritable ouragan de feu, ont accepté la lutte contre les fascistes. D’abord à la grenade, puis au corps à corps à la baïonnette. La deuxième Compagnie est obligée de retirer le reste de ses soldats : « Ici ont attaqué sept bataillons fascistes. Vingt contre un ! »
Le Premier ministre Juan Negrin décerna la Médaille du courage à la Brigade Dombrowski pour : « En reconnaissance du comportement héroïque de la XIIIe Brigade, qui a combattu huit jours sans interruption lors des opérations du secteur de l’Ebre… »
Boleslaw Molojec a été nommé en septembre 1938 responsable de la base de démobilisation des Brigades internationales. Lors du retrait des brigadistes, il passa la frontière, fut interné au camp du Vernet (Ariège), libéré à la suite d’un engagement pour aller travailler en Allemagne. Il ne s’y rendit pas. Il alla à Paris, habita 11 rue Vicq-d’Azir (Xe arr.), puis 10 rue de l’Amiral-Mouchez (XIVe arr.). Il dirigea le Groupe d’initiative pour la fondation du Parti ouvrier polonais pour les affaires polonaises fondé à l’initiative de l’Internationale communiste.
Il demanda à séjourner en France, un refus de séjour lui a été signifié le 4 mars 1939. Une note du Ministère de l’Intérieur, en date du 19 juillet 1939 prescrivait de sursoir à son départ en attentant que le Consulat général de Pologne à Paris lui délivra un passeport.
Boleslaw Molojec était en relation avec des militants communistes polonais qui s’étaient structurés dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais avec François Sobocki et en région parisienne avec Boleslaw Maslankiewicz et Piotr Baran. Recherché à la suite des arrestations de Sobocki et Baran, la police sur commission rogatoire interrogea le logeur de Molojec rue de l’Amiral Mouchez, selon celui-ci, Molojec « ne semblait pas travailler, se présentait comme un agent de change et se déplaçait avec une serviette de cuir à la main  » Un mandat de recherches fut lancé pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.
Boleslaw Molojec rejoignit Moscou en 1941, le Parti communiste polonais ne comptait que peu de cadres ayant des compétences militaires, hormis ceux qui venaient de combattre en Espagne.
Boleslaw Molojec rejoignit Moscou. L’Internationale communiste était dirigée par Georgi Dimitrov, il fut décidé de parachuter un groupe de communistes polonais d’une dizaine de personnes. L’objectif était de créer un parti ouvrier, officiellement sans lien avec le Komintern. Molojec serait le responsable de la Garde Populaire.
En octobre 1941 un avion soviétique était envoyé vers Varsovie, il s’écrasa, un membre du groupe tué. Un second vol était préparé, le 18 décembre parmi les onze parachutés trois anciens des Brigades internationales, le résident du NKVD à Varsovie, une femme opératrice radio, la plupart des parachutés étaient fondateurs du Parti ouvrier polonais. Le triangle de direction était composé de Marcell Nowotko (responsable du parti), Boleslaw Molojec (militaire) et Pawel Finder.
Le 5 décembre 1942, Boleslaw Molojec informait Dimitrov que Marceli Nowotko avait été tué dans la rue par la police, sa femme étant déjà arrêtée. Nowotko était soupçonné par Mojolec d’être un agent de la police secrète allemande, Zygmunt Molojec, frère de Boleslaw avait été chargé d’exécuté Nowotko. Un « tribunal » formé de quatre membres dont Pawel Finder condamnera les frères Molojec à mort dans les entendre. Boleslaw et Zygmunt Molojec ont été exécutés en décembre 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195502, notice MOLOJEC Boleslaw [Pseudonymes : Czara, Witold, Pétrovitch, Edward] par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 septembre 2017, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/63 B (dossier 431). – David Diamant, Combattants Juifs dans l’armée Républicaine espagnole. 1936-1939, Éd. Renouveau, 1979. – Pierre Buhler, Histoire de la Pologne communiste. Autopsie d’une imposture, Karthala, 1997. – Gaël Moullec, Dimitrov. Journal 1933-1949, Éd. Belin, 2005.

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