LUQUET Jules, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 9 octobre 1877 à Carcès (Var), mort le 1er février 1954 à Carcès ; entrepreneur ; militant socialiste ; conseiller municipal de Carcès ; conseiller général.

Fils d’un cultivateur, Jules Luquet était entrepreneur de travaux publics et de maçonnerie à Carcès. Selon Alphonse Lemonnier, il avait « tout jeune, faisant partie des cercles rouges […] puisé dans ces milieux la fermeté des principes qui l’a toujours conduit à la victoire dans les campagnes électorales. » Candidat socialiste aux élections municipales de Carcès, le 30 novembre 1919, il fut élu dès le premier tour en troisième position, avec 187 voix sur 608 inscrits. Dès le 10 décembre, il obtint 5 voix pour la désignation de l’adjoint contre 9 à son adversaire. Ces cinq édiles du « parti républicain minoritaire […] en contradiction avec les idées politiques de nos premiers magistrats » démissionnèrent, le 11 février 1921. Seuls candidats, ils furent réélus le 13 mars 1921, Luquet arrivant en tête avec 303 voix. Ils démissionnèrent à nouveau en septembre et furent battus aux nouvelles élections, le 4 décembre 1921. Mais Luquet ne se représenta pas sans donner de raisons.

En 1925, Jules Luquet, en tête de la « liste d’entente démocratique et de défense des intérêts communaux » ne fut pas élu, le 3 mai, avec 208 voix sur 612 inscrits. Le 24 juin 1928, candidat socialiste SFIO au Conseil général obtint 244 voix sur 1 894 inscrits dans le canton. A nouveau candidat aux élections municipales sur la « liste républicaine socialiste et d’intérêt local », il fut le seul élu au premier tour, le 5 mai 1929, avec 253 voix sur 644 inscrits. Rejoint au deuxième tour par deux colistiers, minoritaire, il vota blanc pour désigner le maire et fit partie de la commission des travaux. Le 20 août, ces minoritaires démissionnaient des diverses commissions. En leur nom, Luquet affirmait qu’ « ils n’étaient pas venus au sein de l’assemblée communale pour faire de l’obstruction […]. Ils avaient à cœur de collaborer avec toutes leurs connaissances et toute leur intelligence dans la tâche commune que les électeurs nous ont octroyée et ce pour le bien et la prospérité de notre Cité. » Le maire, dans sa réponse, accepta leur participation aux principales commissions et précisa « Je suis heureux qu’à dater de ce jour, notre assemblée ne compte plus que des amis, le parti majoritaire et le parti minoritaire disparaissent […] ». Luquet entra ainsi dans la commission des finances et, le 18 juin 1931, fit accepter la reprise de la délivrance des fournitures scolaires gratuites. Dans les débats sur l’usine électrique, il préconisa la construction d’une nouvelle usine.

Une crise s’en suivit dans la section socialiste SFIO dont il était le secrétaire et qu’il représentait dans les congrès fédéraux.

Le conseiller général sortant, maire de droite de Carcès, Gazan, n’arrivait pas à obtenir des subventions de la commission départementale du Conseil général, orienté à gauche. Pour le renouvellement de celui-ci, en 1931, il ne fit pas campagne et Jules Luquet fut élu dès le premier tour, le 25 octobre, avec 624 voix sur 1 865 inscrits. Félicité par tous les conseillers municipaux, le 28 novembre, il s’engagea à intervenir « pour que satisfaction soit donnée à notre demande ». Nommé secrétaire de l’assemblée départementale en 1932-1933, il fit partie pendant le mandat des commissions des travaux publics et bâtiments départementaux, des transports, de l’hydraulique, de la commission de l’Assistance publique, du conseil d’administration de l’office public d’habitations à bon marché (1931-1934), du comité départemental de la pêche fluviale. Il rapporta sur des questions de voierie départementale, de lignes d’autocar et de baux des gendarmeries. A partir de 1935, il vota avec la majorité dite « de Front populaire ». Membre de la Commission départementale en 1933, il devint un des vice-présidents de l’assemblée départementale en 1936.

Après le congrès fédéral du Luc, le 26 mars 1933, il choisit, comme le député Hubert Carmagnolle, de soutenir Pierre Renaudel. Il devint le premier secrétaire de la section de Carcès du Parti socialiste de France qui eut une vie difficile. Eclaboussés par le scandale Gazan, seulement 4 conseillers municipaux se représentèrent sur la liste « néo » aux élections municipales de 1935. Luquet, qui l’animait, obtint 217 voix sur 612 inscrits et 245 voix, le 12 mai. Il se retira de toute action politique et ne se représenta pas aux élections cantonales de 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195513, notice LUQUET Jules, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 18 septembre 2017, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép.Var, 2 M 3 52, 5 275, 276, 280, 7 24 1, 28 1 ; 3 Z 2 2. — Lemonnier (Alphonse), Historique du Conseil général et des conseils d’arrondissement du département du Var , Draguignan, 1933.

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