CHARVIN Robert, Édouard

Par Jacques Girault

Né le 13 décembre 1938 à Nice (Alpes-Maritimes) ; professeur d’Université ; militant communiste des Alpes-Maritimes ; membre du secrétariat international de l’Association internationale des juristes démocrates.

Fils d’un ingénieur athée, de sensibilité radical-socialiste avant la guerre, puis « conservateur indifférent » sous la IVe République, et d’une commerçante, Robert Charvin ne reçut aucun sacrement religieux. Il effectua sa scolarité primaire et secondaire au lycée Masséna de Nice. Après avoir obtenu la licence en droit, des diplômes d’études supérieures de droit public et de science politique à la Faculté de droit d’Aix-en-Provence, il devint assistant en 1964, puis maître-assistant à la faculté de Droit de Nice. Docteur en droit en 1967 avec une thèse, « Justice et Politique (évolution de leurs rapports) », », agrégé de droit public et de science politique (1970), il devint maître de conférences à l’Université de Saint-Étienne (1970-1972), puis professeur à l’Université de Nice (1973-2007) tout en étant chargé de cours dans des universités françaises (Paris VIII) et étrangères (Constantine, Iéna, Marrakech, Genève entre autres). Vice-doyen puis doyen de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice Sophia-Antipolis (1974-1978), il siégea au conseil de gestion de la Faculté durant vingt-cinq ans et au conseil d’Université pendant deux ans. Entre 1986 et 1990, il dirigeait un cabinet d’avocat à Nice spécialisé dans le droit administratif, le droit pénal, le droit du travail.
Membre pendant quelques années du secrétariat (Bruxelles) de l’Association internationale des juristes démocrates, responsable des secteurs Corée et Palestine et des revues Corée et Palestine et Droit, Charvin siégea, jusque dans les années 2000, au comité exécutif et au secrétariat (Genève) pendant dix ans de Nord-Sud XXI, organisation non-gouvernementale à statut consultatif auprès de l’ONU, et fut enfin responsable de la revue Nord-Sud XXI. À l’occasion de ces activités, il participa à des missions d’enquêtes dans le monde (territoires palestiniens, RDA, Angola, Algérie, Venezuela, Corée du Nord, Libye, Nicaragua, Côte d’Ivoire, etc.). En outre, il anima plusieurs recherches ou colloques sur le Maghreb en liaison avec des universités ou des chercheurs d’Algérie, du Maroc et de la Libye notamment. Il fut membre du Comité national de France-RDA jusqu’au début des années 1990 et de la présidence collective du Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée à partir des années 1990.
Charvin se maria en juin 1962 à Villefranche-sur-mer (Alpes-Maritimes),
Militant de l’UNEF, puis du SNESup (1967-1990), Charvin fut pendant quelques années le secrétaire de la section SNESup de la faculté de Droit de Nice.
Membre des Jeunesses communistes à partir de 1956 et de l’Union des étudiants communistes à partir de 1958, secrétaire du comité de ville à Nice et du comité national de l’UEC, Charvin adhéra au Parti communiste français en 1960. Secrétaire de la cellule communiste du Col de Villefranche (Section Nice-Port), membre du comité de la fédération communiste des Alpes-Maritimes en 1966, de la commission de l’enseignement à partir de 1968, il fut régulièrement renouvelé dans cette instance jusqu’en 1994. À partir de 1970, il devint responsable du travail en direction des intellectuels.
Charvin fut élu conseiller municipal de Villefranche-sur-mer et adjoint au maire, le 21 mars 1971, sur la liste d’« Union démocratique » qu’il conduisait. Il lutta particulièrement contre la spéculation immobilière. Délégué à la commission administrative du bureau d’aide sociale, il ne se représenta pas en 1977 pour être candidat à la fin de la liste d’union de la gauche, à direction socialiste (Max Gallo) à Nice en 1983. Candidat suppléant aux élections législatives de 1973 dans la 4e circonscription de Menton, il fut élu conseiller général du canton de Breil-sur-Roya en 1976 et fut battu en 1982, obtenant 860 voix au premier tour (deuxième position) et 1 047 au second.
Charvin contesta divers aspects de la politique du PCF à la fin des années 1970 et au début des années 1980, ainsi que les pratiques de la fédération communiste, à partir de 1978, qu’il jugeait « ouvriériste, anti-intellectuelle, sans talent, se refusant à la bataille contre la corruption de la droite locale ». Il intervint au sein de l’Association française des juristes démocrates contre les positions favorables aux orientations de la direction du PCF. Il prit position pour les analyses de Pierre Juquin en signant un texte de soutien paru dans la presse. Il resta membre du PCF, « considérant que s’il y a question de "départ" hors du Parti, c’est à d’autres de le faire. J’ai adhéré à un projet de société et non à tel ou tel groupe d’hommes, encore moins pour servir les options de tel ou tel dirigeant ».
Charvin, initié à la Franc-maçonnerie (Grand-Orient de France) en 1996, était en outre un des animateurs de diverses associations dont celles des Amis de la Roudoule, constituée pour la défense des villages de l’arrière-pays niçois. Il rédigea en 2002 et en 2004, aux éditions du Losange à Nice, deux livres à tendance autobiographique, Une éducation politique provinciale : confessions sur une fin de siècle niçoise et La Situation est grave, mais pas désespérée. En outre, il était membre du conseil d’administration de la Mutuelle générale de Nice des anciennes Mutuelles de France.
Membre des comités de rédaction de diverses revues (Recherches Internationales, Droit Ouvrier, Utopie Critique), Charvin, père de trois enfants, était, en 2011, chroniqueur de l’hebdomadaire « progressiste de la Côte d’Azur », Le Patriote.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19552, notice CHARVIN Robert, Édouard par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 juin 2020.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Parmi les 64 notices figurant au fichier de la Bibliothèque nationale, nous avons dégagé : Justice et politique : évolution de leurs rapports, LGDJ, 1968 (réédition à Lyon, L’Hermès, 2003). — Les États socialistes aux Nations unies, textes choisis et présentés, A. Colin, U2, 1971. — La République démocratique allemande, LGDJ, 1973. — Les États socialistes européens, institutions, vie politique, Dalloz, 1973 (réédition en 1985). — La justice en France : mutations de l’appareil juridique et luttes de classes, Éditions sociales, 1976. — La République populaire démocratique de Corée, LGDJ, 1984. — En collaboration, Les relations internationales des États socialistes, PUF, Thémis, 1981. — En collaboration, Relations internationales, Montchrestien, 1981 (rééditions en 1983, 1984). — En collaboration, Droits de l’homme et libertés de la personne, Litec, 1994 (rééditions en 1997, 2000, 2002, 2007). — Relations internationales, droit et mondialisation : un monde à sens unique, L’Harmattan, 2000. — En collaboration, L’Algérie en mutation, L’Harmattan, 2001. — L’Investissement international et le droit au développement, L’Harmattan, 2002. — Le Droit de la protection sociale, L’Harmattan, 2007.— Les Tiers-Mondes. Du Sud aux Suds, Publisud,2012. — Comment peut-on être Coréen (du Nord), Delga, 2017— Jacques Vergès, un aristocrate du refus, L’Harmattan, 2012. — L’anticommunisme d’hier à aujourd’hui, L’Harmattan, 2017.

SOURCES : Arch. mun. Villefranche (A. Duboy). — Arch. comité national du PCF. — Presse. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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