DHOMBRES Pierre, André [alias « DAMIER » dans la clandestinité]

Par André Balent

Né le 22 juin 1922 à Saint-Jean-du-Gard (Gard), mort le 28 mai 1944 en action de combat à La Parade (Lozère) ; réfractaire au STO ; résistant du maquis Bir Hakeim du Languedoc, Armée secrète (AS)

Pierre Dhombres était le fils d’Albin et d’Eugénie Valentine. Il passa son enfance et son adolescence dans le bourg cévenol qui l’avait vu naître. La plus grande partie de la population de Saint-Jean-du-Gard était de religion réformée. Pierre Dhombres devait appartenir à la communauté religieuse majoritaire car les noms de trois victimes de la Première Guerre mondiales apposée dans le temple protestant de la commune portent le nom de Dhombres (il n’y a pas de Dhombres sur la plaque, avec beaucoup moins de noms, apposée dans l’église catholique). S’il avait répondu à la convocation des Chantiers de jeunesse, il fut réfractaire au service du travail obligatoire (STO). Il fut pris en charge par le « Comité de Saint-Jean-du-Gard » animé par Georges Lafont, maire de Saint-Étienne-Vallée-Française (Lozère) et Marceau Lapierre. Ces deux instituteurs résistants prirent en charge les jeunes cévenols réfractaires qu’ils cachèrent d’abord dans des fermes avant de les diriger vers le maquis école (Voir Sauvebois Aimé) qu’ils implantèrent à la Picharlarié, une ferme abandonnée, très isolée située dans le territoire de la commune de Moissac-Vallée-Française (Lozère). Nous venons de décrire là l’entrée en résistance de Pierre Dhombres.

Vers la mi-mars 1944, le maquis (AS) Bir Hakeim (Voir Capel Jean), venant de la vallée de la Cèze, dans le nord-est du Gard, partagea le cantonnement de la Picharlarié avec le maquis école du Comité de Saint-Jean-du-Gard. Les « Biraquins » (sobriquet qui désignaient les combattants de Bir Hakeim), bien fournis en armes, pourvus d’un uniforme et auréolés du prestige d’exploits qui avaient défrayé la chronique, exercèrent un attrait irrésistible sur les recrues du maquis école. Les deux maquis fusionnèrent, ne laissant que quelques individus du maquis école qui refusèrent cette absorption. Pierre Dhombres se retrouva donc bientôt combattant de Bir Hakeim qui fut, presque simultanément rejoint par un autre maquis de l’AS installé à la ferme du Galbertès (commune de Saint-Gilbert-de-Calberte, Lozère) à peu de distance de la Picharlarié. Celui-ci, la Brigade Montaigne (Voir Lindner Anton, Veylet Louis), elle-même issue de deux formations de l’AS avait la particularité de regrouper une majorité d’antinazis allemands ou autrichiens, pour la plupart communistes et, pour certains d’entre eux, anciens des Brigades internationales. La Brigade Montaigne intégra à son tour Bir Hakeim.

Ainsi renforcé le maquis affronta les forces d’occupation, en particulier des éléments de la 9e Panzer Hohenstaufen, dans les combats de la Vallée Française (7-12 avril 1944) auxquels participa Pierre Dhombres.

À la suite de ces combats, une partie des maquisards se regroupa d’abord au Castanier (Sainte-Croix-Vallée-Française, Lozère). L’ensemble de Bir Hakeim se retouva au château des Fons (Bassurels, Lozère) et enfin près du mont Aigoual au Grand Hôtel du Fangas (Valleraugue, Gard). Dhombres, promu lieutenant du maquis pour sa bravoure au combat fut hébergé dans ces cantonnements.

Pendant la nuit du 25 au 26 mai, le Grand Hôtel repéré par l’aviation d’observation allemande fut menacé par une attaque conjointe de GMR et de Francs gardes de la Milice. Capel donna l’ordre de quitter le lieux pour opérer une nouveau regroupement à La Parade, sur la causse Méjean (Lozère). Les maquisards furent répartis en deux groupes. La colonne motorisée acheminait, équipements et ravitaillement alors que le reste des maquisards dont faisait partie Pierre Dhombres se rendit à La Parade à pied. Pendant les deux jours de marche épuisante (26 et 27 mai) ils durent livrer quelques combats sporadiques contre les éléments collaborationnistes.

Le soir du 27 mai, ils arrivèrent enfin à La Parade. Le cantonnement fut établi au hameau de La Borie autour du « château » Lapeyre et à l’intérieur de celui-ci. Au petit matin, les forces d’occupation (Allemands et Arméniens de l’Ost Legion) venues de Mende (Lozère) et mises au courant de la présence Bir Hakeim sur le causse Méjean encerclèrent La Parade. Pierre Dhombres fut une des premières victimes de l’assaut de la Légion arménienne contre La Borie et le « château » Lapeyre.

Le 29 mai 1944, il fut inhumé dans une fosse commune du cimetière de La Parade. Identifié, à la suite de l’enquête dirigée par Anna Rousseau, secrétaire du CDL de la Lozère et épouse de l’une des victimes du combat de La Parade (Jean Rousseau*, alias « capitaine Brun », l’un des adjoints de Capel), son acte de décès fut consigné dans le registre de l’état civil de La Parade le 2 février 1945. Son nom fut inscrit sur le monument érigé à Mourèze (Hérault) en l’honneur des membres du maquis Bir Hakeim morts au combat ou fusillés. Il figure également sur le monument érigé à La Parade (commune de Hures-la Parade, Lozère) pour commémorer les morts du combat de La Parade et les prisonniers de Bir Hakeim exécutés sommairement à Badaroux. Son nom figure également sur le monument aux morts de Saint-Jean-du-Gard (Gard)

Voir La Parade (28 mai 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195721, notice DHOMBRES Pierre, André [alias « DAMIER » dans la clandestinité] par André Balent, version mise en ligne le 30 septembre 2017, dernière modification le 27 mars 2022.

Par André Balent

SOURCES : Association pour des études sur la Résistance intérieure (AERI), Association départementale des Anciens de la Résistance de Lozère, ANACR Lozère, La Résistance en Lozère, CDROM accompagné d’un livret, 27 p., Paris, 2006. — Site MemorialGenWeb consulté le 30 septembre 2017.

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