SELLIER Maurice (pseudonyme dans la Résistance « Michel »)

Par Claude Delasselle

Né le 23 mars 1923 à Tormancy, hameau de la commune de Massangis (Yonne), mort par suicide le 11 août 1944 à Précy-le-Sec (Yonne) ; ouvrier boulanger ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) de l’Yonne.

Collection Claude Delaselle

Après des études primaires, Maurice Sellier fut engagé comme apprenti puis ouvrier chez un boulanger de Joux-la-Ville. Célibataire, il n’appartenait avant l’Occupation à aucune organisation politique ou syndicale.
En 1943, il prit contact avec un des dirigeants FTP de l’Yonne, Émile Proudhon, qui le dirigea sur le maquis Vauban, installé à l’époque dans le Tonnerrois. Apprécié de l’état-major FTP de l’Yonne pour ses qualités morales et son énergie, il fut bientôt nommé recruteur régional puis, en janvier 1944, Commissaire aux opérations régionales (sous le pseudonyme « Michel »). Il mena plusieurs opérations retentissantes, comme l’exécution à Joigny, le 15 janvier 1944, de Maurice Pandolfi, un des dirigeants départementaux du PPF. Arrêté quelques jours plus tard par la Gestapo à Laroche Saint-Cydroine, il réussit à s’enfuir. Il participa activement aux opérations de « libération anticipée » décidées par l’état-major FTP de l’Yonne au moment du Débarquement, abattant le 7 juin 1944 deux soldats allemands à Mailly-la-Ville. Il participa avec les hommes de la compagnie Colbert au violent combat de Massangis, le 23 juillet 1944.
Le 11 août 1944, circulant sur une moto conduite par Charles Perraut, les deux hommes se heurtèrent à un barrage allemand à l’entrée du village de Précy-le-Sec. Charles Perraut réussit à s’enfuir mais Maurice Sellier, acculé dans une cour, se tira une balle dans la tête pour éviter de tomber vivant aux mains des Allemands.
Très apprécié de ses camarades pour son calme et son audace, la mort, peu de temps avant la libération de l’Yonne, de celui qu’on appelait le « capitaine Michel » fut cruellement ressentie au sein des FTP de l’Yonne. Un monument lui est consacré à Précy-le-Sec ainsi qu’une plaque à Dissangis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195785, notice SELLIER Maurice (pseudonyme dans la Résistance « Michel ») par Claude Delasselle, version mise en ligne le 2 octobre 2017, dernière modification le 2 octobre 2017.

Par Claude Delasselle

Collection Claude Delaselle

SOURCES : L’Yonne libre, juillet-août 1947. — Robert Loffroy, Mémoires d’un résistant et militant communiste de l’Yonne, Éd. ARORY, 2014. — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990. — CDrom la Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Jean-Claude Pers, notice biographique de Maurice Sellier).

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