CHASTRE Jean

Par Gilbert Beaubatie

Né le 7 mai 1896 à Brive (Corrèze), mort le 23 avril 1945 dans un convoi d’évacuation du camp de Buchenwald ; journaliste à La Corrèze Républicaine, puis propriétaire du journal Centre-Sport , franc-maçon, socialiste ; membre de Combat et des MUR.

Après avoir été journaliste à La Corrèze républicaine, Jean Chastre devint directeur du journal Centre-Sports. Il fut un des premiers à faire partie du mouvement Combat, sous la direction d’Edmond Michelet. D’après une note des Renseignements généraux, il est désigné comme étant « l’un des membres les plus marquants d’un groupement à tendance gaulliste dit Le Front de Résistance. » Il appartenait à la logn maçonnique « La Fraternité » de Brive.
Un chef départemental de la résistance en Corrèze a mis en exergue ses « aptitudes intellectuelles et morales très élevées », son « patriotisme ardent » et son « activité débordante », ainsi que son « dévouement illimité à la résistance », n’hésitant pas à recruter de nombreux jeunes, à organiser des réunions à son domicile, à prendre une part active et efficace au ravitaillement du maquis. Et d’ajouter qu’il fut un intermédiaire « adroit et intelligent entre les services officiels du ravitaillement et l’Intendance de l’Armée secrète. »
Une première fois il fut arrêté par les Allemands et conduit au collège de Cabanis, avant d’être libéré quelques jours plus tard, peut-être en raison de son âge. Mais le 23 avril 1944, à la suite d’une dénonciation, il fut derechef arrêté, à son domicile, et retenu dans le même collège.
Transféré à Tulle, Limoges, puis Compiègne, pour être ensuite interné dans le camp d’Oranienburg (Brandebourg). « Évacué le 4 février 1945 à Buchenwald jusqu’au 7 avril 1945, il est parti dans un convoi d’évacuation du camp de Buchenwald sur Dachau. Il est mort dans le convoi et son corps a été laissé à la gare de Stod1 en Tchécoslovaquie. »
Un déporté, témoin de son agonie, a tenu à faire savoir à sa veuve qu’il avait « toujours été un homme digne et sincère avec ses camarades » et qu’il avait été « un homme d’honneur. »
Chevalier de la légion d’honneur et croix de guerre à titre posthume, son nom a été donné à une avenue de Brive par délibération du conseil municipal du 18 septembre 1947.
Son corps, ainsi que 241 autres, reposent dans un petit bosquet, appelé « Le Bocage des Martyrs. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19584, notice CHASTRE Jean par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 février 2016.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Témoignage de Madame Chastre, 19 avril 1994. —article de La Vie Corrézienne, 29 avril 1994 (François David). — Jean-Paul Lartigue-Jean Watson, Brive. Histoire et Dictionnaire des noms de Rues, 1990, pp. 103-104. — André Combes, La Franc-Maçonnerie sous l’Occupation, Paris, Éditions du Rocher, 2001. — Avec le concours de Bernadette du Centre Edmond Michelet à Brive.

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